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L’assassinat de Baghdadi a réussi malgré Trump, pas grâce à lui – NYT

L'armée US et le renseignement cités dans l'article disent que le retrait de Syrie a mis en danger la mission ; le chef de l'EI aurait été localisé grâce à sa femme et un coursier

Sur cette photo fournie par la Maison Blanche, le président américain Donald Trump est entouré de Robert O'Brien, conseiller à la sécurité nationale, du vice-président Mike Pence, du secrétaire à la Défense Mark Esper, du président des chefs d'état-major interarmées Mark Milley et du général Marcus Evans, directeur adjoint pour les opérations spéciales à la Maison blanche, le 26 octobre 2019 à Washington, dans la Salle de Crise. (Shealah Craighead/La Maison Blanche via AP)
Sur cette photo fournie par la Maison Blanche, le président américain Donald Trump est entouré de Robert O'Brien, conseiller à la sécurité nationale, du vice-président Mike Pence, du secrétaire à la Défense Mark Esper, du président des chefs d'état-major interarmées Mark Milley et du général Marcus Evans, directeur adjoint pour les opérations spéciales à la Maison blanche, le 26 octobre 2019 à Washington, dans la Salle de Crise. (Shealah Craighead/La Maison Blanche via AP)

Les responsables militaires américains ont déclaré que l’opération qui a abouti à l’assassinat du chef de l’Etat islamique Abu Bakr al-Baghdadi a réussi non pas grâce au président américain Donald Trump, mais malgré ses actions, selon un rapport, dimanche.

M. Trump s’est félicité du succès de l’audacieux raid nocturne mené samedi soir par les forces spéciales américaines dans le nord-ouest de la Syrie, affirmant lors d’une conférence de presse dimanche que Baghdadi était mort « comme un chien » et que le résultat était plus important que le meurtre du cerveau du 11 septembre 2001, Oussama ben Laden, sous le gouvernement Obama.

Selon le New York Times, cependant, le raid était planifié depuis des mois, mais la récente décision de Trump de retirer les troupes américaines du nord de la Syrie « a perturbé la planification méticuleuse et forcé les responsables du Pentagone à poursuivre un raid nocturne risqué avant que leur capacité de contrôler les troupes, les espions et les avions de reconnaissance disparaisse ».

La mort de Baghdadi « s’est produite en grande partie en dépit des actions de M. Trump », selon le rapport, citant des responsables militaires, du renseignement et du contre-terrorisme.

Il y est également indiqué que les informations sur l’emplacement général de Baghdadi ont été fournies par l’une de ses épouses, qui a été arrêtée et interrogée pendant l’été, ainsi que par un coursier qui a été interrogé de façon similaire.

Cette image, réalisée à partir d’une vidéo diffusée sur un site Web militant le 29 avril 2019, est censée montrer le chef du groupe de l’État islamique, Abu Bakr al-Baghdadi, interviewé par le média Al-Furqan de son groupe. (Al-Furqan media via AP)

Selon les responsables cités dans le rapport, les informations sur l’endroit où se trouvait le chef terroriste provenaient principalement des Kurdes syriens et irakiens qui ont continué à transmettre les renseignements à la CIA, même après que Trump eut annoncé le retrait – une mesure perçue par beaucoup comme un abandon des alliés kurdes des États-Unis.

L’armée américaine a annulé au moins deux fois les tentatives d’élimination de Baghdadi « à la dernière minute », selon le rapport.

Longtemps recherché par la coalition dirigée par les Etats-Unis contre l’EI, Baghdadi a été signalé comme étant mort plusieurs fois au cours des dernières années.

Baghdadi – un Irakien dont on pense qu’il est âgé d’environ 48 ans – ne se faisait que rarement voir.

Après 2014, il a disparu de la circulation, n’apparaissant dans une vidéo qu’en avril avec une barbe grise et rouge et un fusil d’assaut à ses côtés, alors qu’il encourageait les fidèles à « se venger » de la défaite territoriale du groupe.

Le Département d’Etat américain avait annoncé une récompense de 25 millions de dollars pour des informations sur sa localisation.

La mort de Baghdadi est un grand coup de pouce pour Trump, dont la décision abrupte de retirer un petit mais néanmoins efficace déploiement des forces américaines de Syrie a fait craindre qu’il ne donne une chance aux vestiges de l’État islamique et aux cellules dormantes de se reconstituer.

Trump a essuyé une tempête de critiques, y compris de la part de son propre parti républicain, habituellement loyal.

Dans son discours télévisé depuis la Maison Blanche, M. Trump a déclaré que les forces américaines avaient tué un « grand nombre » de combattants de l’État islamique au cours du raid, qui a culminé avec la prise de Baghdadi dans un tunnel, où il a déclenché un gilet suicide.

« Il s’est suicidé en déclenchant son gilet explosif », a expliqué Trump.

« Il est mort après sa fuite dans un tunnel sans issue, en gémissant, en pleurant et en criant jusqu’au bout », a dit M. Trump, ajoutant que trois des enfants de Baghdadi étaient également morts dans cette explosion.

M. Trump a déclaré que le raid – qui a nécessité plus d’une heure de vol en hélicoptère aller-retour depuis une base non divulguée – avait été réalisé avec l’aide de la Russie, la Syrie, la Turquie, et l’Irak.

A son apogée, l’Etat islamique contrôlait des pans entiers de l’Irak et de la Syrie dans un Etat auto-proclamé connu sous le nom de califat, caractérisé par l’imposition violente d’une version puritaine de l’islam.

En plus d’opprimer la population qu’il gouvernait, l’État islamique a planifié ou inspiré des attaques terroristes dans toute l’Europe, tout en utilisant son expertise des réseaux sociaux pour attirer un nombre important de volontaires étrangers.

Il a fallu des années de guerre, au cours desquelles l’État islamique est devenu tristement célèbre pour ses exécutions massives et ses meurtres répugnants d’otages, pour que la dernière partie du territoire syrien du groupe soit conquise au cours du mois de mars.

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