Le dialogue avec Israël est une chose « positive », dit un ministre des Emirats
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Le dialogue avec Israël est une chose « positive », dit un ministre des Emirats

Anwar Gargash précise que son soutien aux discussions ne signifie pas que son pays est d'accord avec l'État juif

Anwar Gargash, ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis, à Dubaï, le 7 juin 2017. (Crédit : Giuseppe Cacace/AFP)
Anwar Gargash, ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis, à Dubaï, le 7 juin 2017. (Crédit : Giuseppe Cacace/AFP)

Un éminent ministre des Emirats arabes unis a décrit le dialogue avec Israël comme un développement « positif ».

« Le dialogue avec Israël est une chose positive, mais ça ne veut pas dire que nous sommes d’accord [avec Israël] », a indiqué le ministre des Affaires étrangères Anwar Gargash mercredi lors d’une rencontre avec des journalistes dans l’Etat du Golfe, d’après le site internet en langue arabe de la chaîne Russia Today.

Les Emirats arabes unis et Israël n’entretiennent pas de relations diplomatiques, mais les deux pays ont fait preuve d’une grande ouverture mutuelle l’année passée. La ministre de la Culture israélienne Miri Regev a ainsi visité Abou Dhabi en octobre 2018 pour assister à une compétition de judo, où les autorités émiraties ont n’ont seulement autorisé l’hymne israélien de résonner en l’honneur de deux médaillés d’or israéliens, mais ont également fait visiter la Grande Mosquée Sheikh Zayed à Miri Regev.

L’Etat du Golfe et Israël considèrent tous deux l’Iran et ses représentants régionaux comme des menaces majeures pour le Moyen-Orient.

Gargash a également soutenu la création d’un état palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale.

Ces commentaires du ministre émirati surviennent un mois et demi après sa dénonciation du boycott historique de l’État juif par le monde arabe comme une erreur.

 » Il y a très, très longtemps, les Arabes ont décidé de ne pas avoir de contact avec Israël, avec le recul, il s’agissait d’une très, très mauvaise décision », avait ainsi déclaré Gargash au quotidien émirati The National lors d’une interview publiée le 27 mars dernier. « Car ce n’est pas parce qu’il y a un différend politique qu’on doit couper toute communication ».

Dans l’entretien, il avait également appelé à un « changement stratégique » dans les liens Israël-Arabes, estimant qu’il était nécessaire de progresser sur la question du processus de paix entre Israéliens et Palestiniens. En l’absence d’accord, une solution à deux Etat deviendrait impossible à mettre en place dans dix ou vingt ans, craignait-il.

Saeb Erekat, le secrétaire-général du Comité exécutif de l’OLP, avait, à l’époque, douté des propos de Gargash.

« Ça ne peut pas être vrai, je suis certain que les propos du ministre [ont été] déformés. Ils devraient être portés à son attention pour qu’il les corrige », avait-il écrit sur son compte Twitter.

Miri Regev, au centre, visite la grande mosquée Sheikh Zayed à Abou Dhabi avec des responsables émiratis, le 29 octobre 2018 (Crédit : Chen Kedem Maktoubi)

Dans ses remarques de mercredi, le diplomate émirati, qui officie comme ministre depuis 2006, a également déclaré que les Emirats « soutenaient les différentes administrations américaines dans leurs efforts de résolution pacifique du problème palestinien », d’après le site de la chaîne Russia Today.

Jared Kushner, gendre et conseiller spécial du président Donald Trump, a indiqué que les États-Unis comptaient divulguer leur plan de paix après le Ramadan, qui prendra fin début juin.

Le Premier ministre Minister Benjamin Netanyahu a fait savoir qu’il regarderait le projet américain tant attendu avec « l’esprit ouvert », tandis que le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, dont l’administration a boycotté les efforts de paix de Washington, a d’ores et déjà annoncé qu’il ne le consulterait pas.

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