L’analyse de Netanyahu sur l’antisémitisme est « abjecte », « erronée », selon la présidence française
La lettre du chef du gouvernement israélien "ne restera pas sans réponse", a ajouté l'Elysée, qui a aussi affirmé que "la République protège et protègera toujours ses compatriotes de confession juive

La présidence française a dénoncé mardi comme « erronée, abjecte » l’accusation du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui a estimé que la volonté d’Emmanuel Macron de reconnaître un Etat palestinien nourrissait l’antisémitisme.
La lettre du chef du gouvernement israélien « ne restera pas sans réponse », a ajouté l’Elysée, qui a aussi affirmé que « la République protège et protègera toujours ses compatriotes de confession juive ». « La période exige gravité et responsabilité, pas amalgames et manipulations », a encore indiqué l’Elysée.
« La période exige gravité et responsabilité, pas amalgames et manipulations », a encore indiqué la présidence française qui a ajouté que « la République protège et protègera toujours ses compatriotes de confession juive ».
Le ministère des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne « considère cette attaque comme injustifiée et hostile à la paix et au consensus international sur le principe d’une solution à deux Etats », a-t-il dit dans un communiqué.
« Le vieux disque qui entretient la confusion entre la critique de l’occupation israélienne et ses crimes ou le soutien aux droits du peuple palestinien à la paix et l’indépendance avec l’antisémitisme ou la haine contre les juifs s’est rayé (…), personne n’est dupe », a-t-il ajouté.
Benjamin Netanyahu écrit dans un courrier officiel adressé au chef de l’Etat français que son intention de reconnaître la Palestine lors de la prochaine Assemblée générale de l’ONU alimente le « feu antisémite ».
L’Elysée affirme qu’Emmanuel Macron a pris connaissance du contenu de ce courrier par voie de presse, mais qu’il y répondra également par courrier.
« L’analyse selon laquelle la décision de la France de reconnaître l’Etat de Palestine dès septembre expliquerait la montée des violences antisémites en France est erronée, abjecte et ne demeurera pas sans réponse », a cependant estimé la présidence.
« Les violences contre la communauté juive sont inadmissibles. C’est pourquoi, au-delà des condamnations, le chef de l’Etat a systématiquement demandé à tous ses gouvernements depuis 2017 – et encore davantage après les attentats terroristes du 7 octobre 2023 – la plus grande fermeté à l’endroit des auteurs d’actes antisémites », a ajouté l’Elysée.
Dans sa lettre, Benjamin Netanyahu appelle Emmanuel Macron à « remplacer la faiblesse par l’action, l’apaisement par la volonté » et lui demande de le faire d’ici au Nouvel an juif, le 23 septembre prochain.
Un peu plus tôt, le ministre français des Affaires européennes Benjamin Haddad avait affirmé que la France n’avait « pas de leçons à recevoir dans la lutte contre l’antisémitisme ».
« Je voudrais dire de façon très claire et très ferme que ce sujet de l’antisémitisme qui empoisonne nos sociétés européennes, et on a vu une accélération des actes antisémites violents depuis les attaques du Hamas du 7 octobre, on ne peut pas l’instrumentaliser », a affirmé sur la chaîne française BFMTV le ministre, selon qui les autorités françaises ont « toujours été extrêmement mobilisées contre l’antisémitisme ».
Violences inadmissibles
Dans sa lettre, M. Netanyahu liste plusieurs incidents récents, notamment le saccage de l’entrée de bureaux de la compagnie aérienne israélienne El Al à Paris, l’agression d’un homme juif à Livry-Gargan, ou des rabbins « agressés dans les rues de Paris ». « Ces incidents ne sont pas isolés. Ils constituent une plaie », souligne-t-il.
Les actes antisémites sont en nette progression en France depuis le 7 octobre 2023, date de des attaques sans précédent du Hamas contre Israël et du déclenchement de la guerre à Gaza.
Le contexte est particulièrement délicat puisque vit en France la plus grande communauté juive d’Europe occidentale, avec environ 500 000 personnes, en même temps qu’une très importante communauté arabo-musulmane.
Entre janvier et mai 2025, 504 actes antisémites ont été recensés en France, contre 662 sur la même période en 2024, soit une baisse de 24%, selon des chiffres diffusés début juillet par le ministère de l’Intérieur.
Ces faits restent toutefois en augmentation de 134% par rapport à janvier-mai 2023, avait précisé le ministère, qui souligne leur « niveau très élevé ».
Après avoir affiché sa solidarité avec Israël après le 7 octobre, Emmanuel Macron a depuis pris ses distances et multiplié les critiques à l’égard de la stratégie du gouvernement israélien à Gaza. Les appels téléphoniques entre les deux leaders, très fréquents au début de la période, se sont raréfiés.
Désaccord sur les livraisons d’armes, critiques sur la tragédie humanitaire que vit le territoire palestinien qualifiée de « honte » et de « scandale » ou encore sur la politique de colonisation en Cisjordanie: les motifs de frictions et de différends se sont succédé.
Israël est en guerre contre le Hamas depuis le 7 octobre 2023, date à laquelle quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut des communautés du sud d’Israël, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.
Israël a réagi en lançant une campagne militaire dont l’objectif vise à détruire le Hamas, à l’écarter du pouvoir à Gaza et à libérer les otages. Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent 50 otages, dont 49 des 251 personnes enlevées par les terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. Vingt d’entre eux seraient encore en vie.
Le ministère de la santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, affirme que plus de 60 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats jusqu’à présent. Ce bilan, qui ne peut être vérifié et qui ne fait pas la distinction entre terroristes et civils, inclut les quelque 20 000 terroristes qu’Israël affirme avoir tués au combat et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.
Israël affirme s’efforcer de minimiser les pertes civiles et souligne que le Hamas utilise les Gazaouis comme boucliers humains, en menant ses combats depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées







