Le conseiller de Trump doute de la volonté d’Abbas de parvenir à la paix
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Le conseiller de Trump doute de la volonté d’Abbas de parvenir à la paix

Jared Kushner a affirmé que le plan américain, dont aucun détail précis n'a filtré, était "presque prêt", et qu'il pourrait être présenté sans le consentement des Palestiniens

Les Palestiniens participent à une manifestation appelant à la levée des sanctions contre la bande de Gaza, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 23 juin 2018. (Crédit : AFP / ABBAS MOMANI)
Les Palestiniens participent à une manifestation appelant à la levée des sanctions contre la bande de Gaza, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 23 juin 2018. (Crédit : AFP / ABBAS MOMANI)

Le conseiller du président américain Donald Trump, Jared Kushner, qui effectue une tournée dans la région, s’est interrogé dimanche sur la capacité mais aussi la volonté du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas de faire des concessions en vue d’un accord de paix avec Israël.

Dans une rare interview accordée au journal palestinien Al-Qods, le gendre de Donald Trump a réaffirmé la volonté des Etats-Unis de relancer le processus de paix israélo-palestinien, avec ou sans les Palestiniens.

« Le président (de l’Autorité palestinienne Mahmoud) Abbas dit qu’il est attaché à la paix et je n’ai aucune raison de ne pas le croire », a déclaré M. Kushner à Al-Qods. « Cependant, je me demande dans quelle mesure le président Abbas a la capacité ou la volonté de s’engager afin de conclure un accord ».

« Les deux parties devront faire un pas en avant et se retrouver à mi-chemin (…). Je ne suis pas sûr que le président Abbas soit en mesure de faire cela », a-t-il ajouté.

Après son arrivée à la Maison Blanche en janvier 2017, Donald Trump a chargé Jared Kushner de formuler un plan en vue de parvenir à un « accord ultime » entre Israël et les Palestiniens.

Depuis le 19 juin, M. Kushner a rencontré différents dirigeants régionaux, dans le cadre d’une discrète tournée effectuée en compagnie de l’émissaire spécial de Donald Trump pour le Moyen-Orient, Jason Greenblatt.

Aucune rencontre n’est toutefois prévue avec les responsables palestiniens : les contacts entre l’Autorité palestinienne et Washington sont rompus depuis que Donald Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre.

Les Palestiniens considèrent Jérusalem-Est comme leur future capitale, insistant sur le fait que le statut de la ville doit être négocié dans le cadre d’un accord de paix, comme le préconise la communauté internationale.

Au journal Al-Qods, Jared Kushner a affirmé que le plan américain, dont aucun détail précis n’a filtré, était « presque prêt », et qu’il pourrait être présenté sans le consentement des Palestiniens.

« Si le président Abbas est prêt à revenir à la table (des négociations), nous sommes prêts à discuter, sinon nous publierons probablement le plan », a-t-il dit.

Le haut responsable palestinien Saëb Erekat a réagi en estimant que le gendre du président Trump était « le représentant d’une politique qui contraint plutôt que négocie ».

Dans un communiqué, il a déploré le refus des Etats-Unis « de mentionner les droits des Palestiniens ou un Etat palestinien ».

Selon M. Erekat, le plan américain « consolide la mainmise coloniale d’Israël sur les terres et les vies palestiniennes ».

Mais « la Palestine et les droits des Palestiniens ne sont pas à vendre », a-t-il ajouté, en référence aux propos de M. Kushner pour qui la paix permettrait aux Palestiniens d’atteindre une certaine prospérité économique.

MM. Kushner et Greenblatt se sont rendus en Jordanie, en Arabie Saoudite et en Egypte. Ils ont rencontré vendredi et samedi soir le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s’est félicité de ces entretiens, évoquant un « soutien (américain) total » à Israël.

Les Palestiniens participent à une manifestation appelant à la levée des sanctions contre la bande de Gaza, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 23 juin 2018. (Crédit : AFP / ABBAS MOMANI)

Cisjordanie : manifestation de solidarité avec Gaza

Plus de 500 manifestants se sont rassemblés samedi à Ramallah en Cisjordanie pour réclamer la levée des sanctions imposées par l’Autorité palestinienne à la bande de Gaza, selon un journaliste de l’AFP.

Les forces de sécurité palestinienne n’ont pas fait usage de la force contrairement à ce qui s’était passé le 13 juin lorsque des centaines de manifestants avaient été dispersés à Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas à l’aide de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogène.

En guise de geste de bonne volonté, les policiers ont distribué des drapeaux palestiniens aux manifestants.

« Annulez les sanctions » contre les habitants de Gaza ont crié les manifestants à l’adresse de l’Autorité palestinienne lors de cette manifestation organisée par un collectif de groupes politiques de l’opposition et d’ONG.

L’enclave palestinienne de deux millions d’habitants est contrôlée par le groupe terroriste du Hamas, soumise à un rigoureux blocus imposé par Israël est éprouvée par les guerres, la pauvreté, le chômage, la réclusion et les pénuries d’eau et d’électricité.

L’autre voisin, l’Egypte, maintient sa frontière fermée quasiment en permanence, asphyxiant encore davantage l’économie gazaouie.

L’Autorité palestinienne a été évincée de force de la bande de Gaza en 2007 par le Hamas. Une décennie de querelles désastreuses a ensuite opposé les factions palestiniennes.

La direction palestinienne à Ramallah a notamment réduit ou stoppé les salaires de dizaines de milliers de fonctionnaires.

Les Palestiniens participent à une manifestation appelant à la levée des sanctions contre la bande de Gaza, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 23 juin 2018. (Crédit : AFP / ABBAS MOMANI)
Des enfants palestiniens se tiennent à côté des sacs d’aide alimentaire fournis par l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens dans le camp de réfugiés de Rafah dans le sud de la bande de Gaza le 24 janvier 2018. (Crédit : AFP / Said Khatib)
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