L’armée renvoie un réserviste qui a refusé de réveiller ses troupes trop fatiguées pour un entraînement
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L’armée renvoie un réserviste qui a refusé de réveiller ses troupes trop fatiguées pour un entraînement

Le commandant de compagnie avait affirmé que ses soldats n'avaient pas dormi la durée requise par l'armée, ce qui créait un risque d'accidents

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des réservistes de l'armée israélienne s'entraînent, le 21 mars 2017. (Crédit : porte-parole de l'armée israélienne)
Des réservistes de l'armée israélienne s'entraînent, le 21 mars 2017. (Crédit : porte-parole de l'armée israélienne)

Le chef du Commandement du nord de l’armée israélienne a renvoyé un commandant de compagnie réserviste dimanche, après qu’il a refusé de réveiller ses soldats pour un entraînement la semaine dernière.

Durant la dernière nuit d’un exercice de plusieurs jours à la Réserve de la Brigade Yiftah, le major Meni Eytan a reçu l’ordre de réveiller ses soldats pour un entraînement nocturne. Il a refusé, au motif que les soldats n’avaient pas dormi les 6 heures requises par le protocole de l’armée afin d’être en mesure de conduire le lendemain.

La règle des 6 heures de sommeil a été instaurée afin d’empêcher des soldats épuisés de faire des accidents, ce qui reste une cause majeure des décès au sein de l’armée.

« Ils ont dormi 3 heures, après une ‘semaine de guerre’ (exercice) durant laquelle nous les avons durement traités », a déclaré Eytan à la Dixième chaîne dimanche, après qu’il a appris son renvoi.

Le 25 mai, on a répondu à Eytan que ses soldats rattraperont tout le sommeil dont ils ont besoin une fois l’entraînement terminé. Cependant, il a insisté que ce repos ait lieu avant et non après l’entraînement.

Sa requête n’a pas été entendue, mais Eytan a ignoré les ordres et a laissé ses soldats dormir. Ses supérieurs ont immédiatement demandé sa démission pour insubordination, mais cette mesure a été suspendue le temps que le général de division Yoel Strick, chef du Commandement du nord, mène l’enquête.

Eytan a déclaré à la Dixième chaîne que le chef de la Brigade Yiftah avait menti durant l’enquête, lorsqu’il a dit que les soldats auraient pu rattraper leur sommeil, car « ils n’avaient nul par où dormir à la base ».

Dans les jours qui ont suivi l’incident, Eytan est devenu une sorte de cause célèbre sur les réseaux sociaux. Une pétition en ligne en sa faveur a été créée, et a rassemblé des centaines de signatures en quelques jours.

Ses soldats et anciens soldats l’ont décrit comme un commandant dévoué, soucieux du bien-être de ses troupes. La femme d’Eytan a rédigé une publication très largement partagée et « likée » sur Facebook, dans laquelle elle décrit sa dévotion et écrit qu’il ne connait que trop bien les dangers de la conduite, étant donné qu’il a perdu sa sœur dans un accident de la route.

Mais dimanche, Strick s’est rangé du côté des supérieurs d’Eytan, qui ont appelé à son renvoi, et a mis un terme à sa longue carrière de commandant de compagnie réserviste.

« Le général a évoqué les nombreuses années en tant que commandant de compagnie », a déclaré l’armée dans un communiqué, mais a déterminé que le refus d’Eytan allait à l’encontre des attentes d’un commandant de compagnie, et « nuit à la nature de la confiance du bataillon dans le combat ».

L’armée a ajouté que « des leçons seront tirées » de cet incident pour l’avenir.

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