Israël en guerre - Jour 144

Rechercher

Lana Nusseibeh : Avant tout, il faut un plan viable pour une solution à 2 États

L'ambassadrice émiratie à l'ONU demande une feuille de route "sérieuse" pour reconstruire Gaza après la guerre contre le Hamas, incluant l'Égypte et la Jordanie entre autres

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Des troupes israéliennes se tiennent près d'un cratère creusé par une frappe aérienne, alors que de la fumée s'élève de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, le 7 décembre 2023. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israël)
Des troupes israéliennes se tiennent près d'un cratère creusé par une frappe aérienne, alors que de la fumée s'élève de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, le 7 décembre 2023. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israël)

Les Émirats arabes unis conditionneront leur soutien financier et politique à la reconstruction de Gaza après la guerre entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas à la mise en place d’une initiative soutenue par les États-Unis vers une solution à deux États.

« Le message sera très clair : nous avons besoin de voir un plan viable d’une solution à deux États, une feuille de route sérieuse avant de parler du lendemain et de la reconstruction de l’infrastructure de Gaza », a déclaré l’ambassadrice des Émirats arabes unis auprès de l’ONU, Lana Nusseibeh, au Wall Street Journal mardi.

Ces remarques semblent aller à l’encontre de celles faites lundi par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui avait déclaré à un groupe d’experts de la Knesset que les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite financeraient la reconstruction de la bande de Gaza, alors que Netanyahu continue de rejeter un retour de l’Autorité palestinienne (AP) dans l’enclave ainsi que la création d’un État palestinien.

« La feuille de route, c’est : les Israéliens, l’Autorité palestinienne et un consortium de pays qui ont une influence sur eux deux se réunissant autour d’une table et disant : ‘Voici la finalité à laquelle nous allons travailler. Le travail commence ici. Voici le calendrier, et il commence maintenant.' », a déclaré Nusseibeh.

L’envoyée émiratie a déclaré que l’Égypte, la Jordanie et plusieurs autres pays à majorité musulmane devraient également participer à l’effort, de même que les puissances européennes.

Sans une feuille de route vers une solution à deux États, « nous ne serons pas aussi pleinement investis dans la reconstruction, et avec Israël, cela aura également un effet. Ce n’est pas sur cette trajectoire que nous avons signé les Accords d’Abraham », a ajouté Nusseibeh.

L’ambassadrice émiratie auprès des Nations unies, Lana Nusseibeh, s’exprimant lors d’une réunion du Conseil de sécurité, au siège des Nations unies, à New York, le 22 novembre 2023. (Crédit : Michael M. Santiago/Getty Images/AFP)

Lors d’une réunion à huis clos de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, Netanyahu avait affirmé que les Émiratis et les Saoudiens aideraient à financer les efforts de reconstruction à Gaza après la guerre.

Par ailleurs, des responsables arabes et américains ont déclaré à maintes reprises au Times of Israel au cours des deux derniers mois que le soutien arabe à la reconstruction de Gaza était loin d’être acquis et qu’il s’agirait au mieux d’un pis-aller jusqu’à ce que l’AP soit prête à prendre le relais et à faire avancer une solution à deux États.

Le Premier ministre, cependant, a pratiquement exclu à la fois le retour de l’AP à Gaza et une solution à deux États.

Les députés de la commission des Affaires étrangères et de la Défense ont pressé lundi Netanyahu sur son plan d’après-guerre à Gaza, car il s’est largement concentré sur le rejet des propositions des autres, plutôt que d’offrir les siennes.

Le Premier ministre aurait dit aux députés qu’il avait chargé le Conseil de sécurité nationale de proposer quelques options, mais il n’a fourni que peu de détails à ce sujet.

Il a déclaré qu’une « autorité civile » gérerait la bande de Gaza, ce qui, selon les analystes, signifie un gouvernement technocratique composé en grande partie d’individus liés à l’AP et inactifs depuis que les dirigeants de l’organe directeur ont été expulsés de la bande de Gaza en 2007. Le terme « autorité civile » est préféré par les partisans de droite de ce plan, afin d’éviter de faire référence à l’AP.

« Nous devons démilitariser Gaza et déradicaliser Gaza », avait-il déclaré aux députés, selon les médias israéliens, comparant le processus envisageable pour l’après-guerre au processus de dénazification ou à la suppression des politiques agressives au Japon après la Seconde Guerre mondiale.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirigeant la réunion hebdomadaire du cabinet dans son bureau, à Jérusalem, le 10 décembre 2023. (Crédit : Ronen Zvulun/Pool/AFP)

Malgré les mesures maintenues par le cabinet de sécurité pour affaiblir l’AP, Netanyahu a insisté sur le fait qu’il serait en mesure de s’appuyer sur les accords de normalisation des Accords d’Abraham avec les nations arabes et musulmanes après la guerre, selon les transcriptions de son témoignage.

Il a déclaré qu’il poursuivrait les accords avec les pays du Golfe, notamment l’Arabie saoudite, qu’il « mettra à profit » pour soutenir la reconstruction de Gaza.

Le président américain Joe Biden insiste sur le fait que l’Arabie saoudite était sur le point de normaliser ses liens avec Israël avant la guerre et que le blocage de cet accord était l’une des motivations du Hamas lorsqu’il a lancé l’assaut du 7 octobre.

Depuis le déclenchement de la guerre après l’assaut dévastateur du groupe terroriste palestinien le 7 octobre, le monde arabe a été uni dans son rejet farouche de la réponse d’Israël, menant les appels internationaux à un cessez-le-feu.

Si certains responsables arabes reconnaissent en privé leur soutien général à l’objectif d’Israël de déloger le groupe terroriste islamiste de Gaza, ils s’élèvent farouchement contre le nombre de victimes civiles dans la bande, dont ils craignent qu’elles soient capables de déstabiliser leurs propres pays, où l’indignation de l’opinion publique a été massive.

La guerre a été déclenchée par l’assaut meurtrier du Hamas, au cours duquel environ 3 000 terroristes ont fait irruption en Israël depuis la terre, l’air et la mer, sous le couvert de milliers de roquettes. Ils se sont infiltrés dans plus de 20 communautés à travers le sud du pays, tuant 1 200 personnes et s’emparant de plus de 240 otages. Des familles ont été massacrées chez elles devant leurs proches, et au moins 364 personnes ont été assassinées lors d’un festival de musique en plein air.

Plus de 18 400 personnes seraient mortes depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza. Selon les estimations de l’armée israélienne, 5 000 membres du Hamas auraient été tués dans la bande de Gaza, auxquels s’ajoutent plus de 1 000 terroristes tués en Israël lors de l’assaut du 7 octobre.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.