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L’armée renforce sa campagne dans le sud de Gaza

Le bilan des morts, du côté de Tsahal, passe à 83 ; selon l'ONU, 80 % de la population de la bande a été déplacée ; les États-Unis s'attendraient à une fin des combats les plus lourds au mois de janvier

Une photo prise dans le sud d'Israël, près de la frontière avec la bande de Gaza, montre de la fumée s'élever après des frappes israéliennes dans la guerre opposant Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, le 5 décembre 2023. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
Une photo prise dans le sud d'Israël, près de la frontière avec la bande de Gaza, montre de la fumée s'élever après des frappes israéliennes dans la guerre opposant Israël et le Hamas dans la bande de Gaza, le 5 décembre 2023. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Les troupes israéliennes se sont livrées à des combats intenses contre les terroristes du Hamas à Gaza, dans la nuit de mardi et jusqu’à mercredi matin – tout en tentant de minimiser les dégâts essuyés par les civils et par les infrastructures civiles dans le sud de l’enclave côtière, une région actuellement surpeuplée.

Mercredi matin, l’armée israélienne a indiqué que les soldats avaient pris part à des batailles féroces sur le terrain et que l’armée de l’air avait frappé plus de 250 cibles au cours des dernières vingt-quatre heures.

La 7e Brigade des blindés a orienté les bombardements aériens vers deux lanceurs de roquettes utilisés pour procéder à des tirs de barrage en direction du centre d’Israël, mardi, a noté l’armée dans un communiqué, ajoutant que plusieurs membres du Hamas et du Jihad islamique palestinien avaient été touchés à cette occasion ainsi que leurs infrastructures.

Dans le nord de la bande, où la brigade d’infanterie Kfir a commencé ses opérations pour la toute première fois depuis le retrait de l’État juif de la bande, en 2005, les militaires ont tué un groupe de terroristes du Hamas aux abords d’une école, a expliqué Tsahal qui a ajouté qu’un puits de tunnel détruit et des armes avaient été ensuite découverts dans le secteur. Les soldats ont aussi trouvé des armements dans une école alors qu’ils menaient des opérations dans le nord de l’enclave.

L’armée a aussi annoncé, mercredi matin, la mort de deux réservistes.

Le sergent de première classe Yehonatan Malka, 23 ans, originaire de Beer Sheva, qui appartenait au 82e Bataillon de la 7e Brigade des blindés, a été tué alors qu’il combattait à Gaza. Le bilan des victimes tombées au combat pendant l’incursion terrestre à Gaza est dorénavant de 83.

Le lieutenant-colonel Yochai Gur Hershberg, âgé de 52 ans, qui habitait Havat Philip et qui était commandant d’une unité de la 98e Division chargée de retrouver les portés-disparus, a pour sa part trouvé la mort dans un accident de voiture dans le cadre de sa mission militaire dans le sud d’Israël.

Cette photo composite montre le sergent de première classe (rés.) Yehonatan Malka (à gauche) et le lieutenant-colonel (rés.) Yochai Gur Hershberg, dont l’armée israélienne a annoncé la mort, le 6 décembre 2023. (Crédit : Armée israélienne)

Dans la soirée de mardi, Daniel Hagari, le porte-parole de Tsahal, a affirmé que l’offensive au sol d’Israël dans le sud de la bande de Gaza était la preuve que le pays respecte le droit international en tentant de protéger au mieux le plus grand nombre de civils.

« Nous prouvons que nos forces encerclent le centre de Khan Younès tout en respectant le droit international (…). Nous montrons au monde que nous pouvons le faire, simultanément à nos initiatives prises en matière d’humanitaire », a-t-il déclaré.

« Cela nous permettra de gérer les combats dans le temps. Pour frapper un groupe terroriste qui utilise des civils comme boucliers humains et qui se cache sous terre, nous avons besoin de temps », a-t-il ajouté.

L’armée pense qu’un grand nombre des dirigeants du Hamas se cachent à Khan Younès après avoir fui le nord de Gaza, au début de la guerre, et que de nombreux otages qui se trouvent entre les mains du groupe terroriste après avoir été enlevés, le 7 octobre, sot également retenus en captivité là-bas.

Le nombre d’otages encore en détention à Gaza est passé de 137 à 138 après des renseignements militaires qui ont permis de conclure qu’une personne qui avait été portée-disparue depuis le massacre du Hamas, le 7 octobre, avait été enlevée. Un chiffre qui comprend deux civils israéliens qui étaient entrés au sein de l’enclave côtière de leur propre gré en 2014 et en 2015 respectivement – Avera Mengistu, un Juif d’origine éthiopienne, et Hisham Al-Sayed, un Bédouin musulman – ainsi que les dépouilles de deux soldats tués en 2014, Oron Shaul et Hadar Goldin.

Sur les 240 personnes qui, selon les estimations, ont été prises en otage pendant l’assaut du 7 octobre, 110 ont été libérées pendant une trêve temporaire de sept jours, la semaine dernière – un cessez-le-feu qui a été rompu par le Hamas, relançant les combats.

Qualifiant de « héros » les otages, Hagari a ajouté, mardi soir, qu’ils « ont agi avec courage, avant et après [avoir été libérés]. Ils ont combattu de lâches et ignobles terroristes qui ont pris des enfants et des femmes en otage à Gaza ».

Des Palestiniens dans un camp temporaire près de la frontière égyptienne à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 5 décembre 2023.(Crédit : Atia Mohammed/Flash90)

Si Hagari a annoncé que l’armée s’attendait à « une longue guerre à Gaza », les États-Unis estimeraient, pour leur part, que l’État juif est en mesure de terminer ses opérations militaires à grande échelle dans le sud de la bande d’ici le mois de janvier, optant par la suite pour des attaques de précision qui prendraient pour cible des terroristes et des leaders du Hamas plus spécifiques.

Citant de multiples officiels de l’administration américaine, mardi soir, CNN a indiqué que la la Maison Blanche s’inquiétait du déroulement de l’offensive de Tsahal dans les semaines à venir et qu’elle a demandé à Israël de limiter les dégâts et d’éviter de faire des victimes civiles.

Selon un haut responsable cité par CNN, Israël n’a pas été forcément « réceptif » aux conseils américains.

Un officiel de premier plan de l’administration a également déclaré qu’il était peu probable qu’Israël atteigne son objectif – empêcher le Hamas de mener une autre attaque comme celle du 7 octobre – d’ici la fin de l’année, ajoutant que les forces israéliennes continueraient à poursuivre cet objectif dans le cadre d’une « campagne à plus long terme » lorsque les combats passeront à une nouvelle phase.

« Nous resterons dans une phase d’opérations à haute intensité dans les semaines à venir, avant de passer selon toute vraisemblance à des opérations de plus basse intensité », a déclaré un responsable israélien à CNN, confirmant la transition attendue.

La semaine dernière, le Secrétaire d’État américain Antony Blinken a fait savoir au cabinet de guerre d’Israël qu’il n’aurait manifestement pas des mois devant lui pour éliminer le Hamas, alors que les pressions nationales et internationales exhortent l’administration du président américain Joe Biden à mettre fin à la guerre.

Mardi soir, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a aussi fait allusion à des pressions attendues de la part des États-Unis en faveur d’une fin des combats, dans un avenir proche.

S’adressant « à nos amis, dans le monde entier, qui nous poussent à terminer rapidement la guerre », Netanyahu a déclaré que « la seule manière pour nous d’y mettre un terme – et rapidement – est d’utiliser une force écrasante contre le Hamas, une force écrasante qui permettra de le détruire ».

Il a aussi salué les résultats obtenus dans la bande de Gaza, disant qu’Israël avait tué « presque la moitié des commandants des bataillons du Hamas ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche), le ministre de la Défense Yoav Gallant (au centre) et le ministre Benny Gantz prononcent une allocution le 5 décembre 2023. (Capture d’écran : PMO)

Le groupe terroriste aurait 24 bataillons qui combattent à Gaza.

« Nous réglons nos comptes avec ceux qui ont kidnappé, participé, assassiné, massacré, violé et brûlé vives les filles de notre peuple. Nous n’oublierons pas et nous ne pardonnerons pas », a-t-il dit.

Alors que l’opération terrestre a continué au cours des derniers jours, « la terre a tremblé » à Khan Younès et à Jabaliya — « nous avons encerclé les deux… Il n’y a nulle part où nous ne soyons pas en mesure de pénétrer. »

L’armée et le Shin Bet ont révélé l’existence d’une photo qui n’avait jamais été vue jusqu’à présent, montrant de hauts-responsables du Hamas à l’intérieur des tunnels du groupe, dans le nord de l’enclave côtière.

L’image montre le haut-commandant de la Brigade du nord de la bande de Gaza assis dans une pièce étroite, autour d’une table où il s’apprête manifestement à manger – elle daterait d’il y a déjà quelques mois. Même s’il y a du carrelage au sol et que les murs sont soignés, une arche, à l’arrière, signale que la pièce fait partie du vaste réseau souterrain du groupe terroriste.

Cette image obtenue par l’armée israélienne montre les commandants de la Brigade du nord de Gaza dans un tunnel. La photo a été diffusée par l’armée israélienne et le Shin Bet, le 5 décembre 2023. (Autorisation)

Selon l’armée, cinq personnes figurant sur le cliché ont été tuées par des frappes israéliennes depuis le début de la guerre – et notamment Wael Rajab, commandant-adjoint de la brigade du nord à Gaza.

Une vidéo montre également Rajab marchant dans un tunnel.

Des images qui, selon l’armée, ont été obtenues suite à des matériels divers qui ont été saisis par les soldats au sein de l’enclave côtière, des matériels qui ont ensuite été analysés par l’administration des renseignements militaires.

De son côté, l’offensive aérienne et terrestre qui ne cesse de s’élargir a déplacé des dizaines de milliers de Palestiniens de plus, compliquant encore la situation humanitaire déjà difficile à Gaza. Les Nations unies ont annoncé que 1,87 millions de personnes – soit plus de 80 % de la population – avaient dû quitter leur domicile depuis le 7 octobre.

L’ONU a averti, mardi soir, que seules des quantités limitées d’aides humanitaires parvenaient à accéder à la région de Rafah, dans le sud de la bande, en raison des hostilités intenses et que tous les services de télécommunication étaient dorénavant en panne en raison de coupures dans les principaux réseaux de la fibre.

Le porte-parole de l’institution, Stéphane Dujarric, a indiqué que cent camions d’aides humanitaires seulement et 69 000 litres de fioul étaient entrés à Gaza depuis l’Égypte, lundi, environ la même quantité que dimanche, ce qui est bien en-deçà de la moyenne de 170 camions et de 110 000 litres de carburant qui étaient arrivés sur le sol de Gaza pendant la pause humanitaire qui a eu lieu du 24 au 30 novembre, a-t-il fait remarquer.

Dujarric a cité Lynn Hastings, coordinatrice humanitaire dans les territoires palestiniens, qui a fait savoir que « les refuges n’ont plus de place, le système de soins est sur les genoux et il y a une pénurie d’eau potable propre, il n’y pas d’assainissement approprié et la population a seulement accès à une alimentation médiocre ».

Des Palestiniens dans un camp temporaire près de la frontière égyptienne à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 5 décembre 2023.(Crédit : Atia Mohammed/Flash90)

Sur X, le COGAT, l’instance israélienne qui coordonne les livraisons d’aides humanitaires, a cité l’affirmation faite par Hastings – qui a donc déclaré que la délivrance d’aides n’existait pas – et il a publié une photo montrant une file de dizaines de camions attendant à l’extérieur de la bande.

« Les conditions nécessaires pour livrer les aides à la population de Gaza existent. Nous avons mis en place la logistique nécessaire pour ce faire. Maintenant, les Nations unies doivent suivre », a-t-il écrit.

Dujarric a dit qu’il n’y avait aucun endroit sûr à Gaza et que « les lieux protégés par le drapeau des Nations unies ne sont pas sûrs non plus ». Le principal fournisseur en matière de télécommunications, à Gaza, a annoncé l’arrêt de tous ses services dans la soirée de lundi, a-t-il noté.

La guerre qui oppose Israël au Hamas a été lancée après l’assaut meurtrier mené par des terroristes du Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre. 1 200 personnes ont été massacrées du côté israélien. Des familles ont été exécutées dans leurs habitations et des jeunes ont été massacrés alors qu’ils participaient à une rave-party organisée dans le désert. 240 personnes ont été par ailleurs enlevées par les hommes armés. Elles sont depuis retenues en captivité au sein de la bande de Gaza.

En riposte, Israël a juré d’éliminer le Hamas de la bande de Gaza – que le groupe dirige depuis 2007 – et l’État juif a lancé une campagne aérienne suivie d’une incursion au sol.

Le ministère de la Santé dirigé par le Hamas a fait savoir mardi que plus de 16 000 personnes avaient perdu la vie à Gaza depuis le début de la guerre – des chiffres qui ne peuvent pas être vérifiés de manière indépendante et qui ne font pas la différence entre les civils et les membres du groupe terroriste, et qui comptent aussi les victimes des roquettes défaillantes qui, lancées vers le territoire israélien, sont retombées dans la bande

Selon les estimations des militaires, environ 5000 membres du Hamas ont été tués au sein de l’enclave côtière en plus de plus de mille terroristes abattus sur le sol israélien pendant et immédiatement après l’assaut du 7 octobre.

L’AFP a contribué à cet article.

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