Le fils d’Abbas serait favorable à une solution à un état
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Le fils d’Abbas serait favorable à une solution à un état

Jason Greenblatt avait rencontré Tarek Abbas au mois de septembre dernier pour aider à faire avancer le plan de paix israélo-palestinien de Trump, a dit la Dixième chaîne

Tarek Abbas, fils du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le 4 juin 2014 (Crédit : Shorouk Zaid / Wafa)
Tarek Abbas, fils du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le 4 juin 2014 (Crédit : Shorouk Zaid / Wafa)

Le fils du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas aurait dit à un responsable de l’administration Trump qu’une solution à deux états au conflit israélo-palestinien était irréaliste au cours d’un entretien qui a eu lieu il y a presque un an.

Tarek Abbas avait rencontré Jason Greenblatt, envoyé spécial de la Maison-Blanche chargé de négocier un accord de paix au Moyen-Orient, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, au mois de septembre dernier, selon la Dixième chaîne israélienne.

Tarek Abbas aurait indiqué au diplomate ne pas croire qu’une solution à deux états soit encore possible. Il aurait expliqué favoriser plutôt une solution à un état avec des droits égaux pour tous les citoyens, selon les informations transmises, qui ont été également reprises par le site internet Axios, basé aux Etats-Unis.

« Je soutiens une solution à un état entre le fleuve du Jourdain et la mer Méditerranée avec l’égalité des droits pour tous les citoyens », aurait-il ainsi déclaré.

Ce positionnement placerait Tarek Abbas en porte-à-faux avec son père et la majorité de l’opinion internationale, même si l’idée a gagné du terrain, reflétant la profonde frustration ressentie par de nombreux Palestiniens au fil des décennies face aux efforts de paix dans l’impasse et à l’incapacité de négocier une solution à deux Etats.

L’envoyé américain au Moyen orient Jason Greenblatt rencontre le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas en marge du sommet de la Ligue arabe à Amman, le 28 mars 2017 (Crédit : Thair Ghnaim/Wafa)

Mahmoud Abbas a indiqué de manière répétée son engagement en faveur d’une solution à deux Etats.

Greenblatt avait souhaité s’entretenir avec Tarek Abbas afin de rencontrer un proche du leader de l’Autorité palestinienne et de le rallier pour aider à faire avancer les efforts de paix menés par l’administration Trump, ont fait savoir à la Dixième chaîne des sources proches de hauts-responsables israéliens qui ont conservé l’anonymat dans le reportage diffusé lundi.

Cette réunion avait eu lieu alors que les relations entre l’administration américaine et l’Autorité palestinienne étaient encore raisonnablement positives. Les liens ont depuis brutalement chuté et Ramallah n’a cessé de boycotter la campagne américaine visant la reprise de nouveaux pourparlers.

Quelques jours avant la rencontre entre Tarek Abbas et Greenblatt, Mahmoud Abbas s’était entretenu avec le président américain Donald Trump aux Nations unies et avait fait part de son optimisme devant les efforts de l’administration américaine, désireuse de conclure « l’accord du siècle » entre les Palestiniens et Israël.

Toutefois, environ deux mois plus tard, Trump avait reconnu Jérusalem en tant que capitale d’Israël et Abbas avait rompu tout contact avec l’administration américaine.

Au mois de décembre, le président de l’AP avait fait savoir qu’il ne considérait plus les Etats-Unis comme un intermédiaire honnête dans tout pourparler de paix avec Israël.

Mahmoud Abbas et Trump doivent tous deux se rendre à l’Assemblée générale des Nations unies, le mois prochain à New York, mais aucune rencontre entre les deux hommes n’est actuellement prévue.

Le roi Abdallah II (d) de Jordanie est accueilli par le président américain Donald Trump à la Maison Blanche le 25 juin 2018. (Crédit : AFP / Brendan Smialowski)

Trump lui-même a déclaré qu’il n’était pas nécessairement favorable à une solution à deux états, rompant avec des décennies de politique américaine et disant en 2017 qu’il soutiendrait toute formule décidée par les parties impliquées.

Une minorité d’Israéliens soutient la solution à un état, qui risquerait de mettre en péril le caractère juif ou démocratique du pays après avoir intégré des millions de Palestiniens.

Le roi Abdallah de Jordanie a récemment averti Trump de la possibilité d’une solution à un état, selon un reportage de la Dixième chaîne diffusé dimanche, citant des sources françaises.

« De nombreux jeunes Palestiniens ne veulent plus d’une solution à deux états mais ils préféreraient vivre aux côtés des Israéliens dans un seul état, avec des droits égaux pour tous… Le résultat est qu’Israël perdra son caractère juif », aurait dit Abdallah à Trump.

Trump aurait alors répliqué que « ce que vous dites est cohérent. [Dans un scénario à un seul Etat], le Premier ministre d’Israël pourrait bien, dans quelques années, porter le nom de Mohammed« .

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