Le chef de Tsahal fait allusion aux attaques présumées d’Israël contre l’Iran
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Le chef de Tsahal fait allusion aux attaques présumées d’Israël contre l’Iran

Des articles font état d'une cyber-attaque contre un site nucléaire iranien et sur un navire iranien en mer Rouge

Le chef d'état-major de Tsahal Aviv Kohavi s'exprime lors d'une cérémonie commémorative au cimetière national du Mont Herzl à Jérusalem, le 11 avril 2021. (Armée israélienne)
Le chef d'état-major de Tsahal Aviv Kohavi s'exprime lors d'une cérémonie commémorative au cimetière national du Mont Herzl à Jérusalem, le 11 avril 2021. (Armée israélienne)

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, Aviv Kohavi, a semblé faire allusion à l’implication d’Israël dans les récentes attaques contre des actifs iraniens ces dernières semaines, dimanche, en déclarant que Téhéran « réfléchissait avec prudence » à la manière de réagir.

« Les actions de l’armée israélienne au Moyen-Orient ne sont pas cachées aux yeux de nos ennemis. Ils nous observent, voient nos capacités et réfléchissent soigneusement à leurs prochaines actions », a déclaré M. Kohavi.

Le commandant militaire a fait ses remarques lors d’une cérémonie au cimetière national du mont Herzl en l’honneur des soldats tombés pendant les guerres d’Israël, avant Yom HaZikaron mercredi.

Les remarques de Kohavi sont intervenues quelques heures après que l’Iran a signalé que son site nucléaire de Natanz avait connu un problème au niveau de son réseau de distribution électrique et quelques jours après que des commandos israéliens auraient fait exploser des mines magnétiques sur un navire de commandement présumé du Corps des Gardiens de la Révolution islamique en mer Rouge.

Cette photo satellite du 1er octobre 2020 de Planet Labs Inc. montre le cargo iranien MV Saviz dans la mer Rouge, au large des côtes du Yémen. (Planet Labs Inc. via AP)

Israël n’a fait aucun commentaire officiel sur ces deux affaires. L’Iran n’a pas accusé Jérusalem d’être à l’origine du problème électrique à Natanz, mais l’État hébreu a été largement considéré comme responsable, compte tenu d’incidents similaires survenus par le passé, qui auraient été le résultat de cyber-attaques israéliennes.

L porte-parole de l’OIEA Behrouz Kamalvandi n’a pas précisé si l’électricité était coupée uniquement dans l’usine d’enrichissement ou dans d’autres installations du centre nucléaire de Natanz.

« Heureusement, nous n’avons eu ni morts, ni blessés, ni pollution. Il n’y a pas de problèmes particuliers. L’accident fait l’objet d’une enquête », a-t-il déclaré à la télévision, ajoutant n’avoir « pas plus d’informations pour le moment ».

« Cet incident, survenu (au lendemain) de la Journée nationale de la technologie nucléaire et alors que l’Iran s’efforce de contraindre les Occidentaux à lever les sanctions, est très suspect de sabotage ou d’infiltration », a estimé sur Twitter le député Malek Chariati, porte-parole de la Commission parlementaire de l’énergie.

« On estime que le défaut dans le circuit électrique de Natanz (est) le résultat d’une cyberopération israélienne », a tweeté de son côté un journaliste de la radiotélévision publique israélienne, Amichai Stein, sans que rien ne permette d’étayer ces propos.

Début juillet, une usine d’assemblage de centrifugeuses perfectionnées à Natanz avait été gravement endommagée par une mystérieuse explosion. Les autorités ont conclu à un « sabotage » d’origine « terroriste » mais n’ont pas encore fait connaître les résultats de leur enquête.

L’agence officielle Irna avait alors mis en garde Israël et les Etats-Unis contre toute action hostile à son égard.

Samedi, le président Hassan Rouhani a inauguré à distance la nouvelle usine d’assemblage de centrifugeuses de Natanz, en même temps qu’il donnait l’ordre de mettre en service ou de tester trois nouvelles cascades de centrifugeuses.

Ces nouvelles centrifugeuses offrent à l’Iran la possibilité d’enrichir plus vite et en plus grande quantité de l’uranium, dans des volumes et à un degré de raffinement interdits par l’accord conclu en 2015 à Vienne entre la République islamique et la communauté internationale.

Les Etats-Unis ont dénoncé cet accord unilatéralement en 2018, sous la présidence de Donald Trump, rétablissant dans la foulée les sanctions américaines qui avaient été levées en vertu de ce pacte.

En riposte, l’Iran s’est affranchi, depuis 2019, de la plupart des engagements clés qu’il avait pris à Vienne pour restreindre ses activités nucléaires.

Des discussions sont en cours à Vienne entre la République islamique et les autres Etats parties à l’accord de 2015 (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) sur la façon de réintégrer les Etats-Unis au sein de ce pacte et de ramener l’Iran au respect total de ses engagements.

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