Le boycott des implantations est légal mais inutile, selon la Norvège
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Le boycott des implantations est légal mais inutile, selon la Norvège

Plusieurs villes norvégiennes ont engagé des actions de boycott ; le gouvernement d'Oslo prévient que de telles mesures ne contribuent pas à résoudre le conflit

Une Palestinienne marche devant une pancarte appelant au boycott d'Israël dans la ville de Bethléem en Cisjordanie, le 11 février 2015 (Miriam Alster / Flash 90)
Une Palestinienne marche devant une pancarte appelant au boycott d'Israël dans la ville de Bethléem en Cisjordanie, le 11 février 2015 (Miriam Alster / Flash 90)

Après un long examen, le ministère norvégien des Affaires étrangères a conclu que le boycott des biens et des services en provenance des implantations israéliennes était légal en vertu des lois du pays.

Dans un rapport interne rendu public ce week-end, le ministère affirme que rien n’empêchait légalement les municipalités norvégiennes de déclarer un tel boycott, mais recommandait de ne pas le faire, qualifiant ces actions d’inappropriées et d’inutiles, selon le site d’information Ynet.

Plusieurs gouvernements locaux de Norvège ont tenté de déclarer le boycott des implantations israéliennes en Cisjordanie au cours des dernières années, conduisant le ministère des Affaires étrangères à lancer une étude en novembre 2016 sur leur légalité.

L’étude a été considérée comme une mesure visant à éviter que de nouvelles villes annoncent leur soutien au boycott. Ainsi, en effet, de nombreuses municipalités ont retardé la mise en place de telles mesures jusqu’à ce que le ministère des Affaires étrangères publie ses conclusions.

Selon le rapport, le boycott par les conseils locaux et les gouvernements municipaux ne violent pas les lois nationales de la Norvège, ni les obligations qui lui incombent en vertu des traités internationaux de libre-échange.

Ce rapport, signé par le vice-ministre des Affaires étrangères, Audun Halvorsen, explique la position du gouvernement : malgré la légalité du boycott, « le gouvernement ne croit pas qu’il peut aider à résoudre le conflit entre Israéliens et Palestiniens ».

La Norvège a accueilli au début des années 1990 des pourparlers de paix israélo-palestiniens qui ont abouti aux accords de paix d’Oslo.

Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, a critiqué les conclusions du rapport ministériel.

« Si en Norvège boycotter un autre pays n’est pas contraire à la loi, alors il y a quelque chose qui ne va pas avec la loi. Il n’est pas nécessaire d’être un génie juridique pour comprendre qu’un boycott contre une nation démocratique est fondamentalement illégitime et constitue une capitulation face à des extrémistes haineux », a déclaré Nahshon dans un message sur Twitter.

Parmi les autorités locales qui ont déclaré par le passé un boycott sur les produits des implantations, on trouve les villes de Trondheim et de Tromso en 2016, les villes de Bodo et de Lillehammer en 2017, et la municipalité de Vaksdal, qui compte plus de 4 000 habitants, à l’ouest du pays.

En 2016, le plus grand syndicat norvégien, la Confédération norvégienne des syndicats, a fait un pas supplémentaire et a appelé à un boycott économique, culturel et universitaire international contre Israël – et pas seulement contre les produits issus des implantations.

La confédération, qui a également appelé la Norvège à reconnaître un Etat palestinien selon les frontières de 1967, a été critiquée par le gouvernement norvégien.

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