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La société Eilat Ashkelon Pipeline inculpée pour la marée noire de 2014

Selon l'acte d'accusation, l'entreprise et plusieurs cadres supérieurs doivent être tenus responsables des "échecs et négligences" qui ont conduit au déversement massif de pétrole

Du pétrole répandu dans le désert dans la réserve naturelle d'Evrona, le 7 décembre 2014. (Crédit : Porte-parole du ministère de la protection environnementale/Roi Talbi)
Du pétrole répandu dans le désert dans la réserve naturelle d'Evrona, le 7 décembre 2014. (Crédit : Porte-parole du ministère de la protection environnementale/Roi Talbi)

Le ministère israélien de la Justice a annoncé mardi avoir engagé des poursuites contre la société responsable en 2014 d’une fuite de millions de litres de pétrole brut, polluant en partie une réserve naturelle dans le désert.

Cette fuite d’un oléoduc de la compagnie Eilat Ashkelon Pipeline Company (EAPC), près de la station balnéaire d’Eilat dans le sud du pays, avait alors été considérée comme le plus grand désastre écologique qu’ait connu Israël.

Selon l’acte d’accusation, cinq millions de litres de pétrole brut ont été déversés à cause de négligences lors de travaux d’entretien de l’oléoduc. Des animaux ont été tués et des végétaux ont disparu en conséquence de la fuite, qui a aussi contaminé les sources aquifères et le sol sur une surface de 144 000 m2.

La société et quatre anciens employés sont formellement accusés d’avoir contaminé l’eau et le sol en raison de leur négligence, est-il encore indiqué.

En 2019, l’EAPC avait accepté de verser la somme de 100 millions de shekels de dommages et intérêts afin de réhabiliter la réserve naturelle.

La société a qualifié mardi la fuite d’événement « exceptionnel » résultant de « défaillances spécifiques ».

« Depuis l’incident, l’EAPC a tiré des conclusions, changé les procédures et pris de nombreuses mesures pour réhabiliter le terrain », s’est-elle défendue dans un communiqué.

Ces poursuites sont engagées tandis que la Cour suprême israélienne s’apprête à étudier la validité d’un accord entre la société EAPC et les Emirats arabes unis, pays du Golfe ayant normalisé l’an dernier ses relations avec Israël.

Cet accord prévoit l’acheminement par voie maritime de pétrole du Golfe jusqu’au port d’Eilat. De là, il serait transporté par oléoduc jusqu’au port méditerranéen d’Ashkelon, d’où il serait expédié vers l’Europe.

Des groupes écologistes israéliens ont saisi la Cour suprême affirmant que le projet n’avait pas été suffisamment étudié par les autorités et n’avait pas reçu les approbations nécessaires.

La Cour attend toujours la réponse de l’Etat israélien qui a demandé un troisième délai pour formuler sa position.

Le projet a été gelé en août pour des « considérations environnementales » par le ministère israélien de l’Environnement, qui avait estimé que « cet oléoduc, très vieux, n’avait pas été suffisamment bien entretenu (…) et qu’il pourrait y avoir des fuites. »

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