L’armée rase deux maisons israéliennes illégales dans un avant-poste en zone B
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L’armée rase deux maisons israéliennes illégales dans un avant-poste en zone B

La Haute Cour a autorisé la semaine dernière la démolition des structures juives illégales, comme Kumi Ori, dans les zones de Cisjordanie contrôlées par les Palestiniens

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Les forces israéliennes rasent deux maisons illégales juives à l'avant-poste de Kumi Ori, le 15 janvier 2020. (Elazar Riger)
Les forces israéliennes rasent deux maisons illégales juives à l'avant-poste de Kumi Ori, le 15 janvier 2020. (Elazar Riger)

Tôt mercredi matin, les forces de sécurité ont rasé deux maisons de résidents juifs construites illégalement dans un avant-poste tendu situé dans le nord de la Cisjordanie.

Une des maisons démolies appartenait à la famille de Neria Zarog, un « extrémiste violent » qui a inspiré des attaques contre des Palestiniens et les forces israéliennes, selon un responsable de la sécurité qui s’est adressé au Times of Israel le mois dernier.

Quelque 450 agents de la police des frontières accompagnés d’inspecteurs de l’Administration civile – l’organe du ministère de la Défense qui autorise les constructions en Cisjordanie – ont participé aux démolitions de l’avant-poste de Kumi Ori, au sud-est de l’implantation de Yitzhar.

Des dizaines de jeunes résidents juifs sont arrivés à l’avant-poste peu après la venue des forces de l’ordre à 5 heures 30 et ont commencé à affronter les agents de la police des frontières en lançant des pierres. Un émeutier a été arrêté pour avoir agressé un officier, d’après un porte-parole de la police.

Les soldats de Tsahal ont mis en place des barrages routiers à plusieurs grands carrefours dans le nord de la Cisjordanie pour empêcher d’autres manifestants de se rendre à l’avant-poste.

La démolition a duré environ deux heures, mais des jeunes israéliens ont été filmés en train de commencer la reconstruction des deux maisons familiales peu après le départ des forces de sécurité.

La destruction a eu lieu une semaine après le rejet par la Haute Cour de justice d’une requête d’un des propriétaires, qui soutenait qu’Israël n’avait pas le droit de démolir une structure dans la zone B – la section de la Cisjordanie sous contrôle civil de l’Autorité palestinienne selon les Accords d’Oslo de 1995.

Le tribunal a statué que bien qu’Israël n’ait pas le pouvoir d’accorder des permis de construire dans cette zone, il peut démolir les maisons illégales construites par des Israéliens dans cette zone.

La police des frontières arrive à l’avant-poste de Kumi Ori pour raser deux maisons illégales, le 15 janvier 2020. (Elazar Riger)

« Nous vivons ici dans la Terre d’Israël et nous ne l’abandonnerons pas. Peu importe à quel point ils se battent contre nous, que ce soit dans la zone A ou B [sous contrôle palestinien], la Terre d’Israël nous appartient en totalité », a déclaré Aaron Gozlan, l’un des propriétaires des maisons au site d’information de droite HaKol HaYehudi.

L’autre maison rasée mercredi appartenait à la famille de Neria Zarog, âgé de 21 ans.

En septembre, le chef du commandement central de Tsahal, Nadav Padan, a signé une ordonnance administrative interdisant à Zarog de se rendre à Kumi Ori et dans le nord de la Cisjordanie.

Ce père de trois enfants a ouvertement violé la directive, refusant de quitter son domicile, mais la police ne l’a arrêté que deux mois plus tard. Zarog a été incarcéré pendant plusieurs jours, car il refusait d’accepter les conditions de sa libération, avant d’être finalement relâché sans condition.

Des soldats israéliens arrêtent un manifestant lors de la démolition de deux maisons illégales à l’avant-poste de Kumi Ori, le 15 janvier 2020. (Elazar Riger)

L’avant-poste illégal de Kumi Ori situé à proximité d’Yitzhar a servi « [d’]appel d’air » qui a entraîné une augmentation des attaques contre les Palestiniens et les forces de sécurité israéliennes au cours des derniers mois, a expliqué le responsable de la sécurité. L’avant-poste abrite sept familles ainsi qu’une dizaine d’adolescents israéliens extrémistes connus sous le nom de « Jeunes des Collines ».

L’armée israélienne a décrété la localité sauvage « zone militaire fermée » en octobre après qu’un certain nombre de jeunes juifs qui y vivaient ont été impliqués dans une série d’attaques violentes contre des Palestiniens et les forces de sécurité.

Un détachement de la police des frontières a depuis été envoyée à l’avant-poste pour faire respecter l’ordre de l’armée israélienne, provoquant un pic de tensions entre les forces de sécurité et les habitants d’Yitzhar ainsi que des avant-postes environnants.

La police des frontières arrive à l’avant-poste de Kumi Ori pour raser deux maisons illégales, le 15 janvier 2020. (Elazar Riger)
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