Le chef de Tsahal affirme qu’Israël prépare les plans de frappe contre l’Iran
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Le chef de Tsahal affirme qu’Israël prépare les plans de frappe contre l’Iran

Aviv Kohavi défend également les hauts gradés contre la colère suscitée par la mort du policier aux frontières : "Si nous ne les soutenons pas, nous n’aurons plus de commandants"

Le chef d'Etat-major Aviv Kochavi lors d'une cérémonie organisée par la marine israélienne sur la base navale de Haïfa, en Israël, le 4 mars 2020. (Crédit :  Flash90)
Le chef d'Etat-major Aviv Kochavi lors d'une cérémonie organisée par la marine israélienne sur la base navale de Haïfa, en Israël, le 4 mars 2020. (Crédit : Flash90)

Israël a « considérablement accéléré » ses préparatifs pour agir contre le programme nucléaire iranien, a déclaré le chef d’état-major Aviv Kohavi dans une interview publiée lundi.

Kohavi a déclaré à Walla News qu’« une part importante de l’augmentation du budget de la défense, comme cela a été convenu récemment, est destinée à cette fin. C’est un travail très compliqué, qui demande beaucoup plus d’intelligence, beaucoup plus de capacités opérationnelles, beaucoup plus d’armements. Nous travaillons sur tous ces aspects ».

Le chef de l’armée israélienne a déclaré qu’actuellement, l’objectif principal de l’armée est de « minimiser la présence iranienne au Moyen-Orient, particulièrement en Syrie… mais ces opérations ont lieu dans tout le Moyen-Orient. Notamment contre le Hamas, contre le Hezbollah ».

Kohavi a déclaré que les frappes israéliennes et d’autres opérations avaient « considérablement diminué la présence et l’acheminement d’armes de l’Iran dans la zone nord, du moins comparé à leurs objectifs ». Il a déclaré que l’armée était « très active pour perturber les routes de contrebande du Hezbollah, du Hamas, de l’Iran, dans toutes les régions ».

Tsahal « opère à des profondeurs beaucoup plus grandes, à 360 degrés dans tout le Moyen-Orient. Elle n’attend pas que la menace vienne à nous. Elle se prépare, elle affronte [la menace] de front, la neutralise, l’élimine ».

Le ministre de la Défense Benny Gantz a également proféré des menaces contre l’Iran le mois dernier, déclarant aux diplomates étrangers qu’Israël pourrait devoir prendre des mesures militaires contre l’Iran.

Un avion de chasse F-35 décolle lors d’un exercice surprise, « Galilee Rose », en février 2021. (Crédit : Armée israélienne)

« L’État d’Israël a les moyens d’agir et n’hésitera pas à le faire. Je n’exclus pas la possibilité qu’Israël doive prendre des mesures à l’avenir pour empêcher un Iran nucléaire », a déclaré Gantz.

« L’Iran n’est qu’à deux mois d’acquérir les matériaux nécessaires à une arme nucléaire. Nous ne savons pas si le régime iranien sera prêt à signer un accord et à revenir à la table des négociations, donc la communauté internationale doit préparer un ‘plan B’ viable afin d’arrêter la course de l’Iran vers une arme nucléaire », a-t-il ajouté.

Bien que l’Iran pourrait obtenir les matières fissiles nécessaires pour une bombe d’ici deux mois, l’armée israélienne estime qu’il faudrait encore plusieurs mois avant que Téhéran ne soit capable de produire une arme opérationnelle, le temps nécessaire pour construire un noyau, effectuer des tests et installer l’appareil à l’intérieur d’un missile.

Dimanche, Kohavi est allé exprimer ses condoléances à la famille en colère d’un tireur d’élite de la police aux frontières, mortellement blessé lors d’émeutes le long de la frontière de Gaza le mois dernier.

Barel Hadaria Shmueli a reçu une balle dans la tête à bout portant par un homme armé palestinien le 21 août et a succombé à ses blessures quelques jours plus tard. Vendredi, Tsahal a publié les premières conclusions de son enquête sur la mort de Shmueli, qu’elle attribue principalement à la manière dont les troupes ont été déployées le long de la barrière frontalière de Gaza pendant les émeutes.

Le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, exprime ses condoléances le 5 septembre 2021 au domicile de Barel Hadaria Shmueli, un officier de la police des frontières qui a été abattu par un homme armé de Gaza à la frontière le mois dernier. (Via Facebook : צועדים בדרך בראל)

La famille, ainsi que des militants de droite et des députés de l’opposition, ont accusé l’armée d’avoir édicté des règles d’engagement trop restrictives qui, selon eux, ont empêché les troupes d’éloigner les émeutiers de la clôture frontalière. Le père de Shmueli a suggéré que le Premier ministre Naftali Bennett et les principaux commandants militaires devraient démissionner à la suite de l’incident, la mère a déclaré qu’elle n’avait confiance ni dans le gouvernement ni dans l’armée, et la famille a rejeté l’enquête de Tsahal, exigeant une enquête indépendante.

L’armée israélienne a nié la responsabilité de la réglementation pour ouvrir le feu – notant que Shmueli lui-même avait tiré sur les émeutiers lorsqu’ils se sont précipités à la frontière – et a déclaré que le problème résidait dans la manière dont les troupes étaient déployées.

Dans l’interview de lundi, Kohavi a déclaré que même si des erreurs « se produisent » au combat, l’armée doit soutenir ses officiers, sinon elle n’en aura plus.

« Il y a eu une erreur dans la façon dont nous nous sommes préparés dès le début des émeutes », a déclaré Kohavi à Walla à propos des émeutes à Gaza. « La préparation initiale était très bonne. Il y eu une erreur, une erreur qui s’est produite lors d’une prise de décision en temps réel, sous pression, dans des conditions d’incertitude. Cela s’est produit, se produit et se produira dans n’importe quelle guerre. »

Mais, a-t-il dit, « il ne faut pas oublier que [les commandants] prennent également un grand nombre de bonnes décisions qui protègent les citoyens israéliens… Des erreurs peuvent se produire, mais nous devons les soutenir. Si nous ne les soutenons pas, nous n’aurons plus de commandants. Sans personne pour garder les frontières. »

Ses commentaires étaient similaires à ceux qu’il a faits dans une lettre aux commandants dimanche.

« Une société qui ne soutient pas ses soldats et ses commandants, y compris lorsqu’ils commettent des erreurs, découvrira qu’elle n’a personne pour se battre pour elle », a écrit Kohavi dans sa lettre.

C’est une obligation de Tsahal d’enquêter en profondeur, « d’obtenir la vérité et d’en tirer les leçons, mais les erreurs de jugement sur le champ de bataille ne sont ni à blâmer ni à punir », a-t-il déclaré.

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