Le fonds du milliardaire Paul Singer rentre dans la saga Bezeq
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Le fonds du milliardaire Paul Singer rentre dans la saga Bezeq

Elliott Advisers, qui détient 4,8 % des parts de Bezeq, réclame la démission immédiate de ses administrateurs et un changement de structure

Paul Singer, d'Elliott Management  au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, le 23 janvier 2013 (Crédit : Remy Steinegger / Wikipedia / Forum économique mondial / CC BY-SA 2.0)
Paul Singer, d'Elliott Management au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, le 23 janvier 2013 (Crédit : Remy Steinegger / Wikipedia / Forum économique mondial / CC BY-SA 2.0)

L’investisseur activiste Elliott Advisors, filiale d’Elliot Management Corporation, fondée par le milliardaire américain Paul Singer, cherche à faire modifier le conseil d’administration de la plus grande entreprise de télécommunications d’Israël, Bezeq, ajoutant sa voix à une situation compliquée – l’entreprise est notamment visée par une enquête.

Mardi, Elliot a déclaré détenir environ 4,8 % du capital de Bezeq depuis mi-2017, ce qui en fait le premier investisseur indépendant de la société.

Dans une lettre adressée au président du conseil d’administration intérimaire de Bezeq, David Granot, l’investisseur a appelé à la restructuration de la holding qui contrôle Bezeq, à l’amélioration de la gouvernance d’entreprise et à la démission immédiate de certains membres du conseil d’administration de Bezeq.

La lettre survient alors que Bezeq et son actionnaire majoritaire Eurocom Communications Ltd., propriété du magnat des affaires israélien Shaul Elovitz, sont impliqués dans une enquête de l’Autorité israélienne des valeurs mobilières concernant les relations de Elovitch et Bezeq avec le ministère des Communications. Les avocats d’Elovitch ont affirmé que leur client était innocent. Eurocom détient des parts dans Bezeq.

Shaul Elovitch, actionnaire majoritaire de Bezeq (Crédit : Capture d’écran Calcalist)

La lettre d’Elliott survient également alors qu’une lutte se développe entre deux magnats internationaux, le milliardaire argentin Eduardo Elsztain et l’homme d’affaires américano-israélien Naty Saidoff, qui souhaitent prendre le contrôle d’Eurocom ou de Bezeq.

Les créanciers mettent la pression sur Elovitch pour qu’il vende Eurocom, qui devrait aux banques israéliennes environ 1 milliard de shekels. Israël Discount Investment Corp., contrôlée par Elsztain, a déclaré mardi qu’il envisageait de faire une offre aux créanciers d’Eurocom ou à ses unités, tandis qu’Eurocom a demandé lundi à un tribunal de Tel Aviv d’autoriser le règlement de la dette qui donnerait le contrôle à Saidoff.

« Nous avons consacré beaucoup de temps et d’efforts à la recherche et à l’analyse de Bezeq et croyons qu’il y a une valeur importante à débloquer si les mesures appropriées sont prises pour améliorer la gouvernance de l’entreprise », a déclaré Elliott dans sa lettre à Granite.

Elliott a déclaré avoir « suivi de près » les discussions concernant les actions en justice intentées par les créanciers contre Eurocom et le changement de contrôle potentiel au sein de l’entreprise. La structure de propriété de Bezeq devrait être « simplifiée », a déclaré Elliott, et tout nouveau permis de contrôle pour Bezeq, le cas échéant, devrait être accordé uniquement à un « investisseur professionnel bien capitalisé ou un consortium avec une expertise pertinente dans les investissements en télécommunication et engagé au plus haut niveau aux normes de gouvernance d’entreprise. »

L’investisseur a ajouté que le conseil d’administration de Bezeq, « tel qu’il est actuellement composé, n’est plus adapté », étant donné qu’un certain nombre de ses membres font l’objet d’une enquête pour « faute financière grave » et/ou sont affiliés à Eurocom, qui fait l’objet d’actions en justice de la part de ses créanciers.

« Dans ces circonstances, les parties prenantes de Bezeq peuvent douter à la fois de l’indépendance de ses administrateurs et de leur capacité à se concentrer correctement sur leurs obligations en tant que membres du Conseil », indique la lettre. « Nous pensons qu’il est dans l’intérêt de Bezeq et de toutes ses parties prenantes, y compris les actionnaires indépendants détenant 73,7 % des actions, que des mesures décisives et immédiates soient prises pour renforcer la gouvernance d’entreprise de la société. »

Appel à une démission immédiate

Elliott a appelé à la démission immédiate de tous les administrateurs de Bezeq et de ses unités qui sont impliqués dans l’enquête de l’Autorité israélienne des valeurs mobilières ou qui sont affiliés à Eurocom, et pour leur remplacement par des administrateurs indépendants et des professionnels. Et en cas de changement dans la propriété de Bezeq, les administrateurs nommés par le nouvel actionnaire majoritaire « devraient être choisis en fonction de leur expérience pertinente dans des entreprises de cette envergure, et de leur casier propre et établi ».

« Bezeq a des fondamentaux commerciaux solides, une main-d’œuvre exemplaire et un grand potentiel », a déclaré Elliot. « Nous sommes impatients de travailler avec vous pour veiller à ce que la composition du conseil d’administration de la société — et son engagement en faveur d’une bonne gouvernance — soit la bonne. »

Bezeq a refusé de commenter cette lettre.

« L’intervention d’Elliott peut accélérer le processus de changement interne positif chez Bezeq », a commenté Gil Dattner, analyste chez Leumi Capital Markets, filiale de courtage de la banque Leumi, par téléphone. « On ne sait cependant pas quelle sera l’influence de ce fonds, car sa participation chez Bezeq est limitée et la participation de contrôle de la société est vendue. Donc, je ne suis pas sûr que nous verrons des changements rapides chez Bezeq jusqu’à ce que le problème de propriété soit résolu. »

Fondée en 1977, Elliot Management Corporation est une société d’investissement privée qui gère quelque 34 milliards de dollars. Son fondateur, Paul Singer, a mis en place Start-Up Nation Central, une organisation à but non lucratif basée à Tel Aviv qui vise à connecter les chefs d’entreprise et de gouvernement avec les technologies israéliennes.

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