Des pays arabes rejettent les propos de Netanyahu sur le déplacement des Palestiniens
Cette semaine, des responsables israéliens ont suggéré la création d'un État palestinien sur le territoire saoudien et Netanyahu semble s'être amusé de l'idée ; le Qatar et la Ligue arabe s'insurgent

L’Arabie saoudite a affirmé son rejet catégorique des remarques du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu concernant le déplacement des Palestiniens de Gaza, a déclaré le ministère des Affaires étrangères du royaume dans un communiqué.
Des responsables israéliens ont suggéré la création d’un État palestinien sur le territoire saoudien. Le Premier ministre a semblé plaisanter cette semaine lorsqu’il a répondu à un intervieweur de la chaîne d’information pro-gouvernement de la chaîne 14 qui s’était mal exprimé en disant « État saoudien » au lieu de « État palestinien » avant de se corriger.
Le Premier ministre s’est également empressé de corriger le présentateur Yaakov Bardugo – faisant toutefois remarquer au journaliste, sous forme de boutade, que « les Saoudiens ont les moyens de créer un État palestinien en Arabie saoudite ; ils ont beaucoup de terres là-bas ».
Bardugo a alors répondu qu’il s’agissait d’une idée intéressante et qu’il ne fallait pas « l’exclure », et Netanyahu a ensuite répété que l’Arabie saoudite avait « beaucoup de territoire ».
Si le communiqué saoudien a mentionné le nom de Netanyahu, il ne fait pas directement référence aux commentaires sur la création d’un État palestinien en territoire saoudien.
L’Arabie saoudite refuse toujours de reconnaître l’État d’Israël dans le cadre d’une longue tradition de soutien à l’établissement d’un État palestinien. En septembre 2024, Ryad avait annoncé la création d’une « alliance internationale » regroupant des pays arabes, musulmans et européens, pour œuvrer à l’établissement d’un État palestinien.
L’objectif de cette coalition est de « mettre en oeuvre la solution à deux États », israélien et palestinien vivant côte à côte dans la paix et la sécurité.
Dès le mois d’octobre, le royaume saoudien avait accueilli la premier sommet de cette « Alliance internationale pour la mise en œuvre de la solution à deux États ».
De son côté, le Qatar a aussi condamné les propos tenus par le Premier ministre par le biais d’un communiqué qui a été émis par le ministère qatari des Affaires étrangères.
Le Qatar, qui joue un rôle clé de médiateur dans les négociations sur l’accord de cessez-le-feu entre le Hamas et Israël, a déclaré que la déclaration du Premier ministre israélien était « une provocation ».
Même réprobation du côté de la Ligue arabe, dont le secrétaire général Ahmed Aboul Gheit a estimé dimanche que les paroles prononcées par le chef de gouvernement traduisaient une « déconnexion complète de la réalité », ajoutant que des idées comme celle exprimée par Netanyahu dans une récente interview « ne sont que de simples fantasmes ou illusions ».