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Le cabinet de sécurité se réunit pour la première fois en deux mois

Les ministres se sont réunis alors que le gouvernement se trouve dans l'impasse politique ; les responsables s’inquiéteraient d'une frappe orchestrée par l'Iran contre Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime pendant l'ouverture de la 22ème Knesset de Jérusalem, le 3 octobre 2019 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime pendant l'ouverture de la 22ème Knesset de Jérusalem, le 3 octobre 2019 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le cabinet de sécurité de haut-niveau s’est rassemblé dimanche pour la toute première fois en deux mois dans un contexte de mises en garde énigmatiques des leaders israéliens concernant une menace iranienne croissante en matière de sécurité, ces derniers jours.

Les membres de l’éminente instance se sont entretenus au bureau du Premier ministre de Jérusalem. Les ministres n’ont pas été informés de l’ordre du jour avant la réunion, a indiqué la Douzième chaîne.

Ces derniers jours, les médias israéliens ont cité des responsables non-identifiés qui ont mis en garde contre le risque croissant d’une attaque orchestrée par Téhéran.

Vendredi, la Treizième chaîne a, à son tour, confié que les officiels étaient préoccupés par une éventuelle attaque de l’Etat juif par l’Iran, le pays étant encouragé par ses succès militaires enregistrés contre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président Reuven Rivlin ont par ailleurs tous les deux évoqué la nécessité cruciale de la sécurité en appelant de leurs vœux la formation d’un large gouvernement d’unité.

Gabi Ashkenazi, du parti Kakhol lavan, qui a récemment été désigné à la tête de la puissante commission des Affaires étrangères et de la défense à la Knesset, a également parlé jeudi de « nombreux défis dans le domaine sécuritaire, certains connus de tous et d’autres qui ne sont discutés qu’à huis-clos ».

Samedi soir, le chef de la formation Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a répété son appel lancé à Netanyahu et au chef de Kakhol lavan, Benny Gantz, à former un gouvernement d’unité, citant une « urgence nationale, des défis économiques et des menaces sécuritaires au sud, au nord et plus loin encore ».

Avigdor Liberman, leader de Yisrael Beytenu, s’adresse à la presse lors d’une visite du marché Sarona à Tel Aviv le jour des élections, le 17 septembre 2019. (Miriam Alster/Flash90)

Liberman a noté dans un post sur Facebook que le pays fêtera dimanche le 46ème anniversaire de la guerre de Yom Kippour, le conflit le plus traumatisant de l’histoire de la nation dans lequel le pays avait été pris au dépourvu par ses ennemis. Il a indiqué qu’il était impératif de se souvenir de son héritage « de leadership et d’amour du pays ».

« Nous nous trouvons à un carrefour politique », a écrit Liberman. Les résultats des élections ne peuvent mener qu’à une seule conclusion : Le peuple veut l’unité… J’en appelle une fois encore au Premier ministre Netanyahu et au député Benny Gantz : Montrez votre sens de la responsabilité et du leadership, laissez de côté vos egos, cessez les jeux, les ruses et de perdre du temps ».

Netanyahu avait également réclamé, au cours d’un discours prononcé lors de la prestation de serment des députés de la nouvelle Knesset, un « large gouvernement d’unité », disant que les défis sécuritaires du pays exigeaient la stabilité politique.

« Aucun autre ne doit relever autant de défis que ce n’est le cas pour nous, aucun autre pays. Et les démocraties qui ne comprennent pas qu’il faut s’unir dans une période de danger en paient le prix lourd », avait-il déclaré.

« Ce n’est pas un stratagème, ce n’est pas un caprice, ce n’est pas : ‘Netanyahu tente de nous effrayer’, » a-t-il continué. « Tous ceux qui connaissent la situation savent que l’Iran gagne en force et commet des attaques partout dans le monde en disant clairement : ‘Israël va disparaître’. Ils en ont la certitude, ils oeuvrent dans cet objectif et nous devons prendre les Iraniens au sérieux ».

Benny Gantz (à droite) et Yair Lapid, chefs du parti Kakhol lavan, lors d’une réunion de faction à l’ouverture de la 22e Knesset, le 3 octobre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Mais le député de Kakhol lavan, Ofer Shelah, a rejeté l’idée d’urgence, disant : « Il n’y a pas de plus grand cynique que Netanyahu lorsqu’il s’agit d’utiliser des affaires de sécurité à des fins politiques. Ne croyez pas à cet épouvantail. Chez lui, tout est politique ».

Netanyahu a cherché à pousser Kakhol lavan à rejoindre une coalition placée sous sa direction et incluant les partis de droite et haredim. Gantz a refusé jusqu’à maintenant de siéger au sein d’une coalition avec Netanyahu tant que ce dernier devra répondre d’inculpations pour corruption et il ne souhaite pas davantage rejoindre un gouvernement comprenant des formations de la droite dure et ultra-orthodoxes.

Kakhol lavan a clamé qu’un gouvernement d’unité pourrait être formé « en une heure » si Netanyahu acceptait de partir.

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