Le directeur du Mémorial de la Shoah réagit aux raccourcis pass sanitaire/Shoah
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Le directeur du Mémorial de la Shoah réagit aux raccourcis pass sanitaire/Shoah

Pour le responsable, ces raccourcis sont "extrêmement choquants, parce que je comprends pas ou plutôt parfois, je les comprends mieux, cette capacité à décontextualiser"

Emmanuel Macron avec Jacques Fredj, directeur du mémorial de la Shoah de Paris, pendant une visite au mémorial, le 30 avril 2017. (Crédit : Philippe Wojazer/AFP)
Emmanuel Macron avec Jacques Fredj, directeur du mémorial de la Shoah de Paris, pendant une visite au mémorial, le 30 avril 2017. (Crédit : Philippe Wojazer/AFP)

Alors que les militants anti-pass sanitaire multiplient les références à la Shoah et que l’étoile jaune nazie ne cesse d’être détournée, instrumentalisée et banalisée – dans le but de dénoncer une prétendue « dictature sanitaire » en France –, Jacques Fredj, directeur du Mémorial de la Shoah de Paris, a réagi auprès d’Europe 1.

Pour le responsable, ces raccourcis sont « extrêmement choquants, parce que je comprends pas ou plutôt parfois, je les comprends mieux, ces raccourcis, cette capacité à décontextualiser ».

« Au Mémorial, on accueille près de 100 000 élèves par an », a-t-il poursuivi. « C’est un exercice qu’on fait avec eux pour leur apprendre à décrypter et à comprendre le régime politique dictatorial. C’est évident que c’est totalement impropre de comparer le régime politique dans lequel nous vivons avec une dictature. Dans une dictature, il n’y a pas de Parlement, pas de liberté, pas de syndicat, pas le droit de manifester, pas le droit d’opposition, pas de liberté de la presse. C’est totalement délirant de vouloir comparer. Ça pose question parce qu’on se demande finalement s’il n’y a que des ignorants qui font ces comparaisons. Il y en a forcément. »


En réponse, Jacques Fredj rappelle ainsi l’importance « d’enseigner de manière permanente ». « Les quelques heures qui sont consacrées à l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ou à l’histoire de la Shoah ne sont pas toujours suffisantes », dit-il.

Il dénonce de la part de ces militants anti-pass et groupes politiques « une volonté d’instrumentaliser, de récupérer, de faire du buzz en comparant (le pass sanitaire) avec le plus grand génocide qui a marqué l’histoire de l’Europe. Je pense qu’il y a aussi une petite tentative de manipulation ».

Les manifestants anti-pass sanitaire se mobilisent chaque samedi en France.

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