La visite de Netanyahu en Russie écourtée
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La visite de Netanyahu en Russie écourtée

Sur fond d'annonce prochaine de son éventuelle inculpation, le Premier ministre a aussi décalé son départ suite à la polémique entraînée par un clip de campagne du Likud

Le président russe Vladimir Poutine (à droite) avec Benjamin Netanyahu, au Kremlin à Moscou le 11 juillet 2018. (Crédit : AFP/ Pool/Yuri Kadobnov)
Le président russe Vladimir Poutine (à droite) avec Benjamin Netanyahu, au Kremlin à Moscou le 11 juillet 2018. (Crédit : AFP/ Pool/Yuri Kadobnov)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a décollé mercredi soir pour une visite écourtée en Russie, où il rencontrera mercredi le président Vladimir Poutine pour discuter de l’Iran. Il a fait savoir avant son départ qu’il avait annulé un événement prévu avec la communauté juive de Moscou pour préparer, selon des informations, l’annonce possible de son inculpation dans les prochains jours.

Le procureur général Avichai Mandelblit devrait publier ses conclusions dans trois dossiers de corruption impliquant Netanyahu à la fin de la semaine ou au début de la semaine prochaine. La police a recommandé de retenir des accusations de pots-de-vins dans les trois affaires mais le Premier ministre, pour sa part, n’a cessé de nier toute malversation.

Netanyahu, qui a atterri aux premières heures de mercredi, devrait revenir au sein de l’Etat juif jeudi dans la soirée au lieu de vendredi, comme initialement prévu.

L’annonce attendue des éventuelles inculpations de Netanyahu est une étape nécessaire avant l’organisation d’auditions, à la suite seulement de laquelle Mandelblit pourra prononcer une inculpation officielle. Ce processus peut durer jusqu’à un an.

Netanyahu a appelé le procureur général à reporter l’annonce jusqu’à après les élections du 9 avril, mais Mandelblit est resté ferme.

Le procureur général Avichai Mandelblit à la conférences Globes à Jérusalem le 20 décembre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre a décalé d’une heure son vol pour Moscou, mardi soir, pour gérer la crise politique entraînée par un clip de campagne qui montrait un militant du Likud devant la tombe de soldats israéliens et qui qualifiait son rival, Benny Gantz, de « gauchiste dangereux » qui causerait des centaines de morts.

Alors qu’il devait initialement décoller à 23 heures, Netanyahu est finalement parti après minuit.

Suite à cette diffusion sur la chaîne Facebook du Likud, Netanyahu a essuyé un torrent de critiques, notamment de la part d’une organisation représentant les familles des soldats morts au combat. Il a ordonné la suppression de la vidéo, présentant ses excuses pour cette « malheureuse erreur » et annonçant que les responsables de cet incident avaient été suspendus.

La rencontre entre Netanyahu et Poutine devait avoir lieu à l’origine jeudi dernier, mais elle a été reportée à la dernière minute car le Premier ministre avait décidé de rester en Israël pour conclure un accord de fusion entre les formations de droite et d’extrême droite en vue des prochaines élections.

Cet accord a été âprement critiqué en Israël et aux Etats-Unis, qui condamnent la place qui pourrait dorénavant être réservée à la Knesset au parti d’extrême-droite Otzma Yehudit.

Netanyahu a expliqué mardi que ses entretiens avec Poutine se concentreraient sur les initiatives militaires israéliennes prises pour déjouer les tentatives de l’Iran d’ancrer la présence de ses combattants en Syrie.

Accompagné notamment de son chef du conseil de sécurité nationale Meir Ben-Shabbat et du chef du renseignement militaire Tamir Heiman, le Premier ministre israélien doit être reçu par Vladimir Poutine au Kremlin dans l’après-midi.

« Nos discussions se consacreront essentiellement à l’ancrage iranien en Syrie », a-t-il commenté. « Nous agissons contre l’Iran, nous attaquons ses bases et nous continuerons à le faire ».

« Nous continuerons à agir de manière à expulser les Iraniens du territoire syrien, car l’Iran menace d’éradiquer Israël et nous ne laisserons pas ce pays disposer d’une base militaire à proximité de notre frontière », a-t-il ajouté.

Il a répété ce message auprès des journalistes avant son départ, ajoutant qu’il espérait aussi approfondir « le dialogue important, proche et même intime avec le président de la Russie, qui est si important pour la sécurité d’Israël ».

Ces entretiens de mercredi marqueront les première discussions approfondies et en tête à tête entre les deux leaders depuis l’abattage d’un avion russe par les forces aériennes syriennes, au mois de septembre, au cours de frappes aériennes israéliennes, dont le Kremlin a attribué la responsabilité à Jérusalem.

Netanyahu s’est depuis entretenu avec Poutine par téléphone et l’a rencontré en marge des commémorations de la Seconde Guerre mondiale à Paris, au mois de novembre, mais les deux hommes n’ont pas eu d’entretien officiel depuis juillet dernier.

Selon Netanyahu, ce sont ses contacts proches avec Poutine qui permettent à Israël de continuer à pouvoir utiliser la force aérienne en Syrie contre l’Iran. Il aurait cherché de manière répétée à rencontrer Poutine depuis la destruction de l’avion.

Ces entretiens seront également les premiers depuis que le président américain Donald Trump a annoncé au mois de décembre qu’il retirerait tous les soldats américains de Syrie, une initiative qui a été saluée par Poutine mais qui a inquiété l’Etat juif.

L’AFP a contribué à cet article.

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