Le chef de la Défense ira en Croatie, sur fond de crise pour la vente de F-16
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Le chef de la Défense ira en Croatie, sur fond de crise pour la vente de F-16

Zagreb menace de renoncer à l'achat de 500 M de dollars de F-16, à moins que Washington n'autorise Israël à inclure des améliorations sophistiquées aux avions de chasse

Le directeur général du ministère de la Défense, Udi Adam. (Autorisation)
Le directeur général du ministère de la Défense, Udi Adam. (Autorisation)

Le directeur général du ministère de la Défense, Udi Adam, devrait se rendre en Croatie cette semaine pour tenter de résoudre les tensions autour d’une vente d’armes de 500 millions de dollars qui semble vaciller.

Des responsables israéliens et croates ont annoncé à la Dixième chaîne, dimanche, qu’Adam arrivera mercredi à Zagreb, où il devrait s’excuser pour les revers enregistrés dans l’achat de 12 F-16 d’occasion d’origine américaine en provenance d’Israël.

Israël a conclu un accord de principe pour vendre les chasseurs F-16 Barak modernisés à la Croatie en mars dernier, dans l’attente de l’approbation des États-Unis pour permettre à un tiers d’utiliser ces avions.

Cet accord, d’une valeur de 500 millions de dollars, devait constituer le plus gros achat d’armes de la nation des Balkans depuis qu’elle s’est séparée de l’ex-Yougoslavie pendant la guerre des années 1990.

Mais Washington s’est opposé à la vente, affirmant qu’Israël devait retirer les améliorations apportées aux avions à réaction américains acquis par Israël il y a environ 30 ans. Israël a modernisé les avions avec des systèmes électroniques et radar sophistiqués, ce qui a été un facteur crucial dans la décision de la Croatie d’acheter les avions à Israël, plutôt qu’aux USA.

Des F-16I sur le tarmac lors de l’exercice international Blue Flag, à la base militaire d’Ovda, le 8 novembre 2017. (CréditJack Guez/AFP)

La semaine dernière, après des mois de retard, le ministère croate de la Défense a donné à Israël une date limite au 11 janvier afin d’obtenir l’accord du Département d’Etat.

Le ministre croate de la Défense Damir Krsticevic a déclaré qu’Israël a fourni des garanties pendant le processus d’appel d’offres selon lesquelles les responsables américains donneraient leur feu vert à cette vente.

Si la Croatie ne peut pas acheter les jets modernisés prévus dans l’accord initial, le gouvernement annulera la commande, a déclaré le ministère.

« Nous sommes déçus de cette situation », a déclaré mercredi dernier le Premier ministre Andrej Plenkovic. « Le gouvernement maintient fermement sa décision… de ne concrétiser que la seule offre qui a été acceptée » en mars, a-t-il dit.

Les relations entre l’administration Trump et Israël sont très étroites, notamment en matière de défense. Mais la vente des jets à la Croatie semble être l’un des rares désaccords entre les deux pays. Ils n’ont pas été résolus, même après une rencontre entre le secrétaire d’État américain Mike Pompeo et le Premier ministre Benjamin Netanyahu la semaine dernière au Brésil, selon les médias israéliens.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Brasilia, le 1er janvier 2019 (Avi Ohayon/GPO)

Un haut responsable israélien a déclaré à la Dixième chaîne qu’Israël « a obtenu presque tout ce qu’il voulait » lors de la réunion avec Pompeo, sauf l’autorisation de vendre les avions améliorés.

Le mois dernier, la chaîne de télévision a rapporté que l’administration Trump était fâchée contre Israël pour avoir inclus les systèmes électroniques de pointe dans le but d’obtenir l’appel d’offres croate.

Des responsables israéliens ont déclaré à la chaîne que les États-Unis estiment qu’Israël profiterait injustement de la vente, car les avions de combat de fabrication américaine ne sont pas censés être revendus à un tiers sans l’approbation du Département d’État.

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