L’Arabie saoudite et la Turquie affirment leur soutien aux opposants syriens
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L’Arabie saoudite et la Turquie affirment leur soutien aux opposants syriens

L'opposition et le régime syriens ont multiplié les gestes de défiance dimanche à Genève tout en acceptant de participer lundi à des discussions formelles, mais séparées, avec l'ONU

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu (g) à l'écoute de la question d'un journaliste à côté de son homologue saoudien Adel al-Jubeir lors d'une conférence de presse conjointe le 31 janvier 2016 à la salle de presse du ministère des affaires étrangères à Ryad. (Crédit : AFP / FAYEZ NURELDINE)
Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu (g) à l'écoute de la question d'un journaliste à côté de son homologue saoudien Adel al-Jubeir lors d'une conférence de presse conjointe le 31 janvier 2016 à la salle de presse du ministère des affaires étrangères à Ryad. (Crédit : AFP / FAYEZ NURELDINE)

L’Arabie saoudite et la Turquie ont affirmé dimanche leur soutien aux opposants syriens, partis à Genève pour des négociations indirectes organisées par l’ONU afin de trouver une issue à la guerre qui a fait plus de 260.000 morts en près de cinq ans.

« Nous avons la même position, qui consiste à soutenir nos frères syriens, directement où lorsqu’ils participent à des réunions internationales », a déclaré dans une conférence de presse le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir.

« Nous soutenons les demandes de trêve et d’acheminement de l’aide humanitaire (des opposants syriens) », a renchéri le ministre turc des Affaires étrangères turc, Mevlüt Cavusoglu.

M. Jubeir a salué « la position noble et courageuse de la Turquie » sur le conflit syrien.

Les deux ministres ont donné une conférence de presse conjointe à la fin d’une visite de deux jours du Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, en Arabie saoudite.

Ce dernier a eu des entretiens dimanche avec le roi Salmane qui ont notamment porté, selon l’agence officielle SPA, sur les questions régionales et les relations bilatérales.

M. Jubeir a annoncé que les deux pays avaient décidé de mettre en place un « conseil de coordination stratégique ».

Cette instance sera chargée, a-t-il expliqué, de coordonner les positions des deux pays dans « la lutte contre le terrorisme, les domaines politique, militaire, sécuritaire » et d’autres secteurs.

« L’Arabie saoudite et la Turquie sont les deux premières puissances économiques du Moyen-Orient » et partagent les mêmes positions sur le Syrie, le Yémen, la nécessité d’assurer le trafic maritime dans la région, les questions de sécurité régionale et la lutte contre l’extrémisme, a-t-il ajouté.

L’objectif est de « relever le niveau de notre coopération et de l’organiser », a noté de son côté le ministre turc des Affaires étrangères.

A Genève, les ennemis syriens multiplient les signes de défiance

L’opposition et le régime syriens ont multiplié les gestes de défiance dimanche à Genève tout en acceptant de participer lundi à des discussions formelles, mais séparées, avec l’ONU qui tente de trouver une issue négociée à la guerre en Syrie.

Alors que la situation est chaque jour plus catastrophique sur le terrain, où un attentat revendiqué par l’organisation Etat Islamique (EI) a encore fait plus de 50 morts dimanche, les ennemis syriens se sont invectivés lors de conférences de presse distinctes.

Le régime a brandi, comme à l’accoutumée, le label « terroriste », qui pour lui désigne aussi bien les jihadistes que les groupes rebelles. Son représentant à Genève, l’ambassadeur Bachar al-Jaafari a également jugé que l’opposition n’était « ni sérieuse, ni crédible ».

De son côté, l’opposition a accusé Damas de « tuer son peuple » et a de nouveau posé ses conditions avant toute négociation : l’arrêt des bombardements de civils, la libération des villes assiégées et de détenus.

Dans la soirée, le chef rebelle islamiste Mohammed Allouche a confirmé qu’il serait bien le négociateur en chef pour l’opposition, ce qui ne devrait pas aider à créer de la confiance.

M. Allouche est en effet membre du bureau politique du groupe armé rebelle Jaïch al-Islam, un mouvement d’inspiration salafiste que le régime de Damas qualifie de « terroriste ».

Le Haut comité des négociations (HCN), qui regroupe des opposants politiques et des combattants, l’avait chargé le 20 janvier de mener sa délégation, mais son absence à Genève ce week-end avait alimenté les suspicions. « Je suis en route » pour la Suisse, avec une arrivée prévue lundi matin, a-t-il toutefois dit à l’AFP

Ce sera donc lui qui dirigera l’équipe du HCN pour son premier entretien formel lundi après-midi avec l’émissaire de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura.

Le HCN qui, dès son arrivée à Genève samedi, avait menacé de repartir, a décidé de rester « au moins trois ou quatre jours » dans la ville suisse pour donner une chance au processus, selon un de ses porte-parole.

‘Occasion historique’

Le diplomate italo-suédois recevra aussi lundi, mais dans la matinée, les représentants du président Bachar al-Assad, dont la délégation est menée par l’ambassadeur syrien à l’ONU Bachar al-Jaafari avec qui il a déjà eu une « réunion préparatoire » vendredi.

M. de Mistura espère amener le régime et l’opposition à entrer dans un processus de discussions indirectes, avec des émissaires faisant la navette entre les deux. Ce processus pourrait s’étendre sur six mois, délai fixé par l’ONU pour aboutir à une autorité de transition qui organiserait des élections à la mi-2017.

Dimanche, après une « visite de courtoisie » à l’hôtel du HCN, il s’est dit « optimiste et déterminé » à poursuivre ses efforts. « C’est une occasion historique qui ne doit pas nous échapper. »

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry à Singapour, le 4 août 2015 (Crédit : AFP / POOL / BRENDAN SMIALOWSKI)
Le secrétaire d’Etat américain John Kerry à Singapour, le 4 août 2015 (Crédit : AFP / POOL / BRENDAN SMIALOWSKI)

Dans un rare message vidéo, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a aussi lancé un appel solennel aux ennemis syriens pour qu’ils « saisissent » cette occasion de mettre un terme à près de cinq ans d’une guerre meurtrière et destructrice.

Il a également appelé le régime du président Assad à permettre l’acheminement de l’aide humanitaires dans les villes assiégées, comme celle de Madaya, près de Damas où 43 personnes sont mortes de faim depuis le 1er décembre selon MSF.

En novembre, les puissances occidentales, la Russie, l’Iran, les pays arabes et la Turquie, ont relancé le processus de paix, deux ans après une première tentative, déjà à Genève, qui avait rapidement échoué.

Si tous ces pays disent vouloir l’arrêt des violences et la fin de l’EI, ils divergent fondamentalement sur le sort du président Assad, que la Russie et l’Iran soutiennent farouchement, alors que les autres souhaitent son départ.

Dimanche, la délégation de l’opposition a reçu la visite d’une dizaine d’ambassadeurs du camp anti-Assad, selon un de ses membres.

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