Le département d’État US fustige la Turquie pour son accueil de chefs du Hamas
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Le département d’État US fustige la Turquie pour son accueil de chefs du Hamas

Foggy Bottom affirme que la poursuite de l'ouverture d'Ankara au groupe terroriste palestinien ne fera qu'entraîner son isolement

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, à droite, serre la main du chef du mouvement terroriste du Hamas, Ismaïl Haniyeh, avant leur rencontre à Istanbul, le 1er février 2020. (Service de presse présidentiel via AP, Pool)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, à droite, serre la main du chef du mouvement terroriste du Hamas, Ismaïl Haniyeh, avant leur rencontre à Istanbul, le 1er février 2020. (Service de presse présidentiel via AP, Pool)

Mardi, le Département d’État américain a condamné le président turc Recep Tayyip Erdogan pour avoir accueilli deux dirigeants du groupe terroriste palestinien du Hamas à Istanbul au cours du week-end.

Erdogan a rencontré une délégation du Hamas comprenant le chef du bureau politique Ismaïl Haniyeh et le numéro deux du groupe terroriste, Saleh al-Arouri – un haut commandant militaire dont la tête est mise à prix pour 5 millions de dollars.

« L’ouverture continue du président Erdogan à cette organisation terroriste ne sert qu’à isoler la Turquie de la communauté internationale, nuit aux intérêts du peuple palestinien et sape les efforts mondiaux visant à prévenir les attaques terroristes lancées depuis Gaza », a déclaré Foggy Bottom dans un communiqué.

« Nous continuons à faire part de nos préoccupations concernant les relations du gouvernement turc avec le Hamas au plus haut niveau. C’est la seconde fois que le président Erdogan accueille les dirigeants du Hamas en Turquie cette année, la première réunion ayant lieu le 1er février », a-t-il ajouté.

Erdogan s’est également entretenu par téléphone avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas vendredi.

Le gouvernement turc est l’un des principaux soutiens du Hamas, que les Etats-Unis ont désigné comme groupe terroriste. Néanmoins, Erdogan et le président américain Donald Trump auraient une relation de travail étroite.

Lors d’une séance pré-enregistrée avec des prisonniers américains libérés du monde entier, diffusée lundi à la Convention nationale républicaine, Trump a déclaré à un pasteur détenu en Turquie qu’Erdogan avait été « très bon » avec lui.

Au début de ce mois, The Telegraph a rapporté que la Turquie accordait la citoyenneté à de hauts membres du Hamas vivant sur son territoire et soupçonnés d’être impliqués dans l’orchestration d’attentats terroristes.

Sur les 12 membres de haut rang de la cellule, la plupart ont déjà reçu la citoyenneté, a rapporté le quotidien britannique.

Une source haut placée a déclaré au journal que sept d’entre eux auraient déjà reçu la citoyenneté et des passeports, tandis que les cinq autres sont en processus. Certains des membres de la cellule vivent en Turquie sous des pseudonymes. Dans certains cas, la citoyenneté a également été accordée aux familles des membres du Hamas.

L’un de ceux qui ont apparemment reçu la citoyenneté est Zacharia Najib, qui aurait supervisé un complot visant à assassiner des personnalités israéliennes de haut rang, dont le commissaire de la police nationale et le député Likud Nir Barkat, qui était à l’époque maire de Jérusalem. Un Palestinien de Jérusalem-Est qui avait été recruté pour cette cause lors d’une réunion à Istanbul a été arrêté, après être rentré en Israël et avoir tenté d’acheter un pistolet.

Un prisonnier du Hamas, relaxé dans le cadre de l’accord visant à libérer le soldat israélien captif Gilad Shalit, embrasse un membre de sa famille à Ramallah, le 18 octobre 2011. (Yossi Zamir/Flash90)

Un porte-parole du gouvernement turc a refusé de commenter l’information au Telegraph, le qualifiant d’accusation infondée contre la Turquie de la part d’un gouvernement étranger.

Un haut responsable du Hamas a nié l’information, alléguant que les membres du groupe n’opéraient pas en dehors des territoires palestiniens et ne se livraient pas non plus à des activités terroristes.

Les citoyens turcs peuvent déjà voyager sans visa dans divers pays, et selon The Telegraph, la Turquie s’efforce d’obtenir un accès similaire aux pays de l’Union européenne.

On craint que le Hamas ne planifie des attaques contre les Israéliens en Europe, a déclaré The Telegraph, et la citoyenneté turque permettrait à ses membres de voyager plus facilement.

La Turquie considère le Hamas comme un mouvement politique légitime. Le pays entretient depuis longtemps des liens chaleureux avec le Hamas, qui se sont renforcés à mesure que les liens avec Israël se sont refroidis au cours de la dernière décennie. Israël s’est plaint à Ankara de ses liens avec le Hamas, mais en vain, selon l’article.

En décembre 2019, The Telegraph a cité des sources israéliennes disant que la Turquie permettait aux membres du Hamas de planifier des attaques sur son sol. Des responsables israéliens ont alors déclaré au journal que la Turquie était revenue sur son engagement de 2015, négocié par les États-Unis, à ne pas permettre aux responsables du Hamas de planifier des attentats contre l’État juif depuis son territoire.

Le Hamas et le parti AKP d’Erdogan ont des liens politiques. Tous deux ont des liens idéologiques étroits avec le mouvement des Frères musulmans égyptiens.

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