L’ado juif soupçonné d’avoir jeté la pierre qui a tué Aisha Rabi inculpé
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L’ado juif soupçonné d’avoir jeté la pierre qui a tué Aisha Rabi inculpé

La cour des magistrats de Rishon Lezion avait accepté de prolonger la détention du mineur de 16 ans

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Des activistes d'extrême-droite protestent contre la détention continue du principal suspect dans l'affaire du meurtre d'Aisha Rabi aux abords de la cour des magistrats de  Rishon Lezion, le 23 janvier 2019 (Crédit :  Liat Bracha)
Des activistes d'extrême-droite protestent contre la détention continue du principal suspect dans l'affaire du meurtre d'Aisha Rabi aux abords de la cour des magistrats de Rishon Lezion, le 23 janvier 2019 (Crédit : Liat Bracha)

L’ADN du principal suspect dans le meurtre d’Aisha Rabi a été retrouvé sur la pierre qui a mortellement touché la Palestinienne à la tête, il y a trois mois, a révélé mercredi la cour des magistrats de Rishon Lezion.

Le tribunal a accepté mercredi la requête du procureur de prolonger la détention de l’adolescent juif de vingt-quatre heures.

La justice israélienne a inculpé jeudi l’adolescent juif d’homicide.

« Le procureur a déposé un acte d’inculpation contre un garçon de 16 ans (…) pour homicide » avec les circonstances aggravantes du caractère terroriste des actes, a indiqué le ministère de la Justice dans un communiqué.

Lors de l’audience de détention du 10 janvier – la deuxième des cinq audiences organisées pour le jeune homme depuis son arrestation, le 30 décembre – le juge Guy Avnon avait déclaré que « la gravité des soupçons à son encontre est très élevée ».

A la demande de la police, Avnon avait autorisé la publication de ces propos ainsi que de plusieurs autres extraits de sa décision, dans le cadre d’une enquête qui reste placée sous embargo.

Une voiture appartenant à une famille Palestinienne impliquée dans un accident meurtrier à cause de jets de pierres qui auraient été lancées par des habitants d’implantation au carrefour de Tapuah en Cisjordanie, le 12 octobre 2018 (Crédit : Zachariah Sadeh/Rabbis for Human Rights); Aisha Muhammad Talal Rabi (Autorisation)

Les détails des preuves réunies contre l’adolescent sont restés secrets jusqu’à mercredi, jour où le juge a accepté de rendre publique sa décision prise lors de la dernière audience à huis-clos de prolonger sa détention.

« Le mineur a présenté un témoignage qui amènerait des explications sur la preuve centrale dans le dossier : La découverte de traces d’ADN sur la pierre qui a causé la mort de la défunte », a écrit Avnon.

Suite à l’annonce des procureurs, le 15 janvier, de leur intention d’inculper le mineur, le suspect avait rompu le silence afin d’expliquer la raison pour laquelle son ADN se trouvait sur la pierre qui a frappé Rabi à la tête alors qu’elle se trouvait à bord d’une voiture en compagnie de son époux et de sa fille dans le nord de la Cisjordanie, le 12 octobre.

Tandis que les détails du témoignage n’ont pas été révélés, ils ont amené les procureurs à réclamer un prolongement supplémentaire de la détention du suspect le 20 janvier afin d’enquêter sur les dires de l’adolescent.

Ce prolongement de détention a expiré mercredi – plus d’une semaine après que les procureurs ont fait savoir qu’ils avaient l’intention d’inculper le mineur « dans les prochains jours ».

Adi Keidar au mois de juillet 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’avocat du suspect, Adi Keidar, du groupe aide juridique Honenu, a minimisé les preuves reliant au crime son client. Il a affirmé que si les procureurs avaient suffisamment de preuves pour accuser le suspect, ils l’auraient d’ores et déjà fait au lieu de réclamer encore un prolongement de détention.

Keidar a prédit que si la cour finissait par inculper son client, « cela débouchera sur un scénario où le dossier va traîner un certain nombre d’années sans être résolu ». Il a fait référence au procès en cours contre les deux jeunes suspects israéliens dans l’affaire de la bombe incendiaire qui avait ravagé l’habitation de la famille Dawabshe, dans le village palestinien de Duma. Au mois de juillet dernier, la cour de district de Lod a écarté une série d’aveux livrés sous une contrainte extrême par un complice présumé, une décision considérée comme un revers significatif pour les procureurs.

Un responsable du ministère de la Justice a dit la semaine dernière au Times of Israel que l’Etat prévoyait d’inculper le suspect pour homicide involontaire pour cet jet de pierre meurtrier, un crime puni d’une peine maximale de 20 ans de prison.

Le mineur avait été arrêté le 30 décembre dernier en compagnie de deux autres lycéens de la yeshiva Pri Haaretz, située dans l’implantation de Rehelim, dans le nord de la Cisjordanie. Une semaine plus tard, deux garçons du même internat avaient été également appréhendés. Les quatre autres ont depuis été libérés.

Le 6 janvier, le Shin Bet a partiellement levé un embargo sur le dossier et annoncé que les cinq jeunes étaient soupçonnés d’être impliqués dans le meurtre de Rabi, 47 ans et mère de huit enfants.

La Yeshiva Pri Haaretz dans l’implantation de Rehelim le 8 janvier 2019. (Ofer Meir/Flash90)

Le père du principal suspect a affirmé que son fils était innocent et que les services de sécurité du Shin Bet l’avaient violemment interrogé. Il a clamé que l’adolescent se trouvait à un repas de Shabbat en compagnie de douzaines de lycéens de Pri Haaretz quand l’attaque a eu lieu.

Le Shin Bet a été âprement critiqué par les activistes d’extrême-droite et par certains députés en raison de la détention prolongée des mineurs et a vigoureusement démenti les accusations de torture.

Aux abords du tribunal, mercredi, des douzaines d’activistes d’extrême-droite ont manifesté contre l’emprisonnement continu de l’adolescent israélien, brandissant des pancartes appelant le Shin Bet à « descendre de l’arbre ».

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