Le chef du Shas et l’absence de candidates : « Ce n’est pas leur place naturelle »
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Le chef du Shas et l’absence de candidates : « Ce n’est pas leur place naturelle »

Pour Aryeh Deri, les femmes Haredi seraient "les premières" à s'opposer à un parti composé de femmes ultra-orthodoxes; Liberman l'a qualifié de "ministre de l'exclusion des femmes"

Le chef du parti Shas et ministre de l'Intérieur, Aryeh Deri, s'exprime lors d'un meeting électoral à Jérusalem, le 11 mars 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le chef du parti Shas et ministre de l'Intérieur, Aryeh Deri, s'exprime lors d'un meeting électoral à Jérusalem, le 11 mars 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le dirigeant du Shas, Aryeh Deri, a justifié dimanche l’absence de femmes sur la liste de son parti ultra-orthodoxe, affirmant que la politique n’est pas leur « place naturelle ».

« Demandez à ma femme et à d’autres femmes et elles répondront – c’est ainsi qu’elles ont été éduquées – que ce n’est pas leur place naturelle », a déclaré Deri au diffuseur public Kan. « Cela va à l’encontre de leur vision du monde ».

Il a déclaré que si les femmes haredi créaient leur propre faction ou étaient sélectionnées comme candidates sur la liste d’un parti, « nos femmes seraient les premières à ne pas voter pour cela. »

Deri, qui occupe le poste de ministre de l’Intérieur, a également déclaré que si les femmes ultra-orthodoxes voulaient être actives politiquement, il y aurait un mouvement organisé prônant leur inclusion.

« Cela n’existe pas », a déclaré Deri, qui a été interviewé avant les élections générales de mardi.

Illustration : Des femmes ultra-orthodoxes portant des masques passent devant des agents de la police des frontières à un point de contrôle dans un quartier de Jérusalem, au milieu des mesures mises en place par les autorités israéliennes pour tenter d’arrêter la propagation de COVID-19, le 8 septembre 2020. (Photo de MENAHEM KAHANA / AFP)

Le député Avigdor Liberman, chef du parti laïc de droite Yisrael Beytenu, a critiqué Deri pour ses remarques, le qualifiant de « ministre de l’exclusion des femmes ».

« Mardi, nous lui montrerons sa place naturelle et le renverrons, lui et ses alliés [de Yahadout HaTorah] [Yaakov] Litzman et [Moshe] Gafni, dans l’opposition », a tweeté Liberman, qui était auparavant proche de Deri mais s’est éloigné de lui après les élections de 2019.

Ni le parti Shas ni le parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah, tous deux membres clés du bloc religieux de droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu, n’ont de candidates sur leurs listes électorales.

En 2019, la Cour supérieure de justice a statué qu’Agoudat Israël, une sous-faction de Yahadout HaTorah, devait supprimer de son règlement intérieur une clause stipulant que seuls les hommes pouvaient se présenter sur la plateforme. Agoudat Israel a accepté de le faire, mais a déclaré que le geste était symbolique, car ses rabbins n’approuveraient pas une candidature féminine.

Deux femmes haredi ont été membres de la Knesset dans l’histoire
d’Israël : Tzvia Greenfeld, du parti de gauche Meretz, en 2008-2009, et l’actuelle ministre des Affaires de la diaspora, Omer Yankelevich, du parti centriste Kakhol lavan

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