L’ADL s’excuse de s’être opposé à un centre islamique à Ground Zero
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L’ADL s’excuse de s’être opposé à un centre islamique à Ground Zero

Jason Greenblatt admet que son organisation a mal géré sa réponse au projet de la Cordoba House et met en garde contre la montée de l'islamophobie

Le PDG de l'Anti-Defamation League, Jonathan Greenblatt, s'exprime lors du Sommet national du leadership 2018 du groupe à Washington, D.C. (Michael Brochstein/SOPA Images/LightRocket via Getty Images/JTA).
Le PDG de l'Anti-Defamation League, Jonathan Greenblatt, s'exprime lors du Sommet national du leadership 2018 du groupe à Washington, D.C. (Michael Brochstein/SOPA Images/LightRocket via Getty Images/JTA).

JTA – Il y a onze ans, l’Anti-Defamation League en a surpris plus d’un en s’opposant à un centre islamique prévu dans le Lower Manhattan, à quelques blocks du World Trade Center, site des attaques terroristes du 11 septembre, alors même que son dirigeant dénonçait le sectarisme anti-musulman.

Aujourd’hui, le PDG de l’ADL déclare que cette position, prise quatre ans avant qu’il ne rejoigne l’organisation américaine de défense des droits civiques, était une erreur.

« Nous avons eu tort, purement et simplement », a écrit Jonathan Greenblatt dans une tribune publiée samedi matin sur CNN.

M. Greenblatt a déclaré que le groupe avait tenté d’offrir un compromis en soutenant les idées derrière la Cordoba House, décrite par ses dirigeants comme un espace de prière qui faciliterait la guérison et la compréhension interculturelle, tout en recommandant qu’elle ne soit pas située près de Ground Zero. Mais ce compromis a nui aux musulmans, a-t-il dit, et a finalement contribué à ce que le projet devienne un immeuble de copropriété ressemblant très peu à la proposition initiale.

Ces excuses interviennent quelques jours avant le 20e anniversaire des attentats de 2001 qui ont tué près de 3 000 personnes à New York, à Washington et en Pennsylvanie. Elles interviennent également à la veille de Rosh HaShana et de Yom Kippour, des fêtes qui demandent aux Juifs de faire le point sur leurs fautes et de s’engager à améliorer leur comportement.

Greenblatt a noté le moment choisi pour écrire son article, qu’il a dit avoir écrit dans un esprit de teshuvah, ou de repentir, et l’a également lié à ce qu’il a dit être une vague d’islamophobie aux États-Unis.

« Nous ne pouvons pas changer le passé », a-t-il écrit. « Mais nous acceptons la responsabilité de notre position imprudente sur la Cordoba House, nous nous excusons sans réserve et nous nous engageons à faire tout notre possible à l’avenir pour utiliser notre expertise afin de lutter contre les préjugés anti-musulmans en tant qu’alliés. »

Les excuses de Greenblatt se démarquent par le fait qu’il s’est largement abstenu de s’attaquer à son prédécesseur, Abraham Foxman, chef de l’ADL depuis longtemps. Ce n’est cependant pas la première fois qu’il critique ouvertement un choix fait par Foxman : au début de l’année, il a déclaré qu’il ne remettrait pas de prix à Rupert Murdoch, le magnat des médias qui possède Fox News, parce que, selon lui, ce réseau a donné une tribune aux idées d’extrême droite.

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