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L’administration US pourrait refuser de travailler avec Itamar Ben Gvir – média

Des officiels anonymes ont déclaré que le député d'extrême-droite est infréquentable ; l'ex-ambassadeur américain met en garde contre des liens difficiles avec les États-Unis

Le député d'extrême-droite Itamar Ben Gvir s'adresse à des élèves israéliens à l'école Bleich de Ramat Gan, le 6 septembre 2022. (Crédit :   Tomer Neuberg/Flash90)
Le député d'extrême-droite Itamar Ben Gvir s'adresse à des élèves israéliens à l'école Bleich de Ramat Gan, le 6 septembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

L’administration américaine boycottera probablement le politicien d’extrême-droite Itamar Ben Gvir si ce dernier doit intégrer le futur gouvernement, a fait savoir un article publié sur le site d’information Axios dans la journée de mercredi.

Citant deux sources qui ont conservé l’anonymat, le site a indiqué que l’administration travaillerait avec le futur gouvernement attendu de Benjamin Netanyahu, mais qu’elle pourrait décider de refuser de traiter directement avec le chef de la faction Otzma Yehudi d’extrême-droite.

Le site a également précisé que le secrétaire d’État Antony Blinken et le Conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan avaient averti le président Isaac Herzog pendant sa visite à Washington, la semaine dernière, que les États-Unis pourraient refuser de coopérer avec des « politiciens spécifiques » – une référence probable à Ben Gvir.

Après avoir remporté quatorze sièges lors du scrutin de mardi, et alors que 93 % des bulletins ont été dépouillés, l’alliance HaTzionout HaDatit – Otzma Yehudit de Bezalel Smotrich et Ben Gvir devrait devenir un important acteur du futur gouvernement de Netanyahu.

En réponse à cette annonce, la faction Otzma Yehudit a accusé la gauche israélienne d’être impliquée dans cette décision prise par les Américains.

« La campagne anti-démocratique menée par la gauche israélienne continue », a-t-elle fait savoir dans un communiqué sans pour autant établir clairement comment la gauche pouvait être impliquée dans les propos tenus par les officiels américains. « Nous savons très bien qui, en Israël, tente de pousser les Américains à intervenir dans la démocratie israélienne et quels sont les intérêts défendus ici ».

Ben Gvir est un disciple auto-proclamé du rabbin extrémiste et ancien député Meir Kahane, dont le parti Kach avait été interdit et avait été déclaré groupe terroriste en Israël et aux États-Unis en 1980. Comme son chef spirituel, Ben Gvir a été condamné, dans le passé, pour soutien apporté à un groupe terroriste même s’il répète qu’il est devenu plus modéré ces dernières années et qu’il n’a pas les mêmes convictions que le fondateur de Kach. Certains pensent qu’il préfère pouvoir se présenter plutôt que de se faire disqualifier comme ses amis Baruch Marzel et Bentzi Gopstein.

De son côté, l’ancien ambassadeur américain au sein de l’État juif, Martin Indyk, a indiqué mercredi qu’un futur gouvernement Netanyahu pourrait avoir une relation « difficile » avec l’administration Biden.

Indyk avait occupé le poste d’ambassadeur de 1995 à 1997 et, une fois encore, en 2000 et en 2001. Il a aussi été envoyé américain aux négociations de paix israélo-palestiniennes pendant la présidence de Barack Obama, qui n’avaient finalement entraîné aucun résultat.

L’ex-ambassadeur américain en Israël Martin Indyk s’exprime au département d’Etat lors de l’annonce, par John Kerry, qu’il chapeautera les négociations de paix israélo-palestiniennes à Washington, le 29 juillet 2013 (Crédit : AP Photo/Charles Dharapak)

« L’administration Biden n’a pas de bons antécédents en ce qui concerne ses relations avec Netanyahu et s’il fait entrer ces extrémistes de droite dans son gouvernement et dans son cabinet, je pense que les choses vont être difficiles », a dit Indyk, des propos qui ont été diffusés sur la Douzième chaîne.

Obama, Netanyahu et leurs conseillers s’étaient régulièrement querellés pendant les huit années où les deux hommes s’étaient côtoyés, étant tous les deux au pouvoir – Obama cherchant à mettre en place des accords diplomatiques entre Israël et les Palestiniens et entre l’Iran et les puissances mondiales, deux initiatives auxquelles l’ex-Premier ministre israélien s’opposait largement. Les liens entre Biden et Netanyahu restent néanmoins plus chaleureux.

De son côté, l’ambassadeur des États-Unis en Israël, Tom Nides, a choisi de saluer la mobilisation de l’électorat israélien – la participation électorale (71,3 %) a été sans précédent depuis 2015 – tout en ajoutant « qu’il est prématuré de spéculer sur la composition exacte de la prochaine coalition au pouvoir avant la fin du décompte des votes ».

« Je suis impatient de pouvoir continuer à travailler avec le gouvernement israélien sur nos intérêts et sur nos valeurs mutuelles », a continué l’ambassadeur.

L’ambassadeur américain en Israël Tom Nides, à gauche, et le leader de l’opposition Benjamin Netanyahu, à la Knesset, le 9 décembre 2021. (Crédit : Ambassade des États-Unis en Israël)

Dans les dernières heures du dépouillement, tout semble indiquer une victoire éclatante pour le leader de l’opposition Netanyahu et pour son bloc formé de partis de droite, d’extrême-droite et de formations religieuses, un résultat qui mettrait le point final à une crise politique qui avait entraîné l’organisation de cinq scrutins en moins de quatre ans.

Jacob Magid et Michael Bachner ont contribué à la rédaction de cet article.

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