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Ashkélon: Les deux victimes retrouvées sous les décombres une heure après

Un civil photographe venu constater les dégâts a découvert un homme mort et une femme grièvement blessée après le départ de la police

Un pompier israélien évacue un immeuble d'Ashkelon touché par une roquette lancée depuis Gaza, le 12 novembre 2018. (Crédit : GIL COHEN-MAGEN / AFP)
Un pompier israélien évacue un immeuble d'Ashkelon touché par une roquette lancée depuis Gaza, le 12 novembre 2018. (Crédit : GIL COHEN-MAGEN / AFP)

Les premiers secours et la police ont été critiqués mardi matin après qu’un homme et une femme, qui vivaient dans un immeuble directement touché par une roquette en provenance de la bande de Gaza, n’ont été retrouvés qu’une heure après l’attaque.

L’homme a été tué et la femme grièvement blessée par un projectile qui a frappé un immeuble résidentiel du nord d’Ashkelon peu après minuit.

La roquette aurait touché les étages supérieurs de l’immeuble de quatre niveaux et laissé un trou béant dans l’un des murs.

L’homme, âgé d’une quarantaine d’années, a été retrouvé sous les décombres, selon les services de secours de United Hatzalah. La femme, qui a également la quarantaine, a été retrouvée dans un état grave non loin de l’homme, et a été évacuée vers l’hôpital Barzilai.

Des médias israéliens ont identifié l’homme comme un Palestinien de Hébron qui vivait en Israël sans papiers officiels. La femme serait son épouse. Les voisins affirment ne pas les connaître.

Mahmoud Abu Asbah, 48 ans, de la ville de Halhul, en Cisjordanie, au nord de Hébron, a été tué lundi 12 novembre 2018 lorsqu’une roquette lancée par des terroristes à Gaza a frappé une maison dans la ville côtière israélienne d’Ashkelon, dans le sud du pays. (Crédit : capture d’écran Twitter)

Il s’agit de la première victime, au lendemain du tir de 300 roquettes et obus de mortiers en direction des communautés israéliennes situées près de Gaza. Les tirs se sont poursuivis jusque mardi matin, et l’aviation israélienne a mené des frappes de représailles sur Gaza.

Selon les médias, la police et les pompiers sont arrivés sur place peu après que l’immeuble d’Ashkelon a été touché. Au bout de 40 minutes, ils avaient localisé une femme de 60 ans grièvement blessée, sous les décombres au premier étage. Elle a été rapidement évacuée vers l’hôpital. Six autres personnes, plus légèrement blessées, ont été hospitalisées. Selon un témoin oculaire cité par Haaretz, ils ont ensuite quitté les lieux.

Les dégâts sur un immeuble d’Ashkelon frappé par une roquette, le 13 novembre 2018. (Crédit : United Hatzalah)

Shlomi Lankry, un civil, qui est venu constater les dégâts, a aperçu les deux victimes sous un mur qui s’était effondré.

« Je prenais les murs en photos, et j’ai entendu un bruit », a raconté Lankry à Haaretz. « J’ai vu quelque chose bouger, je pensais que c’était un bout de papier. J’ai tiré ce papier et j’ai réalisé que je touchais les doigts d’une femme. J’ai compris qu’il y avait quelqu’un sous les décombres. »

« Avec l’aide d’un autre civil qui m’a rejoint, j’ai commencé à creuser en criant aux gens d’appeler le Magen David Adom. J’ai continué à creuser et j’ai vu la main d’un homme. La femme sortait et j’ai compris que l’homme était déjà mort », a-t-il dit.

Lankry a indiqué que lorsqu’il est rentré dans l’immeuble, il n’y avait plus de policiers ni de pompiers. Selon lui, s’ils étaient restés, l’homme aurait pu être sauvé.

« C’est une grave erreur, comment ont-ils pu ne pas être trouvés ? », s’interroge un habitant d’un immeuble voisin, dont l’appartement a été également été touché par une roquette.

La police a déclaré au quotidien que tous les appartements avaient été inspectés quatre ou cinq fois, mais que cette unité de logement avait été lourdement endommagée et que « tout avait été détruit ».

Une femme grièvement blessée évacuée d’un immeuble d’Ashkelon touché par une roquette lancée depuis Gaza, le 12 novembre 2018. (Cérdit : GIL COHEN-MAGEN / AFP)

La ville d’Ashkelon a essuyé plusieurs tirs lundi soir, et une maison a également été touchée. Une personne a été légèrement blessée dans l’attaque.

Les résidents d’Ashkelon ont accusé le gouvernement mardi matin de ne pas suffisamment les protéger des tirs de roquettes.

Bar Damari a déclaré à la chaîne israélienne Hadashot que son immeuble, comme beaucoup d’autres dans la ville, ne dispose pas d’abris, et qu’elle n’a nulle part où aller quand l’alarme sonne. « Nous attendons seulement un miracle », a-t-elle dit.

Les attaques ont semblé se calmer après 1h du matin, mais ont repris de plus belle dans la matinée. Une roquette a atterri dans le jardin d’une habitation de l’une des communautés de la région d’Eshkol et n’a pas fait de blessés.

Parallèlement, des frappes sur des immeubles de Nétivot et de Sdérot ont fait d’importants dégâts, et les habitants présentent des blessures légères. Les tirs ont également déclenché des feux dans la région.

Les tirs de roquettes, qui ont commencé par plusieurs tirs sur des petites villes près de la frontières avec Gaza dans l’après-midi, menacent de raviver le spectre d’une guerre d’envergure et jettent une ombre sur les efforts déployés pour négocier un cessez-le-feu.

L’armée a indiqué que des dizaines de projectiles en provenance de Gaza ont été abattus par le système de défense du Dôme de fer. D’autres ont atterri dans des champs à l’extérieur des communautés israéliennes, mais certains ont touché des maisons et des immeubles des villes et villages du sud du pays.

En représailles, l’armée israélienne a lancé une série de frappes contre des cibles à Gaza, notamment des immeubles de plusieurs étages qui abritaient les centres de renseignement du Hamas et les quartiers généraux d’Al-Aqsa TV.

L’armée a indiqué avoir également ciblé trois tunnels d’attaque utilisés par le Hamas et le Jihad islamique palestinien, le deux plus grands groupes terroristes de l’enclave.

Incendie et fumée après des frappes aériennes israéliennes visant les locaux de la chaîne télévisée Al-Aqsa TV dans la bande de Gaza le 12 novembre 2018. (Crédit : Bashar TALEB / AFP)

Au moins six Palestiniens, membres de groupes terroristes, ont été tués au cours des premières frappes de l’armée. Le ministère de la Santé à Gaza a déclaré mardi matin qu’une quatrième personne a succombé à ses blessures, dues à une frappe de la veille.

La victime, âgée de 22 ans, n’a pas été identifiée.

Les attaques ont commencé peu après 16 heures 30, quand les terroristes ont lancé des missiles anti-chars Kornet sur un bus israélien près de la frontière, blessant grièvement un soldat israélien. Des dizaines d’autres soldats étaient à bord du bus, garé près du mémorial Black Arrow, à proximité du kibboutz Kfar Aza, et en sont sortis quelques secondes avant que le missile ne tombe.

Un autobus a été incendié après avoir été touché par un missile anti-char tiré de la bande de Gaza près de la frontière entre Israël et Gaza le 12 novembre 2018. (Crédit : armée israélienne/Twitter)

Lundi soir, de nombreux chars et véhicules militaires ont été acheminés près de la frontière avec Gaza. Plus tôt dans la journée, l’armée a également ordonné le déploiement de bataillons d’infanterie supplémentaires.

Les tirs en provenance de Gaza sont survenus au lendemain d’un opération spéciale de l’armée israélienne, au cours de laquelle un soldat israélien a été tué, ainsi que sept Palestiniens armés affiliés au Hamas. Le groupe terroriste a déclaré à l’issue de cette opération que « le sang de nos martyrs ne sera pas gaspillé ».

Une photo prise le 12 novembre 2018 montre un convoi de chars israéliens sur une autoroute près de la ville de Sdérot dans le sud d’Israël (Crédit : Menahem KAHANA / AFP)

Cette reprise des violences éloigne les espoirs de voir se maintenir le cessez-le-feu précaire récemment négocié par les Nations unies et l’Egypte, et soutenu par le Qatar.

L’armée a ordonné aux habitants des communautés de la région de Gaza de rester dans les abris jusqu’à nouvel ordre.

Les forces de sécurité et les pompiers israéliens se rassemblent près d’un bâtiment incendié après touché par une roquette tirée depuis la bande de Gaza, dans la ville de Sdérot, dans le sud du pays, le 12 novembre 2018. (Crédit : Menahem KAHANA / AFP)

Les habitants de Beer Sheva, d’Ashkelon et d’Ashdod ont reçu l’ordre de rester à proximité des abris et des espaces protégés.

Le second tour des élections municipales de la région de Hof Ashkelon a été reporté.

L’armée a également annulé les cours pour les écoles de la région de Gaza, du Néguev et de la Lachish, y compris à Beer Sheva, quatrième ville du pays.

De plus, les commerces de la région de Gaza et les administrations ont été fermées, a indiqué l’armée. Aucun rassemblement n’a été autorisé dans le sud d’Israël lundi soir et mardi matin.

Dans les régions du centre du Néguev et de Lachish, qui sont plus éloignées de l’enclave palestinienne, seuls les commerces ne disposant pas d’un abri anti-bombes ont été fermés. Les services publics ont également été fermés.

Dans ces régions, situées à quelques dizaines de kilomètres de Gaza, seuls les rassemblement de moins de 300 personnes ont été autorisés mardi, a indiqué l’armée.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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