Le chancelier autrichien se rendra en Israël sur fond de tensions bilatérales
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Le chancelier autrichien se rendra en Israël sur fond de tensions bilatérales

Israël boycotte les membres d'extrême droite du gouvernement de Sebastian Kurz ; aucune date n'a été confirmée

Le nouveau président autrichien, Sebastian Kurz, président du Parti populaire autrichien, OVP, lors d'une conférence de presse à Vienne, en Autriche, le 24 octobre 2017. (AFP Phoro / APA / Georg Hochmuth)
Le nouveau président autrichien, Sebastian Kurz, président du Parti populaire autrichien, OVP, lors d'une conférence de presse à Vienne, en Autriche, le 24 octobre 2017. (AFP Phoro / APA / Georg Hochmuth)

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz prévoit une visite en Israël le mois prochain, ont annoncé mercredi des responsables de l’ambassade, en pleine tensions entre Jérusalem et Vienne au sujet de l’inclusion d’un parti d’extrême droite dans le gouvernement autrichien.

En décembre, le Parti du peuple de Kurz (OVP) est entré dans un gouvernement de coalition avec le Parti de la liberté (FPÖ) de Heinz-Christian Strache, accusé de xénophobie et ayant un passé néo-nazi.

L’ambassade d’Autriche en Israël a déclaré au Times of Israël que des responsables planifiaient un déplacement qui n’a pas encore été confirmé.
Israël boycotte les fonctionnaires affiliés au FPÖ. Cependant, un groupe de travail du ministère des Affaires étrangères, dirigé par le directeur général Yuval Rotem, a été créé pour examiner cette politique.

Le mois dernier, l’ambassadeur autrichien Martin Weiss a assisté à une réunion du Comité des affaires étrangères et de la défense de la Knesset pour examiner le boycott.

Les dirigeants juifs d’Autriche ont également évité le parti d’extrême droite.

Strache a dit qu’il espérait que l’interdiction serait annulée, bien qu’il « respecte pleinement » la décision de Jérusalem.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, rencontre le ministre autrichien des Affaires étrangères, Sebastian Kurz, à Jérusalem, le 16 mai 2016. (Kobi Gideon / GPO)

M. Kurz s’est rendu en Israël avant d’être ministre des Affaires étrangères de l’Autriche, et il avait rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem en 2016.

Plus récemment, en février, il a rencontré Netanyahu en marge de la conférence de Munich sur la sécurité.

En mars, Netanyahu a fait l’éloge de Kurz après que ce dernier a, lors d’un discours, reconnu la complicité de Vienne dans l’Holocauste et annoncé la création d’un mémorial pour les Juifs autrichiens tués par les nazis.

Fondé par d’anciens nazis, le Parti de la liberté est apparu comme la force d’extrême droite la plus forte de l’Europe à la fin des années 1990.

En 2000, l’OVP – désormais le parti de Kurz – a choisi le FPÖ comme partenaire de coalition.

À cette époque, le FPÖ était dirigé par Jorg Haider, qui louait les « politiques d’emploi ordonnées » d’Hitler. Il qualifiait les anciens combattants SS de « personnes décentes » et décrivait les camps de concentration comme des « camps de punition ».

Israël avait rappelé son ambassadeur de Vienne en signe de protestation et son Premier ministre d’alors, Ehud Barak, avait qualifié Haider de « représentant du mal ».

Le vice-chancelier autrichien Heinz-Christian Strache lors d’une conférence de presse après la première réunion du nouveau gouvernement autrichien le 19 décembre 2017 à Vienne, en Autriche. (Crédit : AFP / Joe Klamar)

A l’époque,14 membres de l’Union européenne avaient imposé des sanctions diplomatiques bilatérales.

Sous la pression, Haider a démissionné de son poste de leader du FPOe le 1er mai 2000.

Le FPOe a depuis adouci son image et a remporté 26 pour cent des voix lors des élections autrichiennes du 1er octobre.

Strache, 48 ans, a cherché à adoucir l’image du parti et a visité Israël à plusieurs reprises, la dernière fois en avril 2016, lorsqu’il a rencontré des membres du Likud de Netanyahu.

Raphael Ahren et les agences ont contribué à cet article.

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