L’AP prépare un vaste plan de « désengagement » d’Israël
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L’AP prépare un vaste plan de « désengagement » d’Israël

Les Palestiniens souhaitent gérer seuls l’économie et la sécurité ; une décision tactique afin d’apaiser l’opinion palestinienne plutôt qu’une réelle volonté de changement

Khaled Abu Toameh est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lit des notes alors qu'il préside une réunion du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine au siège de l'Autorité palestinienne à Ramallah, en Cisjordanie, le 3 février 2018 (AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lit des notes alors qu'il préside une réunion du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine au siège de l'Autorité palestinienne à Ramallah, en Cisjordanie, le 3 février 2018 (AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)

Le gouvernement de l’Autorité palestinienne a décidé mardi de former un comité chargé de préparer des plans de « désengagement » d’Israël.

Le gouvernement a également décidé de missionner un autre comité afin qu’il élabore un plan visant à remplacer le shekel israélien par une autre monnaie, et éventuellement une nouvelle monnaie palestinienne.

Les Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza ne disposent pas de leur propre monnaie et continuent de dépendre principalement du shekel israélien, du dinar jordanien et du dollar américain.

Les employés de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza reçoivent leurs salaires en shekels.

Cette nouvelle tentative de désengagement d’Israël intervient en réponse à une décision prise samedi dernier par le Comité exécutif de l’OLP, un organe décisionnel clé dominé par les alliés de Mahmoud Abbas, dirigeant de l’AP. A l’issue d’une réunion de trois heures présidée par Abbas, le comité a demandé au gouvernement de l’AP de concevoir immédiatement des plans de « désengagement » vis-à-vis d’Israël à tous les niveaux, y compris ceux de la sécurité et de l’économie.

Les Palestiniens déplorent depuis longtemps le fait que leur économie dépendent d’Israël.

Des décisions similaires prises par divers organismes palestiniens par le passé – y compris l’arrêt de la coordination de la sécurité avec Israël – n’ont jamais été mises à exécution et étaient principalement destinées à apaiser l’opinion palestinienne.

Rami Hamdallah (à gauche) et Federica Mogherini, le 31 janvier 2018 à Bruxelles (Crédit : AFP / JOHN THYS)

Le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah a été cité déclarant lors de la réunion hebdomadaire de son cabinet que « l’expansion des colonies » et le contrôle militaire israélien sur la zone C, ainsi que les restrictions israéliennes imposées aux Palestiniens qui y vivaient, constituaient le principal obstacle à l’existence d’une forte économie palestinienne.

En vertu des termes des Accords d’Oslo, la zone C se réfère aux parties de la Cisjordanie soumises à un contrôle civil et sécuritaire israélien total.

Hamdallah a appelé les pays donateurs à faire pression sur Israël afin que le pays supprime toutes les restrictions imposées aux Palestiniens résidant dans la zone C.

Il a également appelé les pays donateurs à soutenir divers projets palestiniens, notamment la création d’un aéroport et d’un port maritime en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Le gouvernement de l’AP a exprimé sa « profonde gratitude » à l’UE qui s’est engagée à fournir une aide de 42,5 millions d’euros visant à « soutenir la présence palestinienne » à Jérusalem-Est et dans la ville de Hébron en Cisjordanie et pour stimuler le développement économique dans divers domaines, à la fois en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

L’AP a condamné la récente décision de l’administration Trump visant à ajouter le leader du Hamas Ismail Haniyeh à la liste américaine des terroristes, affirmant que cela ouvrait la voie à l’assassinat de dirigeants palestiniens.

Ismail Haniyeh, leader du Hamas, prononce un discours à Gaza le 23 janvier 2018 (Mahmud Hams / AFP)

« Cette décision fournit à Israël une couverture supplémentaire pour poursuivre ses crimes contre notre peuple et ses dirigeants », ont déclaré les responsables palestiniens dans un communiqué.

Le gouvernement de l’AP a accusé l’administration américaine de garder le silence concernant « le terrorisme d’Etat organisé qui est perpétré et encouragé par le gouvernement israélien ».

Il a également condamné les dernières mesures de sécurité d’Israël en Cisjordanie, qui font suite aux attaques terroristes qui ont coûté la vie au rabbin Itamar Ben-Gal et au rabbin Raziel Shevach.

« La dernière campagne violente à Jénine et dans les villages et les camps de réfugiés alentours souligne le besoin rapide de fournir une protection internationale (pour les Palestiniens) face à ces crimes », a ajouté le communiqué, appelant la communauté internationale à demander des comptes à Israël.

Ahmad Nassar Jarrar, 22 ans, chef de la cellule terroriste qui a tué le rabbin Raziel Shevach le 9 janvier (Crédit : Twitter)

Le communiqué faisait référence à une série de raids de l’armée israélienne menés dans plusieurs villes et villages des alentours de Jénine au cours des deux dernières semaines et visant à retrouver Ahmed Jarrar, le principal suspect dans l’assassinat de Shevach. Jarrar a été tué par l’armée israélienne mardi matin.

Le cabinet de l’AP a également dénoncé la récente décision de la municipalité de Jérusalem de collecter des impôts sur les propriétés d’églises et d’agences de l’ONU et a accusé Israël de faire avancer ses plans de « judaïsation » de Jérusalem-Est et de « déplacement » des résidents arabes.

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