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Affaire 1000

Lapid témoigne au procès pour corruption de Netanyahu

Le chef de l'opposition affirme que Milchan et le Premier ministre l'ont approché au sujet de l'extension de l'allègement fiscal pour les citoyens ayant séjourné à l'étranger

Le leader de l'opposition Yair Lapid lors du procès pour corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu au tribunal de district de Jérusalem le 12 juin 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le leader de l'opposition Yair Lapid lors du procès pour corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu au tribunal de district de Jérusalem le 12 juin 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef de l’opposition Yaïr Lapid a témoigné lundi devant un tribunal de Jérusalem dans le cadre du procès en cours pour corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Son arrivée au tribunal vers 09H00 (06H00 GMT) a été retransmise en direct à la télévision, notamment sur la chaîne publique Kan.

Lapid a témoigné dans le cadre de l’affaire 1000, dans laquelle Netanyahu est accusé de fraude et d’abus de confiance concernant sa relation avec le producteur israélien d’Hollywood, Arnon Milchan.

Netanyahu est accusé d’avoir reçu de la part de richissimes personnalités, dont Milchan, de grandes quantités de cadeaux pour environ 700 000 shekels. Ces pots-de-vin ont pris la forme de cigares, de bouteilles de champagne et de bijoux distribués entre 2007 et 2016.

De son côté, Netanyahu assure n’avoir fait qu’accepter des présents de la part d’amis, sans les avoir sollicités.

Ses avocats avaient indiqué en octobre 2019 avoir reçu une opinion légale d’experts concluant qu’il avait bien le droit d’accepter des cadeaux d’amis proches.

Le leader de l’opposition Yair Lapid arrive pour le procès pour corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu au tribunal de district de Jérusalem le 12 juin 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’actuel Premier ministre est soupçonné d’avoir en retour promu un projet fiscal qui aurait rapporté des millions de dollars à Milchan. Le ministère des Finances avait toutefois mis son veto à ce texte.

Le centriste Lapid, qui a occupé le poste de Premier ministre avant le retour de Netanyahu fin 2022, était ministre des Finances lorsque la « loi Milchan » avait été débattue en 2013 et 2014.

Dans sa déclaration préliminaire, Lapid a réitéré ce qu’il avait déjà dit à la police dans le cadre de l’enquête sur l’affaire 1000.

« Il y a eu deux occasions, une fois lorsque nous étions assis à Balfour [dans la résidence du Premier ministre], et une fois à l’entrée de la réunion du cabinet » lorsque Netanyahu a interrogé Lapid sur la situation concernant Milchan, a témoigné lundi l’actuel chef de l’opposition.

Lapid a déclaré que Netanyahu lui avait demandé : « Milchan vous a-t-il parlé de la loi ? » et qu’il a répondu au Premier ministre : « Oui, mais je ne pense pas que cela se produira ». Lapid a déclaré qu’à l’époque, Netanyahu lui avait répondu de manière désinvolte qu’il s’agissait d’une « bonne loi ».

Le producteur Arnon Milchan lors d’une remise de prix à la 26e édition des Annual Gotham Independent Film Awards à Cipriani Wall Street, à New York, le 28 novembre 2016. (Crédit : Evan Agostini/Invision/AP)

« C’était très ‘en passant' », a déclaré Lapid, ajoutant que la deuxième fois que Netanyahu avait évoqué la loi, c’était également de manière très décontractée. Lapid a déclaré qu’avant les questions de M. Netanyahu, Milchan et son avocat l’avaient approché et lui avaient demandé d’examiner la possibilité de « prolonger de 10 ans » la loi qui accorde une immunité fiscale temporaire aux Israéliens de retour au pays qui ont passé du temps à l’étranger.

Le chef de l’opposition a déclaré que le magnat d’Hollywood avait tenté de convaincre Lapid que la modification de la réglementation « motiverait les Israéliens à revenir en Israël et à y investir ».

Mais Lapid a déclaré que les professionnels du ministère des Finances ne partageaient pas ce point de vue.

Le ministre des Finances de l’époque Yair Lapid (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une conférence de presse, en 2013. (Crédit : Flash90)

Le principal avocat de la défense de Netanyahu, Amit Hadad, a souvent interrompu les questions du procureur Alon Gildin, évoquant à plusieurs reprises le nombre de journalistes présents dans la salle et la tentative de politisation et de sensationnalisme des débats. Hadad a accusé Lapid de ne pas se souvenir pleinement des conversations et des discussions qui ont eu lieu en 2013.

Me Hadad a ensuite laissé entendre que le leader de l’opposition avait menti dans le passé au sujet de son service militaire.

« Peut-être que le tribunal pensera que vous avez raconté des histoires dans le passé et que vous le faites maintenant aussi », a dit Me Hadad, ce à quoi Lapid a répondu qu’il ne « coopérera pas avec des ragots malveillants ».

Me Hadad a continué de presser Lapid sur la question de ses récits contradictoires à propos de son service dans Tsahal. « Il y a un problème avec les menteurs : ils pensent que tous les autres mentent, et tous ceux qui sont corrompus pensent que tous les autres le sont aussi », a répondu le chef de l’opposition.

La présence de Lapid dans la salle d’audience lundi a ajouté un élan de frénésie politique à la longue procédure en cours dans le procès de Netanyahu, qui n’a pas assisté aux audiences du tribunal de district de Jérusalem lundi.

L’entourage de Lapid a déclaré que le chef de l’opposition s’était présenté pour témoigner ce lundi de la même manière que n’importe quel citoyen serait tenu de le faire s’il était appelé à la barre lors d’un procès.

Les procureurs accusent Netanyahu d’avoir cherché à faire pression sur Lapid pour qu’il prolonge de dix ans l’exonération fiscale accordée aux Israéliens de retour au pays sur les revenus gagnés à l’étranger, ce qui aurait pu permettre à Milchan d’économiser des millions de dollars.

Lapid a déclaré au tribunal lundi qu’il avait travaillé pour Milchan à Los Angeles pendant environ six mois il y a près de 30 ans, mais qu’ils n’étaient pas devenus des amis proches.

Le Premier ministre Ariel Sharon (à gauche) serre la main du producteur hollywoodien Arnon Milchan lors d’une conférence en Galilée en juin 2005. Le ministre des finances Benjamin Netanyahu est au centre. (Crédit : Moshe Milner/GPO archive)

Milchan lui-même devrait témoigner par liaison vidéo depuis l’ambassade d’Israël à Londres à partir de la semaine prochaine. Le tribunal a décidé que Sara Netanyahu pouvait assister au témoignage de Milchan à Londres, tandis que son mari devrait l’entendre depuis le tribunal de district de Jérusalem. Milchan n’a pas été inculpé dans cette affaire.

Netanyahu, qui a remporté avec ses alliés des partis ultra-orthodoxes et d’extrême droite les élections de novembre 2022, est accusé de corruption, de fraude et d’abus de confiance dans une série d’affaires.

A LIRE – Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

Son procès s’est ouvert en mai 2020, une première en Israël pour un Premier ministre en exercice. Netanyahu réfute, sans preuves, les accusations portées à son encontre et s’estime victime d’une chasse aux sorcières.

Le procès, selon le calendrier actuel, devrait durer encore cinq ans, mais certaines informations laissent entendre que la liste de témoins pourrait être réduite.

L’équipe du Times of Israel et l’AFP ont contribué à cet article.

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