L’ambassadeur américain dément que la Maison Blanche retarde son plan de paix
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L’ambassadeur américain dément que la Maison Blanche retarde son plan de paix

La proposition sera publiée une fois que l'administration aura "maximisé ses chances de succès, d'exécution et de mise en œuvre", a indiqué David Friedman

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

L'ambassadeur des États-Unis en Israël David Friedman à Jérusalem le 22 août 2018 (Yonatan Sindel/Flash90)
L'ambassadeur des États-Unis en Israël David Friedman à Jérusalem le 22 août 2018 (Yonatan Sindel/Flash90)

L’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, David Friedman, a démenti lundi l’idée selon laquelle l’administration envisage de reporter la publication de sa proposition de paix tant attendue, affirmant que le plan sera publié dès qu’il aura les meilleures chances de succès.

« Je tiens à réaffirmer que les États-Unis demeurent déterminés à partager leur vision de la paix avec Israël, les Palestiniens et d’autres parties prenantes régionales et internationales en temps opportun », a-t-il déclaré dans un communiqué inhabituel publié sur le site de l’ambassade des États-Unis.

Friedman a confirmé la semaine dernière un rapport sur une réunion de haut niveau pour discuter du contenu et du calendrier du plan de paix. Outre Friedman, le président américain Donald Trump, le conseiller principal Jared Kushner, l’envoyé en chef pour la paix Jason Greenblatt, le secrétaire d’État Mike Pompeo et le conseiller pour la sécurité nationale John Bolton y ont assisté.

La réunion a été « très productive », a dit M. Friedman, notant que les participants « ont discuté de la vision du président pour une paix globale entre Israël et les Palestiniens », mais sans donner plus de détails.

Il a déploré, cependant, que les reportages des médias sur la réunion « ont été extrêmement inexacts ».

Le plan de paix sera publié lorsque l’administration pensera avoir « maximisé ses chances de succès, d’exécution et de mise en œuvre », a poursuivi l’ambassadeur. « Notre timing, notre stratégie et notre message sont – et seront – entièrement les nôtres ».

« De plus, M. Kushner, M. Greenblatt et moi-même sommes d’accord sur la meilleure façon de procéder », a-t-il poursuivi. « Ces ‘experts’ anonymes qui prétendent parler au nom de l’administration sur cette question sont mal informés et se trompent ».

Le 18 novembre, la Dixième chaîne d’information a d’abord rendu compte de la réunion, citant des responsables américains qui ont déclaré que M. Trump souhaitait que le plan soit mis en œuvre d’ici février, mais que ses conseillers préféraient adopter une approche plus prudente, compte tenu de la crise politique qui sévissait en Israël.

La chute potentielle du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu serait un facteur clé pour déterminer quand la proposition américaine devrait être dévoilée, ont déclaré les responsables à la chaîne d’information.

Friedman et d’autres responsables auraient mis en garde contre la publication de la proposition pendant une campagne électorale israélienne, afin d’éviter que le vote ne devienne un référendum sur le plan américain.

Bien que l’administration Trump exhibe son plan de paix depuis des mois, les détails le concernant sont rares et les Palestiniens se sont engagés à ne pas coopérer avec le projet de paix américain.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (2e à partir de la droite) reçoit à son bureau de Jérusalem l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Ron Dermer (à droite), le conseiller de la Maison Blanche Jared Kushner (au centre), l’ambassadeur des États-Unis en Israël, David Friedman (à gauche) et l’envoyé spécial Jason Greenblatt (deuxième à gauche), le 22 juin 2018. (Haim Zach/GPO)

Le rapport est survenu alors que le gouvernement de Netanyahu semblait sur le point de s’effondrer, de nombreux analystes pensant que les prochaines élections à la Knesset auraient lieu au printemps, des mois avant leur date prévue, en novembre 2019.

La crise de la coalition a été déclenchée par la démission d’Avigdor Liberman en tant que ministre de la Défense, en réponse à l’accord de cessez-le-feu qui a mis fin à une flambée des tensions entre Israël et des groupes terroristes palestiniens dans la bande de Gaza.

Mais les élections anticipées ont été évitées, puisque Netanyahu a assumé le poste de ministre de la Défense et que Naftali Bennett, chef du Parti HaBayit HaYehudi, a retiré son ultimatum pour faire tomber la coalition si ce portefeuille ne lui était pas confié.

Le rapport de la Dixième chaîne indiquait que le camp de Netanyahu avait l’intention de contacter la Maison Blanche pour tenter de repousser la publication du plan de paix jusqu’après les élections.

La chaîne d’information Hadashot TV a rapporté que Kushner avait indiqué en privé dans le passé que la publication du plan pourrait être reportée si Israël était entraîné dans une campagne électorale.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (2e D), le ministre de l’Éducation Naftali Bennett (1er G) et le ministre des Finances Moshe Kahlon (2e G) assistent à la réunion hebdomadaire du cabinet au cabinet du Premier ministre à Jérusalem le 18 novembre 2018. (Abir Sultan/Pool/AFP)

Le bureau de Netanyahu a déclaré à la chaîne, en réponse au reportage, que la seule préoccupation du Premier ministre à l’égard du plan de paix américain est la sécurité d’Israël.

« Le Premier ministre ne sait pas quand le plan américain sera présenté. Et lorsque cela sera le cas, le seul facteur dont il tiendra compte sera l’intérêt national, en premier lieu la sécurité d’Israël », a dit son bureau.

M. Trump n’a pas encore révélé la date de l’annonce de son plan de paix, mais il a déclaré lors d’une réunion avec M. Netanyahu en septembre qu’il espérait le publier au début de l’année prochaine.

Outre l’incertitude politique croissante en Israël, la Maison Blanche doit également tenir compte de la manière dont le plan de paix sera reçu par l’Autorité palestinienne, dont le président, Mahmoud Abbas, boycotte l’administration Trump depuis sa reconnaissance en décembre dernier de Jérusalem comme capitale israélienne et qui s’est engagée à s’opposer à « l’affaire du siècle ».

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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