Israël en guerre - Jour 143

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Lapid: Si le 7 octobre s’était produit sous ma direction, j’aurais démissionné le jour même

Pour le chef de l'opposition, les forces de l'ordre, comme la population, n'ont "aucune confiance" dans le Premier ministre, qui doit laisser la place, même en plein conflit

Le chef de l'opposition Yair Lapid préside une réunion du parti Yesh Atid à la Knesset, à Jérusalem, le 25 décembre 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef de l'opposition Yair Lapid préside une réunion du parti Yesh Atid à la Knesset, à Jérusalem, le 25 décembre 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

C’est une pique virulente que le chef de l’opposition Yair Lapid a décochée au Premier ministre Benjamin Netanyahu, mardi, en affirmant que s’il avait été Premier ministre, il aurait démissionné le 7 octobre dernier.

« Je ne fais pas confiance à Netanyahu. C’est un homme à qui on ne peut pas faire confiance pour mener une guerre », a déclaré à la radio militaire Lapid, qui a été Premier ministre de juillet à décembre 2022.

Évoquant l’attaque dévastatrice menée par l’organisation terroriste du Hamas le 7 octobre, il a déclaré : « Si cela s’était produit sous ma direction, j’aurais démissionné le jour même. »

Évoquant cette fois le gouvernement qu’il a dirigé, avec l’ex-Premier ministre Naftali Bennett, Lapid a dit : « À notre époque, le Hamas savait qu’il ne fallait pas attaquer. »

Il a assuré qu’en raison de l’agitation politique causée par les mesures de politique intérieure du gouvernement Netanyahu avant-guerre – en particulier, son projet de refonte système judiciaire – le Hamas « a[vait] pris conscience de la faiblesse des autorités du pays, les pires de toute l’histoire du pays, et a[vait] attaqué ».

Israël a lancé sa campagne militaire en riposte à une attaque transfrontalière dévastatrice menée par le Hamas, le 7 octobre, qui a coûté la vie à 1 200 personnes, pour la plupart des civils. Les milliers de terroristes qui ont franchi la frontière avec Gaza, dans le sud d’Israël, ont également enlevé près de 240 personnes dont près de 120 sont encore aujourd’hui otages dans l’enclave côtière. Israël s’est fixé pour objectif d’éliminer le Hamas du pouvoir à Gaza et de libérer les otages.

Netanyahu doit céder la place, même si nous sommes toujours en guerre, a fait valoir Lapid. Il a cité l’exemple de Winston Churchill, qui a succédé à Neville Chamberlain, en Grande-Bretagne, au début de la Seconde Guerre mondiale.

« Netanyahu est le Chamberlain israélien », a-t-il dit. « Il nous faut notre Churchill. »

« Changer de Premier ministre en pleine guerre n’est pas une bonne chose, mais le fait qu’il soit au pouvoir est encore pire », a déclaré Lapid.

De gauche à droite : Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ; le ministre de la Défense Yoav Gallant et le ministre Benny Gantz lors d’une conférence de presse au ministère de la Défense à Tel Aviv, le 11 novembre 2023. (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL)

Il a en outre affirmé que ni les chefs des forces de l’ordre ni la population n’avaient « une once de confiance » dans le Premier ministre.

Lapid a ajouté qu’en raison de son manque de confiance en Netanyahu, il ne faisait pas non plus confiance au cabinet de guerre, composé de Netanyahu, du ministre de la Défense Yoav Gallant et du ministre Benny Gantz, formé pour mener la guerre. Le ministre Gadi Eisenkot et le ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer y ont statut d’observateurs, et le chef du parti Shas, Aryeh Deri, y siège souvent.

Gantz et Eisenkot appartiennent tous deux au parti centriste Kakhol lavan, qui a formé un gouvernement d’urgence avec Netanyahu dès le début de la guerre. Tous deux sont d’anciens chefs d’état-major de Tsahal.

« On ne peut pas compter sur [Netanyahu] pour gérer une guerre », a déclaré Lapid, évoquant les informations des médias selon lesquelles Netanyahu empêcherait Gallant de s’entretenir seul à seul avec les chefs de l’agence d’espionnage du Mossad et du service de sécurité du Shin Bet. Le chef du Mossad, David Barnea, a été directement impliqué dans les négociations pour la libération des otages.

Lapid a défendu son refus de rejoindre le gouvernement d’urgence et déclaré que, même en temps de guerre, il était important qu’il y ait une opposition à la Knesset. Il a également rappelé s’être opposé dès le début au fait que le cabinet de guerre n’ait pas de définition claire de son autorité ou de ses fonctions, affirmant qu’il était voué à n’être qu’un organe consultatif.

Lapid a également reproché à Netanyahu de s’être dit à plusieurs reprises opposé à ce que le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas prenne l’autorité sur la bande de Gaza, après-guerre, affirmant que le Premier ministre « faisait campagne contre lui-même » sur cette question. « Personne, nulle part en Israël – et ailleurs – ne pense ou croit possible qu’Abou Mazen [Abbas] prenne le contrôle de Gaza », a déclaré Lapid. « Netanyahu fait campagne contre lui-même, sans que personne ne sache vraiment pourquoi. »

Les États-Unis ont, à plusieurs reprises, dit vouloir à l’avenir une bande de Gaza dirigée par une Autorité palestinienne réformée dans le cadre d’une solution à deux États. Netanyahu s’oppose à la création d’un État palestinien. Lapid a déclaré sa propre opposition à ce qu’Abbas gouverne Gaza il y a de cela deux semaines.

Des critiques se sont élevées, au sein du gouvernement même, sur la façon dont la guerre est menée, à commencer par le ministre de l’Economie, Nir Barkat, pour lequel les soldats, sur le terrain, ne bénéficient pas de la couverture aérienne requise à cause des inquiétudes concernant les victimes civiles à Gaza. Ses propos lui ont valu une réprimande de la part de Netanyahu et de Gantz.

Les forces de Tsahal opèrent dans la bande de Gaza, sur une photo publiée le 26 décembre 2023. (Crédit : Armée israélienne)

Dans une allocution prononcée dimanche, à une heure de grande écoute, le président Isaac Herzog a demandé aux politiciens d’éviter les querelles et divisions qui ont imprimé leur marque sur une grande partie du débat politique d’avant le 7 octobre, les invitant à « faire preuve de responsabilité et de retenue et de patienter avant de se jeter dans la campagne et les messages politiques ».

« L’ennemi n’attend que ça, nous voir nous fracturer, nous battre les uns contre les autres. Il observe les affrontements, les batailles d’ego et les coups de tête politiques », a déclaré Herzog. « Il se réjouit chaque fois qu’un désaccord nous sépare. »

« Il ne faut pas revenir au discours du 6 octobre, autour du nous et du eux », a-t-il ajouté. « Il ne faut pas revenir à ces propos toxiques sur Internet. Ceux qui nous ramènent à ce qui se disait le 6 octobre nuisent aux combats et à la sécurité des citoyens. »

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