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L’AIPAC défend son soutien à des républicains ayant refusé de certifier Biden

Le lobby pro-israélien déclare qu'il continuera à s'engager auprès de politiciens de tous les partis face aux "menaces meurtrières" planant sur l'État juif

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo s'exprime lors de la conférence politique 2020 de l'American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) à Washington, DC, le 2 mars 2020. (AP/Jose Luis Magana)
Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo s'exprime lors de la conférence politique 2020 de l'American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) à Washington, DC, le 2 mars 2020. (AP/Jose Luis Magana)

WASHINGTON (JTA) — En réponse aux critiques faites sur la toute première liste de candidats qui ont été approuvés par son comité d’action politique (PAC), l’organisation AIPAC a fait savoir à ses activistes qu’elle continuera à soutenir des politiciens de tous les partis – même ceux qui ont pu mettre en doute les résultats des élections présidentielles sur la base de fausses accusations – en évoquant ce qu’elle a qualifié de « menaces meurtrières » qui pèsent sur l’État d’Israël.

« Nous avons des amis qui sont pro-choix et pro-vie, des amis qui sont libéraux sur l’immigration et des amis qui veulent renforcer nos frontières et oui, c’est vrai, nous avons des amis qui sont en fort désaccord sur les problèmes qui se sont posés sur la question du scrutin présidentiel de 2020 », a dit le message de l’AIPAC qui a été envoyé vendredi, au lendemain d’un article de JTA sur le soutien apporté par le groupe de lobby à des démocrates ayant voté « oui » à l’accord sur le nucléaire – l’un des accomplissements de politiques étrangère les plus vilipendés par le groupe.

La lettre était signée par Betsy Berns Korn, présidente de l’AIPAC et par Howard Kohr, directeur-général de l’organisation.

Le comité d’action politique de l’AIPAC avait été formé au mois de décembre et, début mars, il a dévoilé les noms des 120 premiers candidats au Congrès dont l’organisation approuve et soutient la candidature. Plus d’un quart d’entre eux sont des Républicains qui avaient voté contre la certification de Joe Biden en tant que président. Ces votes avaient eu lieu après la prise d’assaut meurtrière du Capitole par des Américains qui mettaient en doute la victoire du candidat Démocrate sur la base des mêmes théories du complot avancées par l’ancien président Donald Trump et l’inclusion de ces 37 Républicains sur la liste de l’AIPAC avait été très critiquée par les Démocrates pro-israéliens.

« Ce n’est pas un moment de l’Histoire où le mouvement pro-israélien peut se permettre de devenir sélectif dans ses amis », dit la missive de vendredi. « Israël fait face à la menace nucléaire des dirigeants iraniens et à celle des tunnels construits par le Hezbollah et par le Hamas. Un mouvement international qui cherche à isoler et à diaboliser l’État juif continue à progresser et en particulier ici, aux États-Unis. »

La présidente de l’AIPAC Betsy Korn. (Capture d’écran/YouTube)

Figurent également sur la liste du PAC les noms de 27 Démocrates qui étaient favorables à l’accord sur le nucléaire de 2015 – une inclusion qui a entraîné la perplexité parmi les soutiens Républicains de longue date de l’organisation.

L’accord, qui est actuellement en cours de renégociation pour permettre la réintégration des États-Unis dans le pacte, prévoit un allègement des sanctions appliquées à la république islamique contre, en échange, une diminution des activités nucléaires de Téhéran. Le gouvernement israélien affirme que l’accord n’est pas assez ferme à l’égard de l’Iran et qu’il ne s’attaque pas au actes de terrorisme perpétrés par ses groupes mandataires dans tout le Moyen-Orient.

La lettre de vendredi a également évoqué l’invasion russe de l’Ukraine, faisant remarquer combien le discours prononcé cette semaine par le président Volodymyr Zelensky devant les parlementaires avait été l’occasion d’un rare moment d’unité au Congrès.

« Quels sont les enjeux ? Demandez-le au président Zelensky, », a dit le message. « Sa nation est actuellement en proie à une guerre d’extinction – une guerre qui déterminera si sa nation existera encore dans les prochains mois. »

Howard Kohr, directeur exécutif de l’AIPAC, s’adresse à la conférence politique du lobby pro-israélien, le 4 mars 2018 (Capture d’écran de l’AIPAC)

La publication de cette lettre n’a pas été bien reçue par tous les progressistes, notamment par la représentante Alexandria Ocasio-Cortez qui a écrit sur Twitter que « alors… L’AIPAC approuve et finance maintenant des républicains qui avaient voté l’invalidation des élections américaines le 6 janvier parce que, selon ses déclarations, il est plus acceptable de démanteler la démocratie américaine que de se demander si l’argent des contribuables américains doit servir à placer en détention & à exercer des violences sur des enfants palestiniens ».

« Je me demande ce que mes collègues démocrates, les mêmes qui se réjouissent de ce type de soutien, pensent réellement de ce positionnement », a-t-elle ajouté.

Dylan Williams, vice-président du groupe J Street, adversaire de l’AIPAC, a écrit pour sa part sur le même réseau social : « D’abord, soyons clairs. Approuver et collecter de l’argent pour des candidats qui menacent l’avenir démocratique de l’Amérique et qui font la promotion de théories du complot dangereuses est inexcusable ».

« Cette lettre semble suggérer qu’il n’y a pas de limites que la communauté pro-israélienne américaine ne saurait dépasser, même si cela signifie vendre l’avenir démocratique de l’Amérique ou soutenir des personnalités qui menacent des minorités aux États-Unis », a-t-il ajouté.

La lettre du groupe de lobby a même été critiquée par une politicienne de droite, la représentante Liz Cheney, qui avait été l’une des dix membres du parti Républicain à voter en faveur du procès en destitution de l’ancien président Donald Trump pour le rôle qu’il avait tenu dans l’attaque du Capitole. Elle a écrit sur Twitter que « jamais la relation de l’Amérique avec Israël n’a été aussi importante. Ceux d’entre nous qui n’avons jamais relâché notre soutien à Israël ou notre combat contre l’antisémitisme aux États-Unis ou dans le monde désirent que les membres de l’AIPAC soient bien conscients que la direction du groupe s’adonne actuellement à un jeu politique dangereux ».

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