Le budget de l’État prévoit 1 milliard de NIS supplémentaire pour l’éducation haredi
Les réseaux scolaires ultra-orthodoxes liés à Shas et Yahadout HaTorah recevront des centaines de millions des fonds publics, bien qu’ils n’enseignent pas le tronc commun

Alors qu’elles ne dispensent pas d’enseignement laïc comme l’exige la loi, les écoles ultra-orthodoxes recevront près d’un milliard de shekels de financement supplémentaire en 2026, avec des augmentations budgétaires massives qui seront transférées aux réseaux scolaires liés aux deux principaux partis haredim, le Shas et Yahadout HaTorah.
Selon la chaine N12, le budget de l’État pour 2026, actuellement examiné à la Knesset, prévoit une hausse d’environ 939 millions de shekels par rapport à 2025. Elle comprend une augmentation de 1,64 milliard de shekels en 2025 à 2,1 milliards en 2026 pour le réseau indépendant de Yahadout HaTorah, ainsi qu’une hausse de 863 millions de shekels en 2025 à 1,23 milliard en 2026 pour le réseau scolaire Maayan Hachinuch Hatorani de Shas.
Par ailleurs, le financement des écoles reconnues, mais non officielles, tenues d’enseigner 75 % du programme scolaire et bénéficiant d’un financement public équivalent, devrait passer de 396 millions de shekels en 2025 à 508 millions en 2026.
Ces chiffres proviennent d’une analyse du think tank Berl Katznelson Center, a déclaré mercredi au Times of Israel le directeur adjoint Aviad Houminer-Rosenblum.
« À cela s’ajouteraient 930 millions de shekels » afin d’inclure les écoles haredim dans le programme de rémunération des enseignants Ofek Hadash, auquel la plupart de ces établissements ne sont actuellement pas éligibles, ainsi que 40 millions de shekels pour un programme accordant davantage d’autonomie pédagogique et administrative aux écoles, a ajouté Houminer-Rosenblum.
Selon lui, la hausse budgétaire s’explique en partie par un changement des méthodes de financement, les écoles haredim recevant désormais l’essentiel de leurs fonds en début d’année au lieu d’être « complétées » en fin d’exercice.
Il a toutefois mis en garde contre le fait « qu’il y a de fortes chances qu’ils augmentent le budget maintenant, pour revenir à la fin de l’année en disant qu’il leur manque des fonds et pour en obtenir encore davantage ».
Il est depuis longtemps admis que ces écoles offrent un niveau d’enseignement laïc très faible, mais des informations plus récentes ont laissé penser que le problème était encore plus grave qu’on ne le pensait. Selon la Treizième chaîne, les écoles haredim ne disposent pratiquement d’aucun enseignant qualifié pour des matières telles que l’anglais et elles ne sortent souvent les manuels scolaires que lors des visites des inspecteurs du ministère de l’Éducation, tandis que le gouvernement ferme les yeux.
Bien que le ministère de l’Éducation conteste ces informations, un rapport publié en 2025 par l’Institut israélien de la démocratie a révélé que seule une petite fraction des écoles primaires ultra-orthodoxes pour garçons, ne dispensant pas les matières du tronc commun exigées par la loi, faisait l’objet de sanctions.
« Il est clair que chaque jour, nous en apprenons davantage sur l’absence quasi totale d’enseignement fondamental dans l’éducation haredi privée, en particulier pour les garçons. Il n’y a pas d’enseignants, pas de programme structuré, et l’infrastructure pour les matières fondamentales est gravement insuffisante », a déclaré Vladimir Beliak (Yesh Atid), député de l’opposition, dont le parti a récemment saisi la Haute Cour de justice pour suspendre le transfert d’environ 1 milliard de shekels aux écoles ultra-orthodoxes sur le budget restant de l’État pour 2025.
« Ces chiffres n’ont pas encore été examinés par la commission des Finances, mais ils le seront, et nous soulèverons toutes les questions nécessaires et nous demanderons tous les avis juridiques », a-t-il promis, accusant le ministère de l’Éducation de « ne pas fournir de données » sur l’éducation haredi.
« Nous n’hésiterons pas à saisir immédiatement la Haute Cour et à demander une injonction pour mettre fin » à ces augmentations, a poursuivi Beliak. « Nous ne sommes pas contre la population haredi ni contre les enfants haredim. Nous pensons que chaque enfant haredi devrait avoir les mêmes chances d’apprendre les mathématiques, l’anglais et les sciences. »
Fin décembre, la Haute Cour avait rendu une ordonnance bloquant temporairement le transfert des fonds, dont la plupart avaient déjà été versés, une décision qu’un juge avait qualifiée « d’illégale ».
Mardi, la Haute Cour de justice a ordonné aux ministères des Finances et de l’Éducation d’expliquer, avant le 15 avril, les raisons pour lesquelles un système permettant de vérifier si les écoles ultra-orthodoxes enseignaient les matières obligatoires n’avait pas encore été mis en place.
En réponse, le président de Degel HaTorah, Moshe Gafni, a accusé la cour de partialité à l’égard de la communauté haredi.
« La haine des juges de la Haute Cour envers la population haredi et l’éducation haredi est flagrante pour toute personne dotée de bon sens », a déclaré Gafni, affirmant que la majorité des élèves des réseaux scolaires gérés par Yahadout HaTorah et Shas, « dont la plupart sont des filles, étudient toutes les matières… et sont ceux qui excellent le plus aux examens ».
« Il n’y a aucune logique à émettre des ordonnances contre les réseaux haredim qui, comme mentionné, sont les meilleurs du système éducatif. Il n’y a qu’une seule explication professionnelle : la haine et la jalousie. Et c’est tout », a-t-il ajouté.







