Le Hamas opèrerait en secret un QG de cyber contre-espionnage en Turquie
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Le Hamas opèrerait en secret un QG de cyber contre-espionnage en Turquie

Un journal britannique affirme que le bureau, à Istanbul, est supervisé par les chefs militaires du groupe terroriste de Gaza et a été créée à l'insu des autorités turques

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, à droite, serre la main du chef du mouvement terroriste Hamas Ismail Haniyeh, avant leur rencontre à Istanbul, le 1er  février 2020. (Service de presse présidentiel via AP, Pool)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, à droite, serre la main du chef du mouvement terroriste Hamas Ismail Haniyeh, avant leur rencontre à Istanbul, le 1er février 2020. (Service de presse présidentiel via AP, Pool)

Le groupe terroriste palestinien Hamas dirigerait secrètement un centre en Turquie d’où il mène des cyberattaques et des opérations de contre-espionnage, selon un reportage publié jeudi par un journal britannique.

À partir de sources provenant du renseignement occidental, le Times of London a affirmé que ce quartier général créé il y a deux ans était supervisé par les chefs militaires du Hamas de la bande de Gaza.

Ce site, distinct des bureaux officiels du Hamas à Istanbul, aurait été établi à l’insu des autorités turques, selon le reportage.

L’installation serait supervisée par Samakh Saraj, un membre éminent du groupe terroriste qui relève directement de Yahya Sinwar, le chef du Hamas à Gaza.

Le reportage indique que ce centre a pour missions l’obtention d’équipements « à double usage » pour la fabrication d’armes, la coordination de cyberattaques contre les ennemis du Hamas, dont l’Autorité palestinienne basée à Ramallah, et l’organisation d’opérations de contre-espionnage sur des membres de l’organisation terroriste soupçonnés de déloyauté.

Le gouvernement turc n’a pas fait de commentaires sur ce reportage.

En août, le quotidien britannique The Telegraph avait rapporté que la Turquie avait accordé la citoyenneté à une dizaine de hauts responsables du Hamas impliqués dans l’organisation d’attentats terroristes, ce qui a été confirmé plus tard par le chargé d’affaires de l’ambassade d’Israël à Ankara.

Il est à craindre que des membres du Hamas préparent des attaques contre des Israéliens en Europe, selon le Telegraph, et que la citoyenneté turque leur permette de voyager plus facilement.

La Turquie considère le Hamas comme un mouvement politique légitime. Le pays entretient depuis longtemps des liens chaleureux avec le Hamas, qui se sont progressivement renforcés au fur et à mesure que les relations avec Israël se sont détériorées au cours de la dernière décennie. Israël s’est plaint à Ankara de ses liens avec le Hamas, mais en vain, selon le rapport.

Le chef politique adjoint du Hamas, Saleh al-Arouri, après avoir signé un accord de réconciliation avec un haut responsable du Fatah Azzam al-Ahmad, lors d’une courte cérémonie au quartier général du renseignement égyptien au Caire, en Égypte, le 12 octobre 2017. (Crédit : AP / Nariman El- Mofty)

En août, le président turc Recep Erdogan a rencontré une délégation du Hamas constituée notamment du chef du bureau politique Ismail Haniyeh et du nº 2 du groupe terroriste, Saleh al-Arouri – un haut commandant militaire dont la tête a été mise à prix à 5 millions de dollars par les Américains.

La rencontre a été durement condamnée par le Département d’État américain, mais le ministère turc des Affaires étrangères a rejeté les critiques, accusant Washington de « servir les intérêts d’Israël ».

En décembre 2019, le Telegraph a affirmé, à partir de sources israéliennes, que la Turquie permettait aux membres du Hamas de planifier des attaques sur son territoire. À l’époque, des responsables israéliens ont déclaré au journal que la Turquie avait renié son engagement de 2015, négocié par les États-Unis, de ne pas permettre aux responsables du Hamas de planifier des attaques terroristes contre l’État juif depuis son territoire.

Le Hamas et le parti AKP d’Erdogan sont liés politiquement. Les deux ont des liens idéologiques étroits avec le mouvement des Frères musulmans égyptiens.

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