La technologie israélienne propose aux investisseurs israéliens de rejoindre le boom des start-up
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La technologie israélienne propose aux investisseurs israéliens de rejoindre le boom des start-up

L'IATI, un groupe rassemblant les entreprises de la haute technologie, exhorte le gouvernement à encourager les investissements institutionnels

Participants au Forum IATI MNC 2016 (Crédit : Autorisation Nir Shmul)
Participants au Forum IATI MNC 2016 (Crédit : Autorisation Nir Shmul)

Des représentants de l’industrie de la haute technologie d’Israël ont demandé au gouvernement de prendre des mesures pour aider les investisseurs institutionnels à investir dans la technologie israélienne.

« Les investisseurs institutionnels doivent immédiatement augmenter leurs investissements dans l’industrie des technologies de pointe et des sciences de la vie, tant directement que par l’entremise de fonds de capital-risque », a déclaré Erez Tzur, le coprésident de l’IATI, Israel Advanced Technology Industries et un lobbyiste de l’industrie.

« L’industrie de la haute technologie est dominante et Israël devrait s’appuyer davantage sur les investisseurs israéliens et non sur l’investissement étranger. Nous considérons qu’il est du devoir national de veiller à ce que les citoyens d’Israël bénéficient des fruits du succès de l’industrie ».

Les membres de l’IATI, dont la PDG Karin Mayer Rubinstein et les membres en capital risque du conseil d’administration, ont présenté au ministre des Finances Moshe Kahlon un rapport sur la question la semaine dernière. À la fin de la réunion, les parties ont convenu que dans les prochaines semaines, Kahlon et l’IATI rencontreraient des investisseurs institutionnels pour faire avancer les recommandations du rapport.

L’absence d’investisseurs institutionnels israéliens dans la scène technologique israélienne a été mise en évidence plus récemment lors de la vente de Mobileye à Intel Corp. pour 15 milliards de dollars, où la part du lion devrait être versée aux investisseurs institutionnels étrangers et aux fonds investissements de l’entreprise. Il n’y a pas d’investisseurs institutionnels israéliens répertoriés parmi les principaux actionnaires, ce qui signifie que les retraités israéliens seront largement exclus de cette bonne aubaine.

Amnon Shashua, le co-fondateur et le président de Mobileye arrivant à une conférence de Mobileye et Intel Workers à Jérusalem, le 14 mars 2017 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Amnon Shashua, le co-fondateur et le président de Mobileye arrivant à une conférence de Mobileye et Intel Workers à Jérusalem, le 14 mars 2017 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

« Les véritables seuls perdants de l’accord Mobileye sont les investisseurs institutionnels israéliens et les citoyens israéliens qu’ils servent », avait déclaré Steven Schoenfeld, le directeur des investissements des indices BlueStar, au moment de l’accord dans une interview au Times of Israel. BlueStar est une firme financière qui a développé des indices et des fonds négociés en bourse (ETFs) en mettant l’accent sur les marchés des capitaux israéliens.

Le rapport de l’IATI de 2017 présenté au ministre des Finances met en évidence le fait qu’il existe un « très faible ratio d’investissements » dans l’industrie israélienne de capital-risque par les investisseurs israéliens, comparé au ratio beaucoup plus élevé des investisseurs américains des fonds de capital risque.

« Nous sommes troublés par cette constatation car nous y voyons un facteur d’instabilité à long terme pour l’industrie technologique israélienne en général et en particulier pour les startups en stade préliminaire », se sont inquiété les auteurs du rapport.

Et alors que l’industrie israélienne du capital de risque a joué un rôle « important » dans la croissance et le succès du secteur technologique israélien, les fonds de capital risque locaux sont « trop dépendants » du capital d’investissement international, avec « un investissement national proche de zéro ». Ce modèle n’est pas durable, selon le rapport, et les fonds institutionnels israéliens « ne gagnent pratiquement rien du succès des start-ups israéliennes ».

Le pourcentage moyen d’avoirs détenus par les investisseurs institutionnels dans les fonds de capital-risque s’élève à 0,22 % (0,18 % pour les fonds israéliens de capital-risque), à compter de décembre 2016.

Karin Mayer Rubinstein (Crédit : Autorisation)
Karin Mayer Rubinstein (Crédit : Autorisation)

Les fonds israéliens de capital-risque sont essentiels au succès du secteur israélien de l’innovation et de la technologie, avec quelque 4 600 start-up technologiques en Israël financés par des investisseurs au cours des 15 dernières années.

Il y a eu environ 400 sorties réussies faites par des start-ups israéliennes financées par les fonds de capital-risque pendant la même période, et il y avait quelque 2 700 start-ups israéliennes actives soutenues par des fonds de capital risque en Israël, depuis 2015, indique le rapport. Les start-ups soutenues par des fonds de capital risque ont eu six fois plus de succès que les entreprises soutenues par le privé, ajoute le rapport.

Néanmoins, les investissements réalisés par les sociétés israéliennes de capital-risque dans les entreprises israéliennes ne progressent pas au même rythme que la croissance du marché. En moyenne, ces sociétés d’investissement israéliennes investissent quelque 600 millions de dollars par an dans des entreprises technologiques israéliennes, ce qui représente seulement entre 12 % et 16 % des investissements totaux dans le domaine de la technologie israélienne – un chiffre qui est resté quelque peu statique au fil des ans, alors même que le flot des accords augmentait. Le financement restant provient des investisseurs étrangers.

Les principales raisons du manque de participation sont basées sur des considérations fiscales, selon le rapport, car le régime fiscal israélien encourage les entreprises de capital-risque à réduire au minimum la proportion d’investisseurs israéliens.

En outre, les restrictions sur les frais de gestion dissuadent les fonds locaux à investir dans les entreprises israéliennes. Par exemple, les partenaires généraux des entreprises d’investissement ne paient pas de TVA sur les frais de gestion des investisseurs étrangers alors qu’ils paient les frais de TVA standard pour les services fournis aux investisseurs israéliens.

Le ministre des Finances Moshe Kahlon pendant la réunion hebdomadaire du cabinet, le 31 juillet 2016. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool)
Le ministre des Finances Moshe Kahlon pendant la réunion hebdomadaire du cabinet, le 31 juillet 2016. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool)

L’IATI suggère des changements réglementaires pour réduire cet écart. Il s’agit notamment de réduire ou d’éliminer les réglementations qui découragent les fonds de capital risque israéliens de chercher un financement auprès des investisseurs locaux et de décourager les investisseurs locaux d’investir dans des fonds de capital-risque israéliens, établir des règlements pour allouer un pourcentage pré-défini de fonds institutionnels pour qu’ils soient investi dans la haute technologie israélienne et de proposer des incitations fiscales qui encourageront davantage d’investissements.

Le rapport recommande également aux institutions de préparer des rapports trimestriels sur leurs investissements dans la haute technologie et les fonds de capital de risque. Il ajoute que les gestionnaires de placement devraient recevoir une formation sur les investissements alternatifs, qui comprendrait une année de travail avec des investisseurs institutionnels américains.

« Ces changements proposés augmenteront le montant des investissements des investisseurs institutionnels dans la haute technologie israélienne et encourageront la mise en place de fonds supplémentaires de capital risque israélien, en remplacement des fonds étrangers de capital risque », indique le rapport. « Cela renforcera l’industrie de la haute technologie qui est l’un des principaux moteurs de la croissance de l’économie ».

L’Autorité israélienne des valeurs mobilières (ISA) a dirigé une commission pour la promotion des investissements dans les entreprises publiques opérant dans le domaine de la haute technologie, dont les recommandations ont été adoptées plus tard sous forme de loi par la Knesset en décembre 2015.

Un rapport de 2014 commandé par l’ISA pour promouvoir l’investissement dans les entreprises cotées en bourse a révélé que les investisseurs institutionnels israéliens hésitent à investir dans des actions technologiques parce que ces actions sont perçues comme plus risquées et les investisseurs manquent souvent d’expertise pour comprendre les technologies impliquées. De plus, ces entreprises sont relativement petites et n’offrent pas la liquidité dont ces investisseurs ont besoin.

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