« La vie continue », dit Nemmouche dans une ultime provocation
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« La vie continue », dit Nemmouche dans une ultime provocation

Celui qui ne s'est jamais expliqué sur le quadruple assassinat était invité à prendre une dernière fois la parole avant que la cour d'assises se retire pour délibérer sur la peine

Croquis de Mehdi Nemmouche au palais de justice de Bruxelles, le 10 janvier 2019. (Crédit : Benoit PEYRUCQ / AFP)
Croquis de Mehdi Nemmouche au palais de justice de Bruxelles, le 10 janvier 2019. (Crédit : Benoit PEYRUCQ / AFP)

Le jihadiste français Mehdi Nemmouche, contre lequel le parquet fédéral belge a requis lundi la réclusion criminelle à perpétuité pour la tuerie du musée juif de Bruxelles en 2014, a eu une ultime attitude de défi face à ses juges en lançant : « la vie continue ».

Celui qui en deux mois de procès ne s’est jamais expliqué sur ce quadruple assassinat, affirmant avoir été « piégé », était invité à prendre une dernière fois la parole avant que la cour d’assises se retire pour délibérer sur la peine.

Mehdi Nemmouche venait de se faire traiter de « monstre », de « fils de pute né » par son coaccusé Nacer Bendrer, délinquant marseillais reconnu coupable d’être le coauteur de la tuerie pour lui avoir fourni les armes. Contre ce dernier, le parquet a requis au moins 30 ans de réclusion.

Encadré dans le box par trois policiers cagoulés, Nemmouche, rasé de près, portant un pull bleu marine, s’est levé quand la présidente lui a proposé de s’exprimer après son coaccusé. « La vie continue », a-t-il simplement déclaré face au jury, avec un léger sourire.

La dernière plaidoirie de son avocat Me Sébastien Courtoy a également tourné court lundi après-midi, à quelques heures du verdict attendu dans la soirée. L’avocat belge, qui avait plaidé sur le fond pendant plus de sept heures le 28 février, pour défendre cette thèse du « piège » jugée invraisemblable pour les autres parties, a cette fois parlé tout juste plus de cinq minutes.

Les avocats Sebastien Courtoy (à gauche) et Henri Laquay, défendent Mehdi Nemmouche, s’entretiennent avant le procès, au palais de Justice de Bruxelles, le 15 janvier 2018. (Crédit : Emmanuel DUNAND / POOL / AFP)

Il a expliqué refuser de plaider sur « l’enfance malheureuse » de l’accusé, afin, a-t-il dit au jury, de « ne pas vous soutirer des larmes. (…) Nous avons décidé de laisser reposer cette enfance assassinée en paix et de ne pas la profaner », a lâché Me Courtoy, accusant au passage les procureurs de s’être rendus coupables de cette « profanation ».

Enfant sans père élevé dans une famille d’accueil du nord de la France, Mehdi Nemmouche, âgé aujourd’hui de 33 ans, a plongé dans la délinquance à l’adolescence, puis enchaîné les séjours en prison où il s’est radicalisé pour devenir un soldat du jihad en Syrie.

Lors du procès, ouvert depuis le 10 janvier, il a refusé le moindre témoignage de proches, susceptible d’éclairer les jurés sur sa personnalité et ses failles.

Le 5 mars, en s’adressant à la cour, il a répété la thèse défendue par Me Courtoy selon laquelle il aurait été « piégé » par de supposés agents des services libanais ou iraniens désireux de lui faire porter la responsabilité de la tuerie du 24 mai 2014.

Selon Me Courtoy, cette attaque ne serait pas un attentat du groupe Etat islamique mais « une exécution ciblée d’agents du Mossad » (les services secrets israéliens), ce qu’aucune preuve dans l’enquête n’est venue étayer.

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