L’armée simule une guerre avec le Hezbollah, premier exercice pour Aviv Kochavi
Rechercher

L’armée simule une guerre avec le Hezbollah, premier exercice pour Aviv Kochavi

L'armée a indiqué que l'exercice de 5 jours, qui a simulé un combat contre les groupes terroristes du sud-Liban, est le plus important depuis 2017

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats israéliens participent à un exercice militaire d'envergure contre le groupe terroriste du Hezbollah, au Liban, en juin 2019. (Crédit : armée israélienne)
Des soldats israéliens participent à un exercice militaire d'envergure contre le groupe terroriste du Hezbollah, au Liban, en juin 2019. (Crédit : armée israélienne)

L’armée israélienne a mené cette semaine un exercice d’envergure pour simuler une guerre contre le groupe terroriste du Hezbollah – le plus important exercice en deux ans. Il s’agit du premier exercice du nouveau chef d’état-major de l’armée, Aviv Kochavi.

L’exercice de cinq jours, intitulé « Première récolte », a commencé dimanche, avec la mobilisation des forces terrestres, aériennes et marines, qui ont simulé des combats sur plusieurs fronts.

« L’exercice a formé les troupes à un combat mobilisant plusieurs branches de l’armée dans un champ de bataille urbain, contre un ennemi qui disparaît, qui creuse [des infrastructures] souterraines et qui est équipé d’armement sophistiqué », a déclaré l’armée dans un communiqué.

L’armée a déclaré qu’il s’agissait du plus grand exercice depuis « Lumière du Grain » en 2017, qui était déjà le plus grand exercice militaire en 20 ans.

En plus des manœuvres d’attaque, l’armée a également simulé un « tir de roquette à grande échelle », que les unités de l’Armée de l’air « devait repérer et intercepter ». Le Hezbollah posséderait un arsenal de 100 000 roquettes et obus de mortiers et plusieurs missiles de précision.

L’armée israélienne pense que des milliers de ces projectiles explosifs de différentes portées pleuvront sur le pays lors d’une future guerre. La plupart de ces roquettes, assez imprécises, tomberont dans des terrains vagues, mais un nombre important de projectiles pourraient causer d’importants dégâts et faire des victimes en Israël, notamment à des emplacements stratégiques.

Cet entraînement est organisé en parallèle d’un exercice d’envergure de l’Armée de l’air simulant des combats sur plusieurs fronts.

Les services de renseignements israélien et occidentaux ont averti cette semaine que le Hezbollah, qui agit pour le compte de l’Iran, pourrait chercher à attaquer Israël afin de renforcer sa pression sur les Etats-Unis dans un contexte de tensions entre la République islamique et la Maison-Blanche suite aux sanctions handicapantes imposées depuis que Washington s’est retiré de l’accord sur le nucléaire iranien.

L’armée a déclaré que cet exercice faisait partie de ses programmes d’entraînement annuels.

Des milliers de soldats d’infanterie ont participé à l’exercice, aux côtés d’unités blindées et d’autres forces terrestres.

« L’exercice présente une opportunité pour les troupes de l’armée israélienne afin de gagner en expérience et en capacités professionnelles sur plusieurs aspects, avec des modes de combat moderne et des simulations d’une variété de scénario. L’objectif est de renforcer au maximum les troupes, tout en incorporant d’autres branches [de l’armée] et de continuer à améliorer le niveau de préparation de l’armée à la guerre », a expliqué le général de brigade Nadav Lotan, chef de la base d’entrainement des forces terrestres.

En plus des forces terrestres, des centaines de drones, d’hélicoptères et d’avions de chasse ont été mobilisés nuit et jour pendant l’exercice.

Des soldats israéliens participent à un exercice militaire d’envergure contre le groupe terroriste du Hezbollah, au Liban, en juin 2019. (Crédit : armée israélienne)

« L’exercice avait pour but d’améliorer la condition physique et la préparation des troupes [de l’Armée de l’air] à des scénarios de combats intenses, à des frappes importantes et nombreuses en peu de temps et à l’amélioration des relations entre l’Armée de l’air et les forces terrestres », a déclaré l’armée.

Un certain nombre de navires et d’unités de la marine ont également participé à l’exercice, notamment des sous-marins, des missiles et des patrouilleurs, qui simulaient le type de combat auquel ils seraient probablement confrontés dans une guerre au Liban.

Un navire de la marine israélienne participe à un exercice militaire d’envergure contre le groupe terroriste du Hezbollah, au Liban, en juin 2019. (Crédit : armée israélienne)

Afin de faciliter la coopération entre les troupes au sol, l’Armée de l’air et la Marine, l’armée a également testé plusieurs nouveaux outils de communication, a ajouté l’armée.

Israël a mené deux guerres au Liban, une en 1982 contre des groupes terroristes palestiniens et la seconde en 2006 contre le Hezbollah. L’armée israélienne considère que la Seconde guerre du Liban a connu un grand nombre d’échecs et une mauvaise gestion, provoquée par des problèmes de communication et une préparation insuffisante à la guerre.

Ces lacunes ont servi de points de repère pour une amélioration au cours des treize années qui se sont écoulées depuis.

Le chef d’état-major Aviv Kochavi pendant un exercice militaire d’envergure contre le groupe terroriste du Hezbollah, au Liban, en juin 2019. (Crédit : armée israélienne)

Le Hezbollah, avec son arsenal de roquettes plus important que celui de nombreuses armées nationales et ses milliers de combattants bien entraînés par les combats en Syrie, est considéré par l’armée israélienne comme sa principale menace dans la région. L’armée mesure donc son état de préparation en fonction des capacités du groupe terroriste soutenu par l’Iran.

Si les officiers militaires voient souvent un futur conflit avec le Hezbollah comme une question hypothétique mais probable, de récentes évaluations de l’armée israélienne indiquent que le groupe terroriste n’était pas intéressé par une reprise de la guerre avec Israël.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...