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L’Angleterre honore Licoricia of Winchester, femme d’affaires juive du 13e siècle

Une ville va se doter d'une statue créée par le célèbre artiste britannique Ian Rank-Broadley en mémoire de cette femme d'influence qui avait été mystérieusement assassinée

Un modèle initial de Licoricia of Winchester qui sera dévoilé dans la ville au Royaume-Uni au mois de février 2022. (Crédit : The Licoricia of Winchester Appeal/Facebook via JTA)
Un modèle initial de Licoricia of Winchester qui sera dévoilé dans la ville au Royaume-Uni au mois de février 2022. (Crédit : The Licoricia of Winchester Appeal/Facebook via JTA)

JTA — Winchester, une ville située à proximité de Londres qui a longtemps été la capitale de l’Angleterre, prévoit de rendre hommage à une femme juive qui avait excellé dans ses affaires tout en élevant quatre enfants jusqu’à son meurtre en 1277.

La statue de bronze et grandeur nature de Licoricia of Winchester a été créée par le célèbre artiste britannique Ian Rank-Broadley, a fait savoir jeudi l’édition londonienne du Jewish Chronicle.

Usurière, Licoricia avait prêté de l’argent à des rois, dont le roi Henry III et la reine Eleanor. A une époque d’antisémitisme virulent – sa mort avait précédé l’expulsion, en 1290, des Juifs d’Angleterre de seulement 13 années – elle avait été emprisonnée de manière répétée avant d’être assassinée dans des conditions mystérieuses à Winchester.

Elle s’était mariée à deux reprises.

Les liens entretenus par Licoricia avec Winchester remontent à 1234. Sa statue devrait être installée, le 10 février, dans une rue dorénavant connue sous le nom de Jewry Street, où elle avait vécu et où elle était morte. L’œuvre la représente en train de tenir la main de son plus jeune fils, Asser, qui tient de son côté une petite toupie.

« Le message, de manière plus large, est que nous tirons tous des bénéfices de la participation, d’égal à égal, des femmes dans notre société de manière. Cela rappelle aussi le fait que comme elle était juive, elle était persécutée à cette époque », a expliqué Rank-Broadley au Jewish Chronicle.

Sur le monument figure une inscription : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », tirée du Lévitique et écrite en anglais et en hébreu.

Aucun portrait de Licoricia n’aurait traversé les âges et Rank-Broadley s’est donc inspiré, pour son visage, de sa fille et de son petit-fils qui sont eux-mêmes juifs, a-t-il confié au Chronicle.

Asser était le fils de Licoricia, né de son deuxième mariage à un riche Juif, lui-même divorcé, qui s’appelait David of Oxford. Une décennie après sa mort, il avait été emprisonné au château de Winchester alors que le roi d’Angleterre tentait de taxer les Juifs.

Elle avait eu trois enfants avec son premier mari, Abraham of Kent, avant le décès de ce dernier, en 1244.

Après la mort de son premier époux, Licoricia avait été emprisonnée à la Tour de Londres jusqu’à ce qu’une part des biens de son époux ait été versée à la couronne. Cet argent devait financer la reconstruction de l’abbaye de Westminster, selon les chercheurs qui se sont penchés sur l’histoire de la famille.

Les corps sans vie et blessés au couteau de Licoricia et de sa domestique avaient été retrouvés en 1277. Ces meurtres n’avaient jamais été résolus.

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