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La vice-Première ministre suédoise met sur le même plan les incitations israéliennes et palestiniennes

Isabella Lövin a également déclaré que l'UNRWA 'gère rapidement de de façon fiable les cas présumés d'extrémisme et d'antisémitisme violents'

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

La ministre suédoise de la coopération pour le développement international  Isabella Lövin au parlement pendant un débat sur l'aide apportée à Ramallah par Stockholm’ le 4 mars 2016 (Capture d'écran : YouTube)
La ministre suédoise de la coopération pour le développement international Isabella Lövin au parlement pendant un débat sur l'aide apportée à Ramallah par Stockholm’ le 4 mars 2016 (Capture d'écran : YouTube)

La vice-Première ministre suédoise a renvoyé dos à dos cette semaine Israël et les Palestiniens en termes d’incitations, expliquant que les livres scolaires des deux parties diabolisent l’autre d’une manière égale.

Isabella Lövin, qui est également ministre de la Coopération pour le développement international, a également défendu l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) qui a été accusé de promulguer l’antisémitisme et d’inciter à la violence dans les écoles placées sous sa responsabilité.

« Le gouvernement est conscient qu’il y a un débat élargi sur la portée des incitations contenues dans les livres scolaires israéliens et palestiniens, et que la question est contestée », a expliqué Lövin à l’occasion d’un débat parlementaire sur les aides apportées par la Suède à l’Autorité palestinienne.

Israël a récemment renforcé ses efforts visant à dépeindre les Palestiniens – dont le parti du Fatah du président de l’AP Mahmoud Abbas – comme attisant la haine et les appels à la violence contre les Israéliens.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a posté jeudi une vidéo sur Twitter montrant plusieurs exemples d’incitation à la violence de la part de Palestiniens contre les Juifs et les Israéliens.

Répondant à la demande d’un parlementaire issu du parti d’opposition pro-israélien des démocrates chrétiens, Mikael Oscarsson, la vice-Première ministre suédoise a rejeté la notion selon laquelle les livres scolaires dans les écoles de l’UNRWA ne tendraient pas à éduquer les jeunes Palestiniens à la paix et à la coexistence.

Elle a rejeté l’affirmation d’Oscarsson que les écoles financées par l’organisation apprennent aux élèves qu’Israël n’a pas le droit d’exister et qu’une guerre éternelle doit être menée contre l’état juif.

« Le gouvernement ne considère pas que les déclarations de l’intervenant sur l’éducation reçue par les enfants scolarisés dans les établissements palestiniens sont justifiées, ni dans les écoles de l’UNRWA, ni dans les autres écoles palestiniennes qui utilisent le même programme », a-t-elle dit.

La Suède est l’un des plus grands donateurs de l’UNRWA. En 2015, le pays a accordé 45 millions de dollars à l’organisation.

« L’évaluation faite par le gouvernement est que l’UNWRA a mis en place des modes de fonctionnement qui permettent de gérer rapidement et de manière fiable les cas présumés d’extrémisme violent, d’antisémitisme ou autre – que ce soit dans les livres ou dans d’autres contextes comme sur les réseaux sociaux », a ajouté Lövin.

« Le gouvernement a donc pleinement confiance dans le fait que l’UNWRA et son personnel sont bien en mesure de réaliser leur mandat important, et ne voient aucune raison de remettre en cause l’impartialité de l’UNWRA ».

L’UNRWA est accusée depuis longtemps d’accueillir en son sein des éléments anti-israéliens extrémistes, une affirmation rejetée par l’organisation. Au début du mois toutefois, cette dernière a renvoyé un membre de son personnel qui travaillait à Gaza et qui était soupçonné d’avoir été élu à la direction du Hamas dans la bande.

Lövin a déjà fait sourciller Israël dans le passé en raison de ses positions sur l’aide palestinienne.

L’année dernière, elle avait expliqué qu’un soutien financier devait être apporté à l’AP indépendamment de ses politiques d’éducation et de ses incitations anti-israéliennes ou antisémites.

Répondant à une question parlementaire, elle avait dit que « le soutien au secteur de l’éducation ou au ministère de l’Education n’est pas incluse dans la stratégie pour la Palestine décidée par le gouvernement. »

Israël avait alors condamné les propos de la ministre suédoise. « Ceux qui ignorent délibérément l’influence de l’incitation palestinienne sur la vague actuelle de terrorisme détournent volontairement les yeux de la cause principale des attentats à l’arme blanche qui menacent des Israéliens innocents », avait dit le ministère des Affaires étrangères au Times of Israel dans une déclaration faite à ce moment-là durant une vague d’attentats palestiniens.

« Et c’est irresponsable de la part d’un responsable donnant son avis au gouvernement sur la question du Moyen Orient ».

Lövin, membre du parti des Verts, avait pour la première fois fait part de cette position en mai 2015 lorsqu’elle avait affirmé que promouvoir l’éducation ne faisait pas partie de la stratégie de développement de la Suède concernant la Palestine. L’aide financière offre à Stockholm la « possibilité de tendre la main », avait-elle indiqué lors d’une session parlementaire à l’époque. « Menacer constamment de retirer les aides n’aide pas à avancer ».

Le gouvernement, avait-elle ajouté, a d’ores et déjà mis en place un sensmble de stratégies et d’objectifs à atteindre et ne prévoit pas d’imposer des conditions supplémentaires pour accorder des aides étrangères.

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