Israël en guerre - Jour 196

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L’armée admet que les menaces des réservistes nuisent à son état de préparation

L'impact négatif se ressent particulièrement dans l'armée de l'air, en raison de l'ampleur des responsabilités incombant aux réservistes volontaires

Un pilote de l'armée de l'air israélienne se dirigeant vers son avion de chasse F-16 lors de l'exercice international de défense aérienne "Blue Flag" à la base aérienne d'Ovda, le 24 octobre 2021. (Crédit : Jack Guez/AFP)
Un pilote de l'armée de l'air israélienne se dirigeant vers son avion de chasse F-16 lors de l'exercice international de défense aérienne "Blue Flag" à la base aérienne d'Ovda, le 24 octobre 2021. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Le porte-parole en chef de l’armée israélienne a reconnu mardi que la menace lancée par des milliers de soldats de refuser de se présenter au service de réserve volontaire pour protester contre la refonte judiciaire du gouvernement a causé un certain préjudice à l’état de préparation de l’armée. Il a également averti que les divisions dans les rangs dues à la crise politique en cours pourraient mettre beaucoup de temps à se résorber.

« Vous avez posé des questions sur l’aptitude [militaire] – l’armée israélienne est prête pour la guerre, mais il y a des problèmes limités dans certains domaines », a déclaré le contre-amiral Daniel Hagari lors d’une interview sur Douzième chaîne. Il a précisé que l’armée de l’air israélienne était l’une des branches qui avait été particulièrement touchée par le refus des réservistes de se présenter pour effectuer leur service bénévole.

Hagari a parlé de l’école de pilotage de l’armée de l’air, où certains pilotes réservistes opposés à la refonte se portent volontaires en tant qu’instructeurs : « Des gens qui quittent tout, une fois par semaine, pour aller former les jeunes pilotes. Un grand nombre d’entre eux décident de ne pas venir ».

Le porte-parole de Tsahal a précisé que l’école de pilotage « fonctionne et continuera de fonctionner », mais il a mis en garde contre les dommages qui pourraient survenir si des pilotes possédant une « grande expertise » ne formaient pas leurs successeurs.

Hagari a déclaré que l’état-major de Tsahal s’efforçait de limiter les dégâts en organisant des réunions individuelles avec les réservistes. « Ils ont tous des lignes rouges différentes et voient les choses différemment, mais ils sont très sensibles à cette question ».

« C’est une période de turbulences dans le pays, et cela impacte Tsahal », a ajouté Hagari.

Le porte-parole de l’armée israélienne, le contre-amiral Daniel Hagari, s’adressant aux médias près de la frontière de Gaza, le 10 mai 2023. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

Ces commentaires font suite à un reportage publié la semaine dernière, selon lequel l’armée de l’air a réduit le nombre d’heures de vol dans une phase de sa formation de pilote d’hélicoptère, après que près de la moitié des instructeurs réservistes volontaires ont refusé de se présenter au travail en signe de protestation contre les projets de la coalition au pouvoir visant à affaiblir le système judiciaire.

Pendant plusieurs semaines, alors que le gouvernement avançait le premier grand projet de loi de sa refonte judiciaire, plus de 10 000 réservistes qui se présentaient fréquemment au service sur une base volontaire ont déclaré qu’ils ne le feraient plus. Les réservistes ont prévenu qu’ils ne pourraient pas servir dans un Israël non démocratique, ce qui selon eux, se passera si les projets de réforme du gouvernement se concrétisent.

On ignore combien de réservistes, parmi les 10 000, ont déjà cessé de se présenter au service volontaire. Les signataires d’une lettre de près de 1 200 réservistes de l’armée de l’air israélienne qui ont annoncé leur intention de mettre fin à leur service volontaire ont déclaré le mois dernier qu’environ 60 % d’entre eux avaient informé leurs commandants qu’ils ne se présenteraient plus au travail, après l’adoption du premier projet de loi sur la refonte du système judiciaire.

Les activités de routine de Tsahal reposent en grande partie sur les réservistes volontaires, en particulier les pilotes. Contrairement à la plupart des réservistes qui sont appelés à servir sur ordre officiel plusieurs jours par an, les pilotes et les autres forces spéciales sont censés s’entraîner et effectuer des missions plus fréquemment et de manière volontaire, en raison de la nature de leur poste.

L’armée de l’air et d’autres unités spécialisées comptent également sur ses anciens combattants pour se porter volontaires et former la nouvelle génération.

Les responsables de la défense affirment que les pilotes risquent de compromettre leurs compétences en interrompant leurs entraînements et qu’il faudra beaucoup de temps pour rétablir leurs capacités de vol.

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, Herzi Halevi, a appelé les réservistes protestataires à se présenter à leur poste, tout en affirmant que le refus de servir nuit à la sécurité nationale.

Le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Herzi Halevi (au centre), s’entretient avec de nouvelles recrues au centre d’incorporation militaire de Tel Hashomer à Ramat Gan, le 8 août 2023. (Crédit : Armée israélienne)

Les propos des élus d’extrême droite « nuisent à Tsahal »

Lors de l’interview accordée mardi à la Douzième chaîne, Hagari a également été interrogé sur les récentes prises de position de certains membres de la coalition, affiliés à l’extrême droite à l’encontre de hauts responsables de la sécurité qui ont évoqué la violence croissante de la part des résidents d’implantations en Cisjordanie.

« Ces commentaires font du tort à Tsahal et il serait préférable qu’ils ne soient pas prononcés. Les commandants et les soldats de Tsahal servent nuit et jour pour défendre Israël », a-t-il déclaré.

« Ce n’est pas seulement [le chef du commandement central de Tsahal, Yehuda Fox]. C’est aussi le reste des commandants, et en fin de compte, il les porte tous derrière lui », a-t-il ajouté.

Hagari a noté que les forces israéliennes ont intensifié leurs activités en Cisjordanie en raison de la détérioration continue de la situation sécuritaire, qui s’est traduite par des attentats perpétrés par des terroristes palestiniens ainsi que par une violence de la part de résidents d’implantations.

En règle générale, il y a 13 bataillons en Cisjordanie, mais au cours des 18 derniers mois, ce nombre a fluctué en raison d’une offensive anti-terroriste, à la suite d’une série d’attaques terroristes palestiniennes meurtrières, pour atteindre un maximum de 26 bataillons en octobre 2022.

Le général Yehuda Fox en visite sur le site d’une fusillade dans la ville de Huwara, en Cisjordanie, le 26 mars 2023. (Crédit : Armée israélienne)

Evoquant « la période très complexe que traverse la société israélienne », M. Hagari a également appelé à ce que l’armée israélienne reste « unie » et en dehors des débats politiques.

« L’aptitude peut être rétablie assez rapidement, mais la cohésion s’inscrit dans la durée ».

« Néanmoins, tous nos ennemis savent que Tsahal est une armée forte, capable de relever tous les défis », a insisté le porte-parole de l’armée.

Emanuel Fabian a contribué à cet article.

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