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Le CCIF conteste sa dissolution devant le Conseil d’Etat

La dissolution du CCIF avait été prononcée par Gérald Darmanin dans la foulée de la décapitation, le 16 octobre, de Samuel Paty par un terroriste islamiste

L'ancien directeur du Collectif contre l'Islamophobie en France (CCIF), Marwan Muhammad, le 23 mai 2018 (Crédit :  / AFP PHOTO / JOEL SAGET)
L'ancien directeur du Collectif contre l'Islamophobie en France (CCIF), Marwan Muhammad, le 23 mai 2018 (Crédit : / AFP PHOTO / JOEL SAGET)

Le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) a déposé un recours devant le Conseil d’Etat pour contester sa dissolution par le gouvernement après l’assassinat de Samuel Paty, dénonçant un « acharnement », a annoncé jeudi son avocat.

Dans son recours, déposé dimanche dernier, le CCIF estime que la dissolution prononcée par décret le 2 décembre est une mesure « politique » et le fruit d’un « détournement de pouvoir manifeste » de la part du gouvernement, souligne Me Sefen Guez Guez dans un communiqué.

Rappelant que le gouvernement a motivé cette dissolution en reprochant notamment « au CCIF de dénoncer – à raison – un racisme d’Etat », le collectif fustige dans son recours une atteinte à la liberté d’expression et au droit de critiquer un Etat, des droits protégés par la jurisprudence européenne.

Il dénonce également la « fausse accusation infamante » du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, qui avait déclaré que le CCIF était « directement liée » à l’attaque contre M. Paty – une accusation jamais étayée depuis.

Le ministre français Gerald Darmanin assiste à une conférence de presse après la réunion hebdomadaire du cabinet, le 10 juin 2020, à Paris. (Crédit : Ludovic Marin, POOL via AP)

Le CCIF a porté plainte en diffamation contre M. Darmanin devant la Cour de justice de la République (CJR), a rappelé son avocat. Le ministre avait décrit le collectif comme une « officine islamiste » œuvrant « contre la République » et contre laquelle il fallait « arrêter d’être naïf ».

Me Guez Guez avait à l’époque dénoncé des « calomnies » et « une dissolution uniquement politique ».

La dissolution du CCIF avait été prononcée par M. Darmanin dans la foulée de la décapitation, le 16 octobre, de Samuel Paty par un terroriste islamiste. Avant même cette mesure, le collectif avait annoncé s’être auto-dissous et avoir redéployé des activités à l’étranger.

Outre le CCIF, deux autres structures accusées par le gouvernement de proximité avec l’islam radical ont été dissoutes après la mort de M. Paty : BarakaCity et le collectif « Cheik Yassine » du nom de l’un des fondateurs du groupe terroriste palestinien du Hamas.

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