L’armée égyptienne nie qu’Israël mène en secret des raid aériens dans le Sinaï
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L’armée égyptienne nie qu’Israël mène en secret des raid aériens dans le Sinaï

Les militaires affirment que seul Le Caire est autorisé à opérer dans la péninsule, rejetant le reportage du New York Times sur l'aide secrète israélienne

Illustration : Les forces de sécurité égyptiennes dans le Sinaï, juillet 2013. (Mohamed El-Sherbeny /AFP)
Illustration : Les forces de sécurité égyptiennes dans le Sinaï, juillet 2013. (Mohamed El-Sherbeny /AFP)

Dimanche, l’armée égyptienne a démenti un reportage du New York Times de samedi selon lequel des drones, des avions de chasse et des hélicoptères de combat israéliens auraient lancé plus de 100 attaques aériennes contre des terroristes de l’État islamique dans le Sinaï, afin d’aider le Caire à faire face à l’insurrection djihadiste dans la péninsule.

« Seule l’armée égyptienne est autorisée à mener des opérations militaires dans des zones spécifiques du nord du Sinaï, en coopération avec la police civile », a déclaré le porte-parole militaire égyptien Tamer al-Rifa au site d’information russe Spoutnik.

Selon le rapport américain, Israël, alarmé par la menace de l’autre côté de la frontière, a accepté d’agir avec la bénédiction du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, alors que l’Égypte s’efforçait de faire face au soulèvement violent qui a tué des centaines de civils et de membres des forces de sécurité égyptiennes. « Autrefois ennemis dans trois guerres, puis adversaires d’une paix difficile, l’Egypte et Israël sont maintenant des alliés secrets dans une guerre secrète contre un ennemi commun », a déclaré le journal.

Bien que l’étroite coordination sécuritaire entre Jérusalem et Le Caire soit de notoriété publique, les relations sont encore impopulaires en Égypte, malgré près de trois décennies de paix. Pour que la coopération reste discrète, les avions israéliens sont souvent banalisés et utilisent parfois des routes indirectes pour tenter de dissimuler l’origine des frappes, selon le rapport.

Selon le rapport, M. Sissi a gardé secrètes les frappes israéliennes. Seul un petit groupe de responsables militaires et du renseignement était au courant de la coopération. L’Egypte a déclaré le nord du Sinaï zone militaire fermée, empêchant l’accès aux journalistes de la région.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre le Président égyptien Abdel Fattah al-Sissi à New York, le 19 septembre 2017 (Avi Ohayun)

Les responsables israéliens et égyptiens ont refusé de confirmer ou de commenter le rapport, qui, selon le journal, était basé sur des entretiens avec sept responsables britanniques et américains, anciens ou actuels, impliqués dans la politique du Moyen-Orient, tous parlant sous couvert d’anonymat.

Le rapport cite des responsables américains qui affirment que la campagne aérienne israélienne a joué un rôle décisif en permettant aux forces armées égyptiennes de prendre le dessus sur les djihadistes. La collaboration israélo-égyptienne « est la preuve la plus spectaculaire à ce jour d’une reconfiguration silencieuse de la politique de la région », a déclaré le New York Times, dans laquelle les préoccupations partagées au sujet de l’État islamique, de l’Iran et de l’extrémisme islamique « ont tranquillement amené les dirigeants de plusieurs États arabes à s’aligner de plus en plus sur Israël – alors même que leurs responsables et les médias continuent de vilipender l’État juif en public ».

Selon les sources américaines, Israël a commencé ses frappes aériennes après la prise d’une ville du nord du Sinaï par les islamistes et le crash d’un avion charter russe au-dessus du Sinaï en octobre 2014, qui a fait 224 victimes. Ils ont déclaré qu’Israël avait réussi à éliminer les terroristes.

A la suite des frappes israéliennes, les islamistes ont ralenti leur progression et se sont tournés vers des cibles plus faciles, comme les mosquées et les églises, selon le rapport.

Cependant, Israël s’est plaint aux Etats-Unis que l’Egypte ne respecte pas sa part de l’accord et que le Caire était censé donner suite aux attaques aériennes en envoyant des forces terrestres dans la région.

Selon le rapport, la dépendance de l’Égypte à l’égard de l’aide israélienne dans le Sinaï a permis de comprendre pourquoi le gouvernement Netanyahu était si réticent aux propositions de paix de l’administration Obama, selon lesquelles l’Égypte et la Jordanie aideraient Israël à garantir sa sécurité si il renonçait au plein contrôle du territoire adjacent pour un État palestinien.

Lorsque le secrétaire d’État de l’époque, John Kerry, a proposé ce type d’accord régional, le Premier ministre Benjamin Netanyahu « s’est moqué de l’idée », indique l’article de samedi. « L’armée israélienne soutient déjà l’armée égyptienne, a-t-il dit, selon les Américains. Si l’Égypte n’est pas en mesure de contrôler le sol à l’intérieur de ses frontières, a fait valoir M. Netanyahu, elle n’est guère en mesure de garantir la sécurité d’Israël. »

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