L’actuel Lord Balfour estime qu’Israël ne respecte pas la déclaration de 1917
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L’actuel Lord Balfour estime qu’Israël ne respecte pas la déclaration de 1917

La clause du respect des droits des populations non juives n’est pas respectée, déclare Roderick Balfour, l'arrière-petit-neveu du secrétaire aux Affaires étrangères qui a signé la célèbre déclaration

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Lord Arthur James Balfour, secrétaire aux Affaires étrangères du Royaume-Uni en 1917, et le texte de la déclaration qui porte son nom et soutient l'établissement d'un foyer national juif en Palestine. (Crédit : Domaine public/Wikipédia)
Lord Arthur James Balfour, secrétaire aux Affaires étrangères du Royaume-Uni en 1917, et le texte de la déclaration qui porte son nom et soutient l'établissement d'un foyer national juif en Palestine. (Crédit : Domaine public/Wikipédia)

Lord Roderick Balfour, descendant du secrétaire aux Affaires étrangères qui a signé la Déclaration Balfour de 1917 soutenant la création de l’Etat juif, a déclaré qu’Israël, en maltraitant les Palestiniens, ne respecte pas les termes du document.

Balfour, qui a visité plusieurs fois Israël en tant que banquier, s’adressait au Daily Telegraph britannique au sujet de la proclamation de son ancêtre Lord Arthur Balfour, qu’il a décrite comme un « grand geste humanitaire ».

Le mois prochain marquera le centième anniversaire du document original et sera célébré par des événements en Israël et au Royaume-Uni.

Pourtant, les Palestiniens ont vivement critiqué le document comme un élément majeur dans la dépossession finale de leur territoire avec la création de l’Etat juif, et ont prévu des manifestations autour de l’anniversaire.

Dans un rare communiqué publié dimanche sur le document, Balfour a déclaré qu’il était préoccupé qu’Israël ne respectait pas la clause pour la protection des droits des Palestiniens vivant dans la Palestine de l’époque du mandat.

Roderick Balfour (Crédit : autorisation)
Roderick Balfour (Crédit : autorisation)

« J’ai des réserves majeures, a-t-il déclaré dans un article publié dimanche. Il y a une phrase dans la déclaration, ‘Rien ne sera fait qui puisse porter atteint aux droits civils ou religieux de communautés non-juives qui existent en Palestine’. C’est assez clair. Eh, ce n’est pas vraiment mis en pratique. D’une manière ou d’une autre, cela doit être rectifié. En parlant à des éléments plus libéraux parmi les Juifs, ils reconnaîtraient qu’il faut accorder un plus grand rôle économique aux Palestiniens. »

Le 2 novembre 1917, Balfour a envoyé une lettre au chef de la communauté juive britannique, Lord Walter Rothschild, dans lequel il exprimait le soutien de son gouvernement pour un état juif dans l’espace alors connu comme la Palestine.

Dans le petit document, il a déclaré que « le gouvernement de Sa Majesté voit positivement la création en Palestine d’un nouveau foyer pour le peuple juif, et usera de tous ses efforts pour faciliter la réussite de cet objectif, il est clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte aux droits civils ou religieux de communautés non-juives qui existent en Palestine, ou les droits et le statut politique dont bénéficient les Juifs dans n’importe quel autre pays ».

Malgré ses préoccupations, Balfour s’est exprimé sans équivoque sur la valeur qu’il accorde à la déclaration.

« C’était un grand geste humanitaire, a-t-il déclaré. L’humanité devrait être extrêmement reconnaissante ».

Une copie de la déclaration, a-t-il révélé, était accrochée dans la salle de bain de la maison familiale quand il était plus jeune. Il n’y a pas beaucoup pensé jusqu’à un jour, dans son adolescence, où il a pris un taxi avec un chauffeur juif qui a reconnu son nom quand il l’a vu écrit sur un bagage.

Le bureau de Lord Balfour, à Beit Hatfutsot, le musée du peuple juif, à Tel Aviv. (Crédit : Ziko/Wikipedia)
Le bureau de Lord Balfour, à Beit Hatfutsot, le musée du peuple juif, à Tel Aviv. (Crédit : Ziko/Wikipedia)

La réation enthousiaste du chauffeur quand il a découvert le lien de famille a laissé sa marque sur le jeune Balfour, qui n’avait jamais rencontré son célèbre ancêtre. Arthur Balfour est mort en 1930, et Roderick Balfour est né en 1948, la même année que la création de l’état d’Israël.

« C’était la première fois que j’ai réalisé l’importance de la déclaration pour le peuple juif », a-t-il déclaré.

« Nous connaissions tous Arthur James parce qu’il avait été Premier ministre, et la famille était immensément fière de lui », a-t-il noté.

Balfour était à Jérusalem le mois dernier pour un séminaire « De Balfour au Brexit », qui a examiné le développement des relations entre Israël et le Royaume-Uni depuis la déclaration.

Il a déclaré au Telegraph que c’est au cours de ses visites en Israël qu’il s’est souvenu de l’importance de son grand-grand oncle.

« Des gens vous approchent simplement pour vous dire : ‘Merci’, a-t-il déclaré. J’ai commencé à aller en Israël pour des affaires bancaires dans les années 1990 et j’ai vu des rues Balfour dans chaque ville. Le Premier ministre vit aujourd’hui dans la rue Balfour ».

En 1990, Balfour a commencé à travailler avec NM Rothschild, une banque d’affaires dirigée par Sir Evelyn Rothschild, un cousin des Rothschild à qui son grand grand oncle a envoyé la déclaration.

Dans le cadre des célébrations du centenaire, Balfour et l’actuel Lord Jacob Rothschild organiseront un dîner à Londres. Parmi ceux qui participeront à la soirée, on retrouvera un descendant de David Llyod George, le Premier ministre de Grande Bretagne à l’époque de la déclaration de 1917.

Balfour et sa famille participeront également à un événement majeur au Royal Albert Hall pour marquer l’anniversaire en novembre.

En février, il a soutenu avec enthousiasme la Déclaration Balfour dans une lettre qu’il a envoyée au séminaire d’enseignement juif Limmud FSU en Grande-Bretagne.

Dans ce qui constituait sa première déclaration publique sur la déclaration, il a écrit au sujet de l’importance de l’Etat d’Israël en tant que refuge pour les Juifs persécutés.

« Ma famille est très fière de l’importance de cette initiative du gouvernement britannique de l’époque pour le peuple juif où qu’il se trouve, a-t-il écrit à l’époque. Cela découlait d’un impératif après les terribles pogroms russes à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle. Ainsi, et c’est ce dont nous sommes le plus fiers, la déclaration était avant tout un acte humanitaire pour rapatrier un peuple talentueux et persécuté vers la terre de ses racines juives d’origine ».

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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