« L’Arche de Noé végétale » s’étoffe en plein cœur de l’Arctique
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« L’Arche de Noé végétale » s’étoffe en plein cœur de l’Arctique

La plus grosse réserve mondiale de semences recevra un arrivage, notamment d'Israël, pour préserver la biodiversité face aux périls, notamment climatiques

La Réserve mondiale de semences du Svalbard, une chambre forte souterraine sur l'île norvégienne du Spitzberg destinée à conserver dans un lieu sécurisé des graines de toutes les cultures vivrières de la planète et ainsi de préserver la diversité génétique. Le projet a été réalisé par l'architecte Peter W. Søderman1. (Crédit : Wikimedia Commons)
La Réserve mondiale de semences du Svalbard, une chambre forte souterraine sur l'île norvégienne du Spitzberg destinée à conserver dans un lieu sécurisé des graines de toutes les cultures vivrières de la planète et ainsi de préserver la diversité génétique. Le projet a été réalisé par l'architecte Peter W. Søderman1. (Crédit : Wikimedia Commons)

« L’Arche de Noé végétale », plus grosse réserve mondiale de semences située dans l’Arctique, doit accueillir mardi un important arrivage de semences, entreposées dans ses entrailles pour préserver la biodiversité face aux périls, notamment climatiques.

Plus de 60 000 échantillons de semences, propriété de 36 banques génétiques régionales et internationales, vont rejoindre la chambre forte enfouie dans une montagne près de Longyearbyen, le chef-lieu de l’archipel norvégien du Svalbard (Spitzberg), à un millier de kilomètres du Pôle Nord.

« A mesure que le rythme du changement climatique et que la perte de biodiversité augmentent, émerge une nouvelle urgence dans les efforts pour sauver les cultures vivrières menacées d’extinction », a déclaré Stefan Schmitz, directeur de la fondation Crop Trust, chargée de gérer la réserve.

« L’ampleur du dépôt de semences d’aujourd’hui (…) démontre un engagement mondial croissant (…) pour la conservation et l’utilisation de la diversité des cultures cruciale pour les agriculteurs dans leurs efforts d’adaptation à l’évolution des conditions de culture », a-t-il dit dans un communiqué.

Parmi les graines qui seront déposées par des institutions du Brésil, des Etats-Unis, d’Allemagne, du Maroc, du Mali, d’Israël ou encore de Mongolie figurent des cultures de base courantes mais aussi des variétés sauvages moins utilisées.

Étagères sur lesquels s’alignent les contenants de semences à la Réserve mondiale de semences du Svalbard, une chambre forte souterraine sur l’île norvégienne du Spitzberg destinée à conserver dans un lieu sécurisé des graines de toutes les cultures vivrières de la planète et ainsi de préserver la diversité génétique. (Crédit : Wikimedia Commons)

Cet arrivage va porter à environ 1,05 million le nombre de variétés entreposées dans les trois alcôves souterraines qui forment la « chambre forte du Jugement dernier », un autre surnom de la réserve.

Se voulant un filet de sécurité face aux catastrophes naturelles, aux guerres, au changement climatique, aux maladies ou encore aux impérities des hommes, la structure a vu le jour en 2008 grâce à un financement de la Norvège.

Son utilité a été crûment mise en lumière par le conflit syrien : en 2015, les chercheurs ont pu récupérer au Svalbard les doubles de graines disparues dans la destruction de la banque de gènes de la ville d’Alep.

Les Etats et institutions dépositaires restent propriétaires des semences et peuvent les récupérer à leur convenance.

Paradoxalement, la chambre forte a elle-même été rattrapée par le changement climatique : en 2016, elle a subi une infiltration d’eau au niveau du tunnel d’entrée en raison de la fonte du pergélisol, ce sol censé être gelé en permanence mais pourtant victime cette année-là de la hausse du thermomètre.

La Norvège a depuis financé des travaux pour accroître la résistance de la réserve dans un environnement appelé à devenir plus chaud et plus humide.

Selon les scientifiques, l’Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète.

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