« L’antisémitisme est une question contemporaine d’éducation et de sécurité »
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« L’antisémitisme est une question contemporaine d’éducation et de sécurité »

Selon Karel Fracapane, le responsable des projets éducatifs à l'Unesco, il faut "renforcer l’esprit critique et la résilience des jeunes"

Karel Fracapane, responsable des contenus éducatifs à l'Unesco (Crédit: capture d'écran cristiam trujillo/Youtube)
Karel Fracapane, responsable des contenus éducatifs à l'Unesco (Crédit: capture d'écran cristiam trujillo/Youtube)

« La France apporte une expertise conséquente » sur l’antisémitisme félicite Karel Fracapane, le responsable des contenus éducatifs à l’Unesco sur le site du Crif.

Il souligne « le travail de la Dilcrah« , « l’action des mémoriaux, comme le Mémorial de la Shoah, qui s’emparent aussi de thématiques contemporaines et répond ainsi au besoin de formation des enseignants sur des thèmes liés à l’antisémitisme, comme les théories du complot par exemple, ou plus généralement l’éducation aux droits de l’homme ».

« La lutte contre l’antisémitisme ne passe pas que par la compréhension d’un héritage traumatique européen, c’est-à-dire l’enseignement de l’histoire de la Shoah, ajoute-t-il. C’est avant tout une question contemporaine, d’éducation et de sécurité, qui interroge le fonctionnement de nos sociétés aujourd’hui ».

Cependant selon Fracapane, la société civile française « semble moins mobilisée et organisée sur ce thème que dans d’autres pays européens ».

Le responsable des contenus éducatifs de l’Unesco rappelle le lancement d’un récent site internet contre le négationnisme.

Le PDG du Congrès juif mondial Robert Singer, le président du conseil d’administration du Congrès juif mondial David de Rothschild, la directrice générale de l’UNESCO Audrey Azoulay, le président du CRIF Francis Kalifat, le président du Congrès juif mondial Ronald S. Lauder, le responsable de l’éducation et de l’enseignement du du Congrès juif mondial Jean de Gunzburg, et le président de l’Agence juive Isaac Herzog, avec les représentants de plus de 100communautés juives du monde, au siège de l’UNESCO à Paris, le 19 novembre 2018. (Crédit : Shahar Azran)

Intitulé « Shoah : les faits », ce site se veut « un outil interactif en ligne destiné à contrer les messages de négation et les récits falsifiés de la Shoah ».

« Il s’agit d’apporter une réponse face à la montée de la haine et de la désinformation en ligne », souligne l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, dont le siège est à Paris.

Le site a été dévoilé lundi 19 novembre dernier par le président du Congrès juif mondial Ronald S. Lauder, la directrice générale de l’UNESCO Audrey Azoulay et le responsable de l’éducation et de l’enseignement du du Congrès juif mondial Jean de Gunzburg.

« C’est effarant et triste que 75 ans après la Shoah, plus de 46 % des gens, de par le monde, n’aient jamais entendu parler de la tentative des nazis à éradiquer le judaïsme européen, et que 35 % croient qu’il s’agit d’un mythe ou d’une exagération », a déclaré Lauder dans son allocution. « Alors que nous allons vers un monde sans survivants ni témoins, il est nécessaire de s’assurer que la pire atrocité de monde ne soit jamais oubliée, de peur que l’histoire ne se répète. Nous devons transmettre ce savoir à nos enfants, et à leurs enfants, parce qu’en connaissant le passé, nous pouvons protéger notre futur. »

« Aujourd’hui, l’UNESCO est la seule agence onusienne à œuvrer pour la lutte contre l’antisémitisme, et a mettre en avant l’importance de l’enseignement de la Shoah. Nous implorons ses équipes, sous la direction de Mme Azoulay, à poursuivre inlassablement dans cette voie », a conclut Lauder.

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