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La Yeshivat Hadar égalitaire ordonne ses premiers rabbins

L'institut, engagé dans l'égalité des sexes, l'inclusion des LGBTQ et l'ouverture aux juifs de toutes dénominations, n’ordonnera que des groupes de rabbins convaincus de sa vision

Hannah Kapnik Ashar est en train d'être ordonnée rabbin après avoir étudié à Yeshivat Hadar à New York. Elle prévoit de lancer une initiative de prière pour les femmes dans sa ville natale de Denver. (Crédit : Hadar)
Hannah Kapnik Ashar est en train d'être ordonnée rabbin après avoir étudié à Yeshivat Hadar à New York. Elle prévoit de lancer une initiative de prière pour les femmes dans sa ville natale de Denver. (Crédit : Hadar)

JTA – Plus tard cet été, Yael Jaffe va faire quelque chose d’inhabituel pour les diplômés de son école rabbinique : elle va commencer à travailler dans une synagogue.

« C’était vraiment une surprise pour moi aussi », a confié Yael Jaffe ce mois-ci à propos de son rôle à la synagogue New North London, dans la capitale britannique. « Je trouve vraiment incroyable et audacieux de leur part d’être si ouverts et enthousiastes à l’idée d’introduire ce modèle de formation différent et de voir ce que celui-ci peut apporter à la communauté ».

Jaffe faisait référence à son parcours, en tant que l’une des premières femmes rabbins à avoir été ordonnée par Yeshivat Hadar, une yeshiva égalitaire fondée en 2006 et basée à New York, dont les activités tentaculaires sont toutes centrées sur l’étude rigoureuse des textes juifs. Les huit premiers étudiants rabbiniques de la yeshiva ont été ordonnés lundi, et quatre autres suivront dans les mois à venir.

Jaffe et ses camarades de classe sont tous en train de faire ce que Hadar espérait lorsqu’il a annoncé il y a quatre ans qu’il allait commencer à ordonner des rabbins : propager la vision de la yeshiva en matière d’apprentissage et d’observance du judaïsme traditionnel, avec un engagement contemporain en faveur de l’égalitarisme, de l’inclusion des LGBTQ et de la sensibilisation des juifs de toutes les dénominations.

« En tant que multiplicateurs de force pour ces valeurs, ils vont avoir une très forte influence sur l’écosystème », a déclaré le rabbin Ethan Tucker, l’un des trois fondateurs de Hadar, à propos des nouveaux rabbins. « C’est la première chose qu’ils apportent. Et la deuxième chose qu’ils apportent est une réelle profondeur d’apprentissage et une maîtrise de la tradition ».

La plupart des nouveaux rabbins prévoient de travailler comme enseignants après leur ordination. Deux des camarades de classe de Jaffe, tous deux titulaires d’un doctorat en Talmud, resteront dans les institutions en Israël où ils travaillent déjà : Joshua Kulp à la Yeshiva conservatrice et Jason Rogoff à Hadar. D’autres travailleront dans des cadres similaires ou tenteront de les créer. L’un d’entre eux déménage à Berlin pour travailler avec de jeunes adultes tout en écrivant un livre sur le genre dans les textes juifs. Une autre a obtenu une subvention pour lancer une initiative de prière pour les femmes juives dans sa ville natale de Denver.

Ils acceptent ces postes et renoncent à la chaire dans un contexte de crise du marché rabbinique traditionnel. Les inscriptions sont en baisse dans les séminaires non orthodoxes, et le nombre de synagogues qui recrutent des rabbins est souvent supérieur à celui des rabbins qui cherchent un emploi, ce qui laisse certaines communautés juives sans chef spirituel.

Les responsables de Hadar affirment que leur programme de formation a été conçu pour former des rabbins capables de s’adapter à l’évolution des besoins, et pas seulement à ceux d’aujourd’hui. Et ils sont sélectifs dans la conception de l’avenir du programme rabbinique : Le premier groupe de diplômés est aussi le seul, pour l’instant. Plutôt que d’admettre une classe chaque année, Hadar attend pour ordonner de nouveaux rabbins qu’il y ait un autre groupe de personnes convaincues de pouvoir mettre en œuvre leur vision.

« Cette intervention dans la formation des dirigeants rabbiniques est née du sentiment que notre vision de la création et du renforcement de la communauté juive sur le terrain avait besoin d’un catalyseur de dirigeants qui aideraient à la concrétiser », a déclaré Tucker. « C’est la raison pour laquelle nous l’avons fait et c’est pourquoi je suppose que nous le ferons à nouveau.

Il a ajouté : « Nous essayons vraiment de ne pas laisser les formes conventionnelles de la façon dont il faut faire les choses déterminer ce que nous défendons ».

Le rabbin Ethan Tucker, co-fondateur de Hadar, s’entretenant avec des rabbins lors d’un séminaire à la yeshiva de New York, le 1er mars 2017. (Crédit : Ben Sales/JTA)

La plupart des écoles rabbiniques américaines émulent le modèle académique, où les étudiants sont obligés de suivre une série de cours distincts et où ils obtiennent un diplôme de maîtrise ainsi que l’ordination. Hadar a préféré éviter ce modèle et a mis en place un programme de quatre ans comprenant des sessions d’étude de textes d’une journée entière ainsi que des examens sur la loi juive, ou halacha, et d’autres sujets qui reflètent ceux exigés par les autorités rabbiniques orthodoxes d’Israël.

Hadar n’a pas non plus prévu de formation explicite à certains des aspects pratiques du travail rabbinique, qui sont davantage mis en avant par d’autres écoles rabbiniques, notamment les sermons, la gestion d’organisations à but non lucratif et le soutien émotionnel, ou « soins pastoraux ».

« Sur papier, cette école est différente de beaucoup d’autres écoles rabbiniques », a déclaré Jaffe. « Les choses différentes peuvent faire peur. Mais cela m’apporte beaucoup de joie de savoir que nous avons quelque chose de vraiment spécial à offrir au monde. »

Les étudiants n’ont pas besoin de travailler en parallèle, comme le font la plupart des étudiants d’autres écoles rabbiniques pour acquérir de l’expérience et réduire des frais de scolarité élevés. Au lieu de faire payer des frais de scolarité, Hadar verse des allocations à ses étudiants. Il a également intégré des possibilités d’enseigner aux enfants, aux étudiants et aux adultes dans son large éventail d’activités, dont la portée et l’ampleur se sont accrues au cours des dernières années. (L’organisation dispose aujourd’hui d’un budget annuel de plus de 10 millions de dollars et de quatre sites satellites en dehors de New York).

« Ils sont en permanence en stage, car ils interagissent avec les différents programmes de Hadar », explique le rabbin Aviva Richman, rosh yeshiva (rabbin en chef) de Hadar. « Ils acquièrent de l’expérience, mais pas de la même manière que dans beaucoup d’autres écoles rabbiniques, où les gens multiplient les stages ou les emplois parallèlement à leur apprentissage, ce qui peut empêcher de s’imprégner pleinement de l’enseignement ».

Certains des rabbins ordonnés par Hadar ont suivi des formations complémentaires dans le but d’acquérir certaines compétences que leur séminaire ne leur avait pas permis d’acquérir. L’un des étudiants prévoit de suivre une formation complète en éducation pastorale après son ordination. Hannah Kapnik Ashar, une autre étudiante, a participé à un programme de bourses proposé par une organisation à but non lucratif, Atra, qui facilite l’entrepreneuriat rabbinique.

Yael Jaffe, photographiée ici dans le beit midrash de Hadar, travaillera dans une synagogue à Londres après avoir été ordonnée rabbin par Hadar. Elle est la seule de ses camarades de classe à avoir accepté un poste dans une synagogue traditionnelle. (Crédit : Autorisation de Hadar)

Kapnik Ashar suivait les cours d’Atra les soirs et les week-ends, tout en se rendant aux cours de Hadar pendant la journée. Pour elle, cela signifie étudier de 7 heures à 15 heures, car sa famille a déménagé à Denver pendant la pandémie. Elle est sur le point de lancer une initiative de prière pour les femmes juives dans cette ville, et a déclaré que les séances lui ont offert la formation pratique dont elle avait besoin pour concrétiser cette vision.

« C’était vraiment le bon moment pour moi de faire cette formation », a déclaré Kapnik Ashar, qui a travaillé dans une synagogue de Boulder (Colorado) pendant cinq ans avant de s’inscrire au programme rabbinique d’Hadar. « Mais je ne sais pas si je conseillerais à Hadar d’intégrer le programme d’Atra aux personnes qui n’ont pas vraiment de projet sur lequel elles travaillent ».

La directrice exécutive d’Atra, la rabbine Shira Koch Epstein, a déclaré qu’à son avis, les rabbins avaient besoin de plus que de leurs seules compétences en matière d’étude de textes pour être efficaces – mais elle a souligné que tous les rabbins avaient des lacunes dans leur formation qui pouvaient être comblées au fil du temps.

« Je pense qu’il est essentiel pour les rabbins d’avoir une formation en soins pastoraux…. Dès que vous portez le titre de ‘rabbin’, les gens viennent vous voir pour cela », a-t-elle déclaré. « Et j’aimerais que tous les rabbins aient une formation en dynamique organisationnelle et en gestion, car je pense que la plupart d’entre eux finissent par en avoir besoin dans leur carrière. »

Koch Epstein, diplômée du Hebrew Union College (mouvement réformé), estime toutefois que Hadar a fait preuve de sagesse en créant ce qu’elle appelle « un produit minimum viable » dans le cadre d’un programme d’ordination conçu pour répondre à des besoins particuliers, sans s’engager à le faire fonctionner indéfiniment.

« À une époque où la communauté juive a besoin d’autant de rabbins talentueux, compétents et éduqués que nous pouvons former… il nous faut ici faire des expériences », a déclaré Koch Epstein.

« Espérons que ces expériences nous apprennent quelque chose », a-t-elle ajouté. « Il est difficile de comprendre à quoi sert un rabbin et ce qu’il doit faire lorsque les paradigmes changent si rapidement. C’est pourquoi chaque établissement qui forme des rabbins doit repenser, expérimenter, apprendre et essayer. »

L’accent mis par Hadar sur le texte s’est reflété dans une cérémonie pour les nouveaux rabbins lundi, au cours de laquelle chacun d’entre eux a dirigé une session d’étude, avec des sujets allant de la construction de communautés de prière dont les membres ne partagent pas tous les mêmes croyances à l’examen de ce que la loi juive a à dire sur l’utilisation des bains rituels par les hommes trans ou à l’exploration de la théologie féministe juive parallèlement à des histoires de la Torah. L’événement, qui s’est tenu à la Congrégation Rodeph Sholom de New York, a attiré une foule nombreuse ainsi que des responsables d’autres écoles rabbiniques, signe de la maturité de Hadar comme intervenant dans le paysage de l’enseignement juif.

Hadar est convaincu que ses nouveaux rabbins, qui ont suivi le programme ensemble pendant la pandémie, seront en mesure de s’adapter au rôle qu’ils seront amenés à jouer.

« Ce qui nous intéresse, c’est le long terme », a déclaré Richman. « Quand je pense à la façon dont tout ce qu’ils apportent pourra être à long terme déployé dans divers domaines de la communauté juive contemporaine, je vois un nombre impressionnant de possibilités ».

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