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L’autorité de la concurrence à Strauss : expliquez votre politique de prix

L'ex-PDG du géant de l'agro-alimentaire, Giora Bardea, et Ariel Chetrit, le directeur financier, auraient tenté de s'entendre avec leurs concurrents pour fixer les hausses de prix

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Vue de l’usine de confiseries Strauss Elit à Nof Hagalil, Nord d’Israël, le 28 avril 2022. (Crédit : David Cohen/Flash90)
Vue de l’usine de confiseries Strauss Elit à Nof Hagalil, Nord d’Israël, le 28 avril 2022. (Crédit : David Cohen/Flash90)

L’Autorité israélienne de la concurrence va déposer des actes d’accusation contre le groupe Strauss, l’un des principaux groupes agro-alimentaires du pays, soupçonné d’entente sur les prix.

Lundi, elle a convoqué Strauss, son ex-PDG Giora Bardea et son directeur financier Ariel Chetrit pour une audience préalable au dépôt des actes d’accusation pour entente illicite en matière de prix.

Selon les documents d’audience, Strauss aurait informé ses concurrents de son intention d’augmenter ses prix dans le but de conclure un accord en la matière.

L’Autorité israélienne de la concurrence a constaté que, dans les bilans financiers publiés par Strauss pour le premier trimestre 2021, la société avait publiquement fait savoir que l’augmentation des coûts des matières premières et du transport maritime l’amenait à envisager toutes les options, dont celle d’un relèvement des prix.

Le deuxième plus grand groupe agro-alimentaire d’Israël en termes de ventes avait également publié un communiqué de presse annonçant qu’il surveillait les effets de la hausse des prix des intrants et étudiait les moyens d’action possibles, notamment au niveau de sa politique de prix.

« D’autres messages publics de Strauss évoquent une possible hausse des prix », a fait savoir l’Autorité israélienne de la concurrence par voie de communiqué.

« Ces messages ont été publiés et diffusés alors qu’il n’y avait pas eu de véritable discussion au sein de l’entreprise sur le relèvement des prix. »

Une photo de barres chocolatées fabriquées par le groupe Strauss. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Strauss aurait utilisé les bilans financiers publics, les communiqués de presse et messages comme des « ballons d’essai destinés à informer les principaux fabricants de produits alimentaires, en particulier ses concurrents, de son intention de s’entendre avec eux sur une hausse des prix ». L’idée était que la concurrence saisisse l’allusion et augmente ses prix en conséquence.

« Strauss est soupçonné de tentative d’entente sur les prix », ajoute l’Autorité israélienne de la concurrence.

La technique du ballon d’essai est utilisée pour diffuser des idées ou des informations afin d’évaluer les réactions du public cible. Strauss aurait ainsi informé ses principaux concurrents de son intention de relever ses prix. Si c’était confirmé, ce serait constitutif d’une entente sur les hausses de prix.

Strauss a déclaré par voie de communiqué envoyé par courrier électronique qu’il n’y avait « aucune faille dans sa conduite – celle de la société comme celle de ses dirigeants -, conforme aux attentes et aux conseils juridiques donnés ».

« Il ne fait aucun doute pour Strauss qu’une fois exposés les détails de cette affaire, le sujet sera clos par une décision éclairée », peut-on lire dans le communiqué.

L’Autorité israélienne de la concurrence a précisé que l’audience faisait suite à une enquête fouillée sur des soupçons d’entente illicite ou constitution de cartel via des déclarations publiques entre fournisseurs et détaillants de l’agro-alimentaire, en violation des lois sur la concurrence.

Elle a rappelé que les secteurs de l’approvisionnement, de la commercialisation et de la distribution des produits alimentaires en Israël étaient très concentrés et qu’un petit nombre de fournisseurs avec des parts de marché importantes avaient la haute main sur une partie considérable du marché. Strauss est l’un des principaux fournisseurs de produits alimentaires en Israël avec un monopole dans certains domaines, a-t-elle ajouté.

L’enquête évoquée par l’Autorité israélienne de la concurrence remonte à 2021. A l’époque, l’Autorité avait perquisitionné les bureaux de Shufersal, la plus grande chaîne de supermarchés du pays, et ceux de Strauss. La direction des principaux fournisseurs et détaillants de produits alimentaires soupçonnés d’entente sur les prix avaient été interrogés.

Coté à la Bourse de Tel Aviv pour 9,8 milliards de shekels, Strauss, qui a généré un chiffre d’affaires de plus de 9,5 milliards de shekels en 2022, emploie quelque 18 160 personnes dans le monde, dont 6 000 en Israël, et opère 28 usines.

Les prix à la consommation et coûts des matières premières ont explosé dans le monde ces deux dernières années, sous l’influence de plusieurs facteurs comme les problèmes d’approvisionnement hérités de la pandémie de COVID et de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. La hausse des coûts s’est répercutée sur les fabricants et fournisseurs israéliens, ce qui a eu pour effet d’augmenter le prix des produits alimentaires et d’autres produits de base, comme le logement et l’électricité.

Les prix des produits alimentaires en Israël ont augmenté de 50 % au cours de ces vingt dernières années et sont de 25 à 80 % supérieurs à la moyenne de l’OCDE, surtout dans le secteur des produits laitiers, des boissons gazeuses et des produits à base de céréales (selon les données de 2017 de l’OCDE).

Du côté de la vente au détail de produits alimentaires, les trois principales chaînes de supermarchés représentent plus de la moitié du marché israélien, ce qui limite la concurrence et exerce une pression à la hausse sur les prix. En outre, les droits de douane à l’importation, les réglementations, la TVA et les restrictions casher dissuadent les chaînes internationales de vente au détail.

Cette année, les supermarchés français Carrefour ont fait leur entrée sur le marché israélien et les observateurs espèrent que cela aura un effet stimulant sur la concurrence et la lutte contre la hausse du coût de la vie.

Depuis le début de l’année, le gouvernement est très critiqué pour son attentisme face au problème de la flambée du coût de la vie, plus occupé à mener sa réforme du système judiciaire largement controversée.

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