Israël en guerre - Jour 196

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Le chef d’état-major répond à Orit Strouk après ses propos (très) controversés

Herzi Halevi a indiqué que les excuses de la ministre d'extrême-droite - qui avait comparé les chefs de la sécurité au Groupe Wagner - ne sauraient réparer les dégâts commis

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le chef d'état-major Herzi Halevi lors d'une cérémonie de remise des diplômes des cadets sur la base Bahad 1, dans le sud d'Israël, le 28 juin 2023. (Crédit : Armée israélienne)
Le chef d'état-major Herzi Halevi lors d'une cérémonie de remise des diplômes des cadets sur la base Bahad 1, dans le sud d'Israël, le 28 juin 2023. (Crédit : Armée israélienne)

Le chef d’état-major Herzi Halevi a répondu, mercredi, à une ministre d’extrême-droite qui l’avait comparé, aux côtés d’autres responsables de l’establishment de la Défense, aux milices rebelles russes du Groupe Wagner, en début de semaine. Il a indiqué que les soldats qui détournaient le regard face aux violences commises par les partisans du mouvement pro-implantation ne devaient pas être promus au rang d’officiers.

Halevi s’est exprimé lors d’une cérémonie de remise de diplômes dans le sud du pays, évoquant une série d’attaques commises par des partisans extrémistes du mouvement pro-implantation dans les villes palestiniennes de Cisjordanie, la semaine dernière, en représailles contre un attentat terroriste qui avait fait quatre morts du côté israélien.

Les tentatives de répression des violences des extrémistes ont été dénoncées par les politiciens d’extrême-droite qui siègent au sein du gouvernement de Netanyahu. La ministre des Implantations, Orit Strouk, avait notamment comparé lundi Halevi, le dirigeant du Shin Bet, Ronen Bar, et le commissaire de police Yaakov Shabtai au Groupe Wagner, qui avait menacé de marcher sur Moscou après s’être retourné contre la Russie, quelques jours auparavant. Les trois hauts-responsables avaient émis un communiqué dans lequel ils condamnaient les déchaînements de violence des partisans du mouvement pro-implantation en disant qu’ils étaient des actes « de terrorisme nationaliste dans le sens plein et entier du terme ».

« Tous ceux qui fustigent l’armée doivent se rappeler que même présenter des excuses après les faits ne répare en rien les immenses dégâts qui ont été causés », a-t-il dit.

La députée Orit Strock lors d’une marche vers l’avant-poste illégal d’Evyatar, en Cisjordanie, près de Naplouse, le 10 avril 2023. (Crédit : Sraya Diamant/Flash90)

« L’action de l’armée n’a qu’un seul objectif : celui de la sécurité des citoyens. Les critiques malveillantes à l’égard de tous ceux qui consacrent leur vie à défendre les citoyens portent atteinte à leur sécurité », a-t-il ajouté.

Ces paroles faisaient probablement référence aux insultes essuyées par le colonel Eliav Elbaz, commandant de la brigade régionale de Binyamin au sein de la division de Cisjordanie, qui a été verbalement agressé par des partisans du mouvement pro-implantation après l’attentat terroriste meurtrier commis à proximité d’Eli.

Halevi a indiqué aux nouveaux officiers qu’en plus de défendre les frontières d’Israël, de déjouer le terrorisme palestinien et de se battre sur le front, ils seront amenés aussi à rencontrer « les défis complexes » posés par les violences des extrémistes juifs.

« Le terrorisme et ses conséquences graves amènent certains à se livrer à des actes moralement et légalement interdits », a noté Halevi.

En cinq jours consécutifs d’émeutes, la semaine dernière et au début de la la semaine, ce sont des centaines de partisans du mouvement pro-implantation qui sont entrés dans les villes et dans les villages israéliens, incendiant les habitations, les véhicules et ouvrant le feu parfois. Un Palestinien a été tué dans des circonstances indéterminées.

Dans certains cas, les soldats ont été accusés de ne pas être intervenus et d’avoir laissé les partisans du mouvement pro-implantation saccager les localités palestiniennes et y semer la terreur, ne se présentant qu’après les faits. Un phénomène qui a été condamné par Halevi qui a estimé que les soldats qui autorisaient de telles attaques ne pouvaient pas assumer de fonction de commandement.

« Un officier qui voit un citoyen israélien qui s’apprête à jeter un cocktail Molotov sur une habitation palestinienne et qui ne fait rien ne saurait devenir officier », a expliqué Halevi.

« Cette obligation éthique est notre force ici dans la région complexe dans laquelle nous vivons, et nous devons la conserver et ne pas l’abîmer », a-t-il insisté.

Ces dernières années, il y a eu de nombreux cas de soldats israéliens aperçus en train de détourner le regard alors que des partisans du mouvement pro-implantation attaquaient des Palestiniens. Dans d’autres cas – et notamment ces derniers jours – les soldats étaient absents et ils ne sont arrivés qu’après les faits, affrontant même la population locale palestinienne à ce moment-là.

Des soldats israéliens empêchent des résidents d’implantations israéliennes d’entrer dans la ville palestinienne de Turmus Ayya, en Cisjordanie, le 21 juin 2023. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP)

La loi permet aux soldats – et c’est d’ailleurs parfois une obligation – d’intervenir pour prévenir les attaques violentes, indépendamment de la nationalité. L’armée préfère généralement que la police se charge des civils israéliens – ce que sont la majorité des résidents d’implantation – mais les forces de l’ordre ne sont guère nombreuses en Cisjordanie.

L’armée a déployé des troupes supplémentaires en Cisjordanie suite à l’attentat terroriste d’Eli, la semaine dernière, et suite au déchaînement de violences des extrémistes juifs qui a suivi.

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