Le Cabinet approuve la détention des corps des terroristes présumés
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Le Cabinet approuve la détention des corps des terroristes présumés

La précédente politique consistait à garder les dépouilles des terroristes uniquement en vue d'un éventuel échange de prisonniers

Le ministre de la Défense Benny Gantz fait une déclaration aux médias à la Knesset le 24 août 2020 (Oren Ben Hakoon/POOL)
Le ministre de la Défense Benny Gantz fait une déclaration aux médias à la Knesset le 24 août 2020 (Oren Ben Hakoon/POOL)

Le cabinet de sécurité a approuvé mercredi une nouvelle politique permettant à Israël de garder les corps de tous les Palestiniens soupçonnés d’avoir commis des attentats, qu’ils soient ou non affiliés au groupe terroriste palestinien du Hamas.

Le ministre de la Défense Benny Gantz a déclaré avoir demandé au cabinet d’adopter cette nouvelle politique, qui contribuerait selon lui à rapatrier les captifs israéliens.

Le Hamas retient depuis plusieurs années les Israéliens Avera Mengistu et Hisham al-Sayed en captivité, ainsi que les corps des soldats Hadar Goldin et Oron Shaul.

« Ne pas rendre les corps des terroristes fait partie de notre engagement à maintenir la sécurité des citoyens israéliens, et bien sûr à ramener les garçons à la maison. Je suggère à notre ennemi de comprendre et d’intérioriser le message », a déclaré Gantz.

Dans le sens des aiguilles d’une montre, à partir du haut à gauche : Avera Mengistu, Hisham al-Sayed, Hadar Goldin et Oron Shaul. (Flash 90/Times of Israel)

La précédente politique israélienne consistait à conserver les corps des terroristes du Hamas en vue d’un éventuel échange de prisonniers avec le groupe terroriste. D’autres étaient rendus à leurs familles pour être enterrés.

La question de savoir si la conservation des corps des agresseurs est une politique efficace fait l’objet d’un débat au sein de l’establishment de la sécurité. Certains pensent qu’elle donne à Israël un poids supplémentaire dans les négociations avec le Hamas, tout en agissant comme un moyen de dissuasion contre les attentats. D’autres la considèrent comme inefficace et fondée sur des bases juridiques incertaines.

Les corps de plus de 50 Palestiniens tués lors d’actes terroristes présumés sont actuellement détenus par l’armée israélienne, selon l’organisation de défense des droits de l’homme B’Tselem.

En 2019, la Haute Cour a décidé que Tsahal pouvait garder en détention les corps de terroristes présumés dans le but d’assurer la sécurité nationale, par exemple en utilisant les cadavres des terroristes du Hamas comme monnaie d’échange dans un éventuel échange avec le groupe terroriste basé à Gaza.

Cette décision historique a infirmé une décision antérieure, dans laquelle la Haute Cour avait invalidé la pratique pour vice de forme.

Gantz a déclaré que la nouvelle décision faisait partie d’un « vaste dispositif de dissuasion ». La Haute Cour a cependant explicitement statué que la dissuasion n’est pas une raison légitime pour garder les corps des terroristes.

En réponse à une question du Times of Israel, le bureau de Gantz a déclaré que la nouvelle politique pouvait être appliquée à « quiconque a tué, blessé ou a possédé une arme », à quelques exceptions près.

En décembre 2019, le ministre de la Défense de l’époque, Naftali Bennett, a annoncé que tous les corps des terroristes seraient gardés, qu’ils soient ou non affiliés au Hamas. La proposition de Bennett n’a cependant jamais reçu l’approbation du cabinet de sécurité et a rencontré une forte opposition de la part de certains responsables militaires.

La politique de Gantz risque d’être contestée devant la Haute Cour. L’organisation d’aide juridique palestinienne Adalah a déclaré mercredi que cette pratique était « clairement motivée par un désir de vengeance ».

Ahmed Erekat. (Autorisation)

« La politique consistant à utiliser des cadavres comme monnaie d’échange viole les valeurs universelles les plus fondamentales et le droit international qui interdisent les traitements cruels et inhumains », a déclaré Adalah.

Adalah pourrait déjà défendre un cas défiant cette politique. En effet, l’organisation d’aide juridique représente actuellement la famille d’Ahmad Erekat, abattu par la police des frontières à un point de contrôle à l’extérieur d’Abu Dis. L’événement avait été filmé.

La police des frontières a déclaré qu’Erekat tentait de commettre une attaque à la voiture-bélier. Une policière a été légèrement blessée au cours de l’incident.

« Il a vu que j’ai fait un pas, il m’a regardé dans les yeux, a tourné le volant et m’a percutée, et j’ai volé de l’autre côté du terre-plein », avait déclaré la policière des frontières blessée, Shani Orr Hama Kadosh, dans une interview pour la Douzième chaîne.

La famille d’Erekat affirme qu’il s’est simplement précipité au poste de contrôle – le jour du mariage de sa sœur – et a perdu le contrôle de son véhicule.

La famille d’Erekat a déposé une requête pour forcer Israël à restituer son corps. Le gouvernement a demandé à la Cour suprême un délai supplémentaire et n’a pas encore donné de réponse. Jusqu’à présent, aucune information n’a été révélée sur les liens d’Erekat avec un groupe organisé, et sa famille a nié toutes inclinaisons politiques ou religieuses.

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