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Lapid acceptera de gouverner avec le Likud, mais pas sous la direction de Netanyahu

Lors d'une conférence organisée par la Douzième chaîne, le Premier ministre a qualifié les résidents d’implantations qui ont attaqué des soldats à Huwara "d'émissaires de Ben Gvir"

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid et le chef de l'opposition Benjamin Netanyahu à la Knesset, le 8 novembre 2021. (Crédit: Olivier Fitoussi/Flash90)
Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid et le chef de l'opposition Benjamin Netanyahu à la Knesset, le 8 novembre 2021. (Crédit: Olivier Fitoussi/Flash90)

Le Premier ministre Yair Lapid a réaffirmé jeudi qu’il ne siégera jamais dans le même gouvernement que l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, à moins que ce dernier ne soit acquitté dans son procès pour corruption.

Lapid a précisé qu’il n’avait « aucun problème » à siéger dans un gouvernement avec le Likud de Netanyahu, à condition que le parti soit dirigé par une autre personne.

S’exprimant lors d’une conférence organisée par la Douzième chaîne, Lapid a déclaré qu’il participerait « volontiers » à un débat télévisé pré-électoral avec Netanyahu, mais a souligné que ce dernier refusait de participer à de tels débats depuis 15 ans.

Le bureau de Netanyahu aurait déclaré qu’il examinerait l’idée.

Lapid a esquivé les questions relatives à son intention d’inclure des membres dans le prochain gouvernement – en particulier s’il compte sur le soutien du parti Hadash-Taal, à prédominance arabe – et a reconnu qu’il sera « très difficile » de former une coalition. « Mais n’oublions pas qui a été le dernier à former un gouvernement dans des circonstances difficiles », a-t-il ajouté.

En réponse aux critiques des petits partis de gauche qui reprochent à Lapid de faire campagne à leurs dépens et de risquer de les faire passer sous le seuil électoral, Lapid a déclaré que « le parti Avoda et le Meretz sont tous deux bien au-dessus du seuil ».

« Je ne suis pas inquiet. Si j’étais inquiet, je serais prudent. »

Après l’attaque de mercredi par des résidents d’implantations contre des soldats de Tsahal dans la ville palestinienne de Huwara, Lapid a qualifié les agresseurs d' »émissaires de Ben Gvir », en référence au politicien d’extrême droite Itamar Ben Gvir, dont le parti HaTzionout HaDatit devrait remporter 13 à 14 sièges lors des élections législatives du 1er novembre.

Le député HaTzionout HaDatit, Itamar Ben Gvir, s’exprimant lors d’une conférence de la Douzième chaîne, à Rishon LeZion, le 20 octobre 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Prenant lui-même la parole, Ben Gvir a déclaré à la conférence qu’il était « offensé » par le refus de Netanyahu de se tenir à ses côtés lors d’un événement pour Simhat Torah, à Kfar Habad plus tôt dans la semaine.

Beaucoup ont interprété cette rebuffade comme une décision médiatique consciente de la part de Netanyahu de ne pas être mis dans le « même sac » que Ben Gvir – un personnage considéré par beaucoup comme un suprémaciste juif et un raciste.

Au cours de l’interview, le présentateur de la Douzième chaîne, Mohammad Magadli, a rappelé à Ben Gvir que Netanyahu avait été photographié avec les leaders nationaux palestiniens Yasser Arafat et Mahmoud Abbas, et qu’il avait pourtant décidé qu’une séance de photos avec Ben Gvir serait exagérée.

« J’ai été vraiment offensé. Après avoir travaillé sans relâche pour qu’il forme un gouvernement, je me serais attendu à être autorisé à parler puis à partir. Mais je n’ai pas besoin d’un selfie avec Netanyahu. Je ne suis pas un admirateur. Je veux simplement former un gouvernement de droite avec lui », a déclaré Ben Gvir à Magadli.

Le Premier ministre a également défendu la décision de ne pas soumettre l’accord maritime avec le Liban à l’approbation de la Knesset, arguant que « c’est la responsabilité et l’autorité du gouvernement, c’est lui qui conclut les accords internationaux. Il n’y a pas longtemps, nous avons conclu un accord avec Chypre, très similaire, sans l’approbation de la Knesset », ajoutant que « la responsabilité leur incombe ».

Lapid a également cité les modifications apportées à l’accord de paix entre Israël et l’Égypte, qui n’ont pas nécessité l’approbation de la Knesset.

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